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Igor et Natascha, de Mireille d’Allancé

 
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    Née en 1958, licenciée, puis professeur d’Arts plastiques, Mireille d’Allancé est auteur-illustrateur depuis 1989. Publié juste après Grosse colère, son oeuvre significative, Igor et Natacha raconte par contre l’histoire d’une courageuse petite fille dans la taïga russe au temps des Tsars.
    (JPG)
    © L’École des loisirs, 2000

    Natacha, émue du sort d’Igor, pauvre ours captif montré sur la place publique, va chaque jour le voir dans sa cage, puis n’hésite pas à partir affronter seule le terrible hiver russe pour retrouver son ami échappé, poursuivi par les chasseurs. Igor lui sauve la vie en veillant sur elle avec tendresse jusqu’à l’arrivée du père de la fillette, qui, reconnaissant, rend à l’ours sa liberté. Igor part au loin, mais lui et Natacha, séparés, ne s’oublieront jamais.

    Une affectueuse histoire d’amitié

    Pour les illustrations, une recherche artistique, parfois à la limite de l’abstrait (voir les deux premières images), nous fait entrer dans un monde glacé et désertique, celui de la taïga russe. Mais elle est présentée sous un aspect majestueux, splendide, et un peu feutré, avec un assortiment de bleus, de verts, de gris, de blancs très doux. Elle sert de décor féerique pour une histoire loin de notre quotidien, à l’inverse de Grosse colère. Pour un livre qui repose sur la tendresse. Les couleurs bien choisies et douces mettent cet aspect en valeur : le villages russe, baigné de bleus pâles, de blanc, de marrons doux, les vêtements de toutes les couleurs, le tout très éloigné de la cruelle réalité de la Russie tsariste du XIXe siècle. Natacha est mise en valeur avec son vêtement rouge, Igor est mis en valeur par sa grande silhouette marron doucement esquissée et qui remplit à chaque fois au moins la moitié de la page. Ici, tout est doucement esquissé, les maisons, les personnages, le gentil visage de la petite, que quelques traits suffisent à rendre émouvant, surtout quand elle dort entre les pattes d’Igor.

    Car tout tourne autour de ces deux là, de leur affectueuse histoire d’amitié. Elle poussera Natacha à exercer deux grandes qualités qu’elle possède déjà : le courage et la bonté. Comme dans beaucoup de contes elle agit seule face à la méchanceté des hommes, même s’il faut désobéir pour cela à ses parents. Sa compassion la pousse à les fuir, à subir une trop dure épreuve pour une petite fille. Mais qui trouvera sa récompense. L’affection de Natacha sera satisfaite, et la captivité d’Igor s’achèvera enfin.

    Les autres personnages font surtout de la figuration, sauf le père de Natacha qui participe à l’histoire, tout en restant un peu en retrait. Mais il agit surtout en fonction de ce que fait sa fille, sert en quelque sorte de caution pour le petit lecteur qui s’identifierait à la fillette : Natacha a désobéi mais elle a raison. Son père l’en récompense en libérant Igor.

    L’illustration occupe tout l’espace du livre, mais prend tout son sens avec le récit inscrit en bas de page, récit suivi, simple mais poétique, comme la conclusion de cette histoire : " Depuis ce temps, parfois, quand tout le monde dort, Natacha se lève, sort une petite clochette de son tiroir et la fait tinter doucement. Et là-bas, tout au loin, entre les arbres, une ombre passe et s’arrête, puis disparaît dans la nuit ".

    Isabelle Nadolny

    Post-scriptum

    ALLANCÉ, Mireille d’. Igor et Natacha. L’École des loisirs, 2000. (Lutin poche). 32 p. : illustrations en couleur ; 23 x 31 cm. ISBN 10 2-211-05982-1 Relié 11,20 €

    À partir de 3 ans.