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La Petite princesse nulle, de Nadja

Pas si nulle que ca...
 
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    @ L’école des loisirs, 2006

    La petite princesse est décidément nulle en tout : en cuisine, en calcul, en lecture... Mais qu’est ce qu’elle est nulle ! Elle désespère ses parents ! Ils organisent des rencontres avec les princes des royaumes autour. Mais tous partent en courant tellement elle est nulle ! Va-t-elle pouvoir trouver un prince ?

    L’album commence par une narratrice qui raconte l’histoire à deux enfants : « Il était une fois... » comme un spectacle relaté aux enfants.

    Simple, drôle et ryhtmé

    Le texte est écrit en langage courant, les mots utilisés sont simples, drôles. On l’aura compris, c’est un album humoristique. On y trouve deux parties narratives. Le texte dactylographié explique et illustre l’image simplement avec des touches humoristiques : « hou là, là » ou « archinulle ». Puis, il y a les bulles qui font parler chaque personnage. Cet effet donne de l’importance à chaque personnage car on peut savoir ce qu’ils pensent. Ils sont manuscrits, ce qui permet à l’enfant de distinguer les deux types d’écriture.

    Là encore le ton de l’humour est développé : « Enfin, du côté de mon mari... ils sont pas brillants brillants ».

    Les structures répétitives par juxtaposition rythment l’album : les scènes s’enchaînent, la Petite Princesse est toujours en présence de différents personnages que les enfants connaissent bien : copines, copains, maîtresse, médecin, amoureux...

    Proximité des images

    Les illustrations sont minimalistes mais néanmoins réalistes aux couleurs vives et aux traits volontairement grossiers, ressemblant à des dessins d’enfants : elles ne rentrent pas dans le détail ce qui ajoute une proximité entre les images et l’enfant. Les images pleine page entraînent le lecteur dans la scène et lui permettent de s’impliquer dans l’histoire. Grâce à ces illustrations, les enfants peuvent s’identifier à des scènes vécues, qui font partie de la vie quotidienne : se retrouver devant le tableau pour faire un calcul dont on ne connait pas le résultat.

    Fonction éducative par le prisme de l’humour

    Cet album a une fonction éducative et veut transmettre un message : peut-on être heureux, être aimé quand on nous considère comme quelqu’un de nul ?

    À la fin de l’album, les deux enfants qui ont écouté l’histoire reprennent le message : « ouais c’est quand tu dis que je suis nul... C’est toi qui me trouve nul... En fait je suis PAS nul ! » C’est un bon moyen aux parents de montrer aux enfants qu’au fond, personne n’est nul : ce n’est qu’à travers le regard d’une autre personne qu’on se croit nul. Cet album permet de dédramatiser ces situations auxquelles l’enfant est souvent confronté afin de lui redonner confiance en lui.

    Cette petite princesse attachante, naïve et pleine de bonne volonté, fera rire les enfants par ses défauts et ses échecs accentués par le comique de situation des images.

    Les enfants de 4 à 7 ans pourront se régaler avec ces images joviales et les bêtises rigolotes de la petite princesse.

    La Petite Princesse nulle fait partie de la série Petite Princesse : L’horrible Petite Princesse, La jolie Petite Princesse, La petite princesse de Noël. On y retrouve la même mise en page, la même mise en situation, le même humour.

    © Aude Sauer-Avargues, L3 ICD, UFR Idist, mars 2008


    Avis partagé

    "Il était une fois..." Toutes les histoires de princesses commencent par "Il était une fois". Toutes les princesses sont de sang royal. Toutes les princesses doivent se marier et accessoirement avoir beaucoup d’enfants. Il semble donc que l’héroïne de cet album soit une princesse "comme les autres". Alors qu’a-t-elle de si particulier pour qu’on lui consacre un ouvrage ? Ce n’est pas sa pratique de la cuisine (le livre date de 2006, c’est donc une princesse moderne). Elle est simplement nulle en tout. Archinulle ! Super nulle ! Complètement nulle ! Avec différents titres comme dans une famille royale mais tout de même très nulle. Heureusement que les parents sont là pour lui trouver un mari (encore que du côté du père ce ne soit pas folichon)...

    Cet album est là pour rappeler que l’échec est partout, que la vérité est ailleurs - accessoirement- et qu’il reste relatif. Des dessins et un humour assez décalés sont d’ailleurs là pour faire passer les choses en douceur.

    Et puis elle est pas complètement nulle cette princesse, elle sait dire "A" et faire des croquettes !

    © J. Cériez, DEUST 2, UFR Idist, mai 2008

    Post-scriptum

    NADJA, La petite princesse nulle. Paris : L’école des Loisirs, 2006. 34p. : ill. en coul. ; 29 x 23 cm. ISBN : 2 211 082 40 8, cartonné, 12€50.

    Disponible également dans la collection Les Lutins 5,00 € EAN13 : 978 2 211 089890

    Mots-clés : princesse, prince charmant, confiance en soi, réussite, affirmation de soi, jugement.

    NADJA, L’horrible Petite Princesse. Paris : L’école des Loisirs, 2006. 30p. : ill. en coul. ; 29 x 23cm. ISBN : 2 211 074 80 4, cartonné, 12€50

    NADJA, La jolie Petite Princesse. Paris : L’école des Loisirs, 2005. 30p. : ill. en coul. ; 29 x 23 cm. ISBN : 2 211 078 13 3, cartonné, 12€50

    NADJA, La petite princesse de Noël. Paris : L’école des Loisirs, 2006. 30 p. : ill. en coul. ; 29 x 23 cm. ISBN : 2 211 084 33 8, cartonné, 12€50

    Nadja, auteur et illustratrice pour livre pour enfants, est la sœur de Grégoire Solotareff (auteur et illustrateur) et la fille d’Olga Lecaye (auteur de livres pour enfants). Elle a vécu au Liban jusqu’en 1960 puis s’est installée à Paris. Avec le livre Chien bleu, un album aux gouaches chaudes, Nadja obtient, en 1989, le prix "Totem" du Salon du livre de jeunesse de Montreuil. Bien d’autres albums suivront finalement pour L’école des Loisirs. Ils innovent un style expressionniste dans ses peintures pleine page. Pour les grands, elle a aussi écrit des romans graphiques.