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CyberPan, de Fabrice Colin

Inspiré de Peter Pan de James Barrie
 
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    © Mango Jeunesse, 2003

    Inspiré de la célèbre histoire de James Barrie Peter Pan, CyberPan se veut éloigné de son aîné et n’en est pas une simple adaptation directe. Loin de la ville de Londres nous découvrons une jeune fille nommée Wendy, qui n’a pour point commun avec celle du roman que le nom, dans une ville futuriste, Harmony, où il fait toujours beau et qui est séparée des ghettos, où vivent les plus démunis. Pour ses 14 ans, son père l’emmène sur son lieu de travail, un foyer pour orphelins où elle rencontre Peter, jeune garçon fantasque vivant dans un monde de fées et de pirates. Cette journée changera la vie de la jeune fille, qui sera par la suite amenée de force sur une île mystérieuse, kidnappée par ce jeune homme qui se plaît à appeler cet endroit étrange le pays imaginaire.

    Fabrice Colin s’éloigne ici de la naïveté de Peter Pan pour nous conter une histoire plus sordide, où la beauté cache la cruauté, toujours de façon suggérée, sans rien montrer, à travers les yeux de la jeune fille et de sa compréhension des événements. Il montre que tout n’est pas comme on le croit, et fait à travers ce monde futuriste une critique de notre société actuelle et ce vers quoi elle pourrait se diriger plus tard. De même, le pays imaginaire, loin d’être aussi enchanteur qu’il y paraît, cache une vérité bien moins joyeuse, reflet de l’esprit torturé et dément d’un homme ayant peur de la mort et se prenant pour un pirate, se livrant en fait à ce qui pourrait ressembler à un trafic d’enfants de laboratoire.

    L’auteur veut également nous donner sa vision des personnages de l’œuvre originale, de Peter Pan et du Capitaine Crochet qui, pour Fabrice Colin se ressemblent beaucoup et nous montrent certains aspects de la personnalité de James Barrie.

    Cyber Pan se veut donc un hommage à Peter Pan et à James Barrie, dont Fabrice Colin s’attache à montrer l’aspect psychologique plus complexe qu’il n’y paraît, et à nous faire voir le conte original sous un autre angle. Toutefois, cette histoire s’enchaîne un peu trop rapidement et n’approfondit pas assez à mon goût certains détails qui devraient l’être un peu plus, comme par exemple les passages d’un endroit à un autre. Certes on garde un rythme soutenu, mais quelques pauses auraient été les bienvenues.

    © José PEREZ SECO


    Autre avis

    Un monde divisé entre les riches et les pauvres. Les uns s’enferment dans des villes sécurisées où ils vivent des existences virtuelles, les autres essaient de survivre dans des ghettos où règne la loi du plus fort. Wendy a 14 ans et appartient à la première catégorie. Son existence est bouleversée le jour où elle rencontre un étrange garçon qui la kidnappe pour l’emmener au Pays de Nulle-Part, où il doit affronter un pirate du nom de Crochet. Il s’appelle Peter Pan.

    Enfin, ça, c’est ce que l’enfant croit, car peu a peu le lecteur comprend que tout ceci n’est qu’une gigantesque mascarade. Peter n’est qu’un enfant malade, atteint par un virus informatique qui le pousse à endosser la personnalité du "garçon qui ne voulait pas grandir". Le responsable du virus n’est autre que le soi-disant capitaine Crochet, un fou à qui sa richesse a permis de recréer dans la réalité le Pays de Nulle-Part.

    C’est là que Peter emmène Wendy, hanté par une idée fixe : tuer Crochet. C’est là que Crochet attend Peter, espérant que le garçon réussira la mission pour lequel celui-ci est programmé, puisque lui-même n’a pas le courage de se suicider. Seule Wendy cherchera, mais en vain, à mettre un terme à cette situation sans issue. Finalement, elle devra rester le témoin impuissant de la folie de Crochet et de Peter.

    J’avais adoré Projet Xatan, du même auteur (Prix des Incorruptibles 2004), un peu moins Les enfants de la lune (Grand Prix des Jeunes Lecteurs). Comme les deux précédents, CyberPan est un livre très ambitieux dans lequel Fabrice Colin n’hésite pas à s’emparer d’un mythe pour le relire de manière très sombre, dans une démarche plus proche de celle de Loisel (BD de 6 volumes chez Vents d’ouest) que de Hogan (réalisateur du magnifique Peter Pan sorti en 2003 au cinéma dans une adaptation très fidèle à Barrie).

    Dans cette perspective, CyberPan est une réussite, Fabrice Colin présentant à la fois une interprétation très originale du mythe et un livre de SF très bien construit. Il me semble cependant dommage que la quatrième de couverture ne signale pas qu’il s’agit d’un détournement du conte originel. Pour moi, Peter Pan évoque un monde merveilleux et onirique, c’est ce à quoi je m’attendais en ouvrant le livre et de ce point de vue, j’ai été cruellement déçue.

    © Juliette Magnier


    Avis de jeunes lecteurs

    Je l’ai lu il y a un moment celui-ci. Voici la critique que j’avais notée : J’ai bien aimé, mais sans plus. C’est bien écrit, le suspense est bien maintenu. Mais il y a deux écueils je trouve que :

    -  Le dénouement que l’on attend depuis tant de temps est trop rapide à mon goût.
    -  Quand je lis des bouquins de science-fiction, j’aime pouvoir avoir l’impression que l’histoire pourrait avoir lieu dans un lointain futur, qu’il y a une part de possible, et là je n’ai pas réussi à m’imaginer que cela pourrait exister, peut-être parce que c’était trop proche du conte.

    © Kidae

    Mise à jour : avril 2014

    Post-scriptum

    COLIN, Fabrice. CyberPan. Paris : Mango Jeunesse, 2003. (Autre Monde). 218 p. ISBN 2-7404-1573-7.