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Prune et Rigoberto, d’Alex Cousseau et Natacha Sicaud

 
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    Une classe de 30 élèves de 8-9 ans se rend à la piscine... en pyjamas ! Le maître nageur, Gilou, veut en effet évaluer leur capacité à se débrouiller dans l’eau au cas où ils tomberaient d’un bâteau (c’est vrai on est pas forcément en maillot de bain lors d’un naufrage !!). L’action est dirigée par l’un des élèves nommé Rigoberto dont le coeur bat pour une autre élève : Prune. Notre petit héros est bien embêté car l’élastique de son pyjama a laché et il se voit obligé de le tenir. Or, il est deux fois plus embêté lorsqu’il se rend compte que Prune a des larmes au coin des yeux. Mais il doit plonger (ordre de Gilou !). Alors qu’il ressort de l’eau Prune a disparu ! Il s’éclipse et part à sa recherche. Commence alors une course poursuite entre eux et la dame rousse de la caisse...

    Cela finira au sous-sol où, grâce à un hublot, ils observeront la magie bleue de l’eau. Finalement ils trouveront une issue qui les ménera directement au plongeoir duquel ils sauteront pour se retrouver enlacés au fond du bassin. On ne connaitra pas la raison des larmes de Prune mais la joie de leur amour naissant effacera toute leurs craintes. Ce petit roman apporte avec lui des thèmes et des illustrations qui forment un ensemble cohérent, donnent de la valeur et une certaine légitimité au texte.

    La partie thématique est riche en allusion, le premier thème abordé est celui du temps dans le sens météorologique. En effet au début lorsque Rigoberto aperçoit les larmes de Prune il les compare à la lumière du ciel qui varie avant la pluie. Quand ils sont tous deux cachés au sous-sol il compare l’odeur de Prune à celle du soleil après la pluie ; en cela l’auteur illustre le dicton « après la pluie, vient le beau temps ».

    Le second thème est bien entendu celui de la natation, on trouve dans le roman des notions pour le plongeon qui, plus est, sont illustrées.

    Les deux derniers thèmes sont beaucoup plus empreints de valeurs, le premier est celui de l’eau mise en rapport avec la couleur bleue : le héros décrit l’eau lumineuse et intense telle une force supérieure qui l’aimante et le subjugue, il parle aussi de la sensation que lui procure le fait d’être dans l’eau qu’il assimile à la voie lactée et où il se sent comme dans un rêve liquide. Le second porte la valeur de l’Amour entre les deux enfants, l’auteur appuie notamment ce fait sur le dialogue entre leurs deux coeurs, celui de Rigoberto s’adresse souvent à Prune et celui de Prune lui demande de l’aide. Ce sont des chuchotements de coeurs qui leur donnera la marche à suivre : la fuite. Ce sera d’ailleurs grâce à ce sentiment d’amour et donc de bien-être que Prune prendra confiance et « se jettera » à l’eau au sens propre comme au sens figuré.

    J’ai relevé une thématique cachée : celle du voyage initiatique, qui débute lors de l’ouverture de la porte du placard à balais, derrière laquelle ils se cachent pour échapper à la caissière. C’est la porte interdite (comme celle d’Alice aux pays des merveilles) qui débouche sur un grand escalier... voyage entre le haut et le bas. En bas ils verront des stalagtites et cela nous fait pénétrer dans un monde dont on ne sait plus s’il est réel ou onirique. L’intérêt d’un tel voyage est la transformation, le passage d’un état à un autre et c’est bien ce qui se produit : Prune n’a plus peur !

    L’illustratrice Natacha Sicaud a réalisé un travail tout à fait remarquable non pas pour la précision de ces dessins mais pour ce qu’elle leur a apporté d’émotions, de véracité.

    Sur certaines pages les illustrations vont de gauche à droite tout en suivant le fil de l’action (très rapide). Mais la principale qualité de ces images est que quand elles sont sur un fond noir elles expriment la peur ; par exemple lorsque les élèves sont face à Gilou qui les intimide ou encore quand Rigoberto tombe dans les escaliers. Ce fond noir connote aussi la gêne, la honte comme lorsque Rigoberto doit plonger mais aussi tenir son pyjama ou lorsque Prune s’excuse.

    Je ne saurais que conseiller ce roman à tous, petits et grands, car il fait prendre conscience de différentes choses, de différentes émotions ou valeurs par lesquelles nous passons dans les moments d’angoisse, de crainte et non pas seulement à la piscine mais partout ailleurs. À faire découvrir !

    COUSSEAU, Alex, SICAUD, Natacha ill. Prune et Rigoberto. Éditions du Rouergue : 2007. À partir de 7ans.

    Amélie DESMULLIEZ Licence Humanités et Sciences de l’Information UFR Langues et Cultures Antiques Lille3

    Post-scriptum

    Alex Cousseau est né à Brest en 1974. Il a suivi des études d’arts plastiques et d’audiovisuel puis s’est lancé dans sa passion initiale en réalisant des albums pour l’École des loisirs et des textes pour les éditions du Rouergue.