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Résumé
La gardienne des océans est un conte écologique pour les enfants à partir de neuf ans. Il est basé sur la légende d’Elinea, la gardienne des océans. Elinéa est une déesse de la mer, elle vit dans les profondeurs, elle les protège et en est la source de vie. Jadis, Elinéa était respectée, de nos jours son souvenir s’efface de la mémoire des Hommes, mais il sommeille encore...
Sur une île de pêcheurs tout le monde vit en harmonie, grâce à l’abondance de poissons qu’accordent la mer et Elinéa. Un jour, des pilleurs de mer s’approchent des côtes de l’île et tout bascule : les poissons se font rares et Elinéa est capturée... Le destin d’un jeune garçon va basculer, une mission lui sera confiée par Elinéa elle-même... L’harmonie de l’île en dépendra.
On peut résumer l’histoire en trois mots clés : Légende, Océans, Écologie.
Cet album est un conte contemporain traitant d’un sujet d’actualité, vu à travers le prisme du merveilleux et des légendes. Néanmoins, au delà de l’engagement cet album reste un conte avec un schéma actantiel classique. En effet, chaque conte a une structure : avec une situation initiale, ici il s’agit d’une île et de ses habitants vivant en harmonie avec la mer qui leur fournit tout ce dont ils ont besoin, la mer étant protégée par la gardienne des océans, Elinéa. Ensuite, vient l’élément perturbateur qui est l’arrivée des pilleurs de mer et la capture d’Elinéa. Un jeune habitant, prénommé Bastien, va voler au secours d’Elinéa et subir un certain nombre d’épreuves. Après les épreuves, vient le combat final, ici Elinéa se fait rappeler au bon souvenir des pilleurs. Enfin, il y a la situation finale, qu’il n’est pas nécessaire de dévoiler maintenant....
L’originalité de l’album réside dans le fait que nous sommes en présence d’un conte écologique où se mêlent légende, fantastique et prise de conscience. Le merveilleux est présent tout au long du conte, par l’évocation de la légende ainsi que les pouvoirs d’Elinéa, la capacité de respirer sous l’eau de Bastien, la puissance du trident... On y retrouve également un aspect clé des contes, celui du manichéisme : le Bien contre le Mal. Ce conte s’inscrit dans la lutte pour la sauvegarde de nos océans et de la Terre en général. Ce sont des thèmes chers à l’auteur Cathy Delanssay, qui est une artiste militante sur la préservation de notre planète (elle cite Greenpeace).
De plus, l’album est imprimé sous le label « imprim’vert », En avant-dernière page on trouve une note explicative qui est un moyen de sensibiliser le lectorat et d’envoyer un message d’alerte. Il y a une cohérence dans tous les éléments qui composent cet album, de l’auteur à l’édition.
Nous avons affaire à une métaphore de la lutte que nous devons engager contre la pollution et le pillage des océans. En fait, l’île représente notre Terre entière, Bastien chaque jeune lecteur qui s’identifie au héros et qui doit prendre conscience qu’il a un certain pouvoir pour mener ce combat de tous les jours.
Ce livre est original par son format, qui n’est pas un format classique d’album jeunesse (23 x 35). Un autre détail à ne pas négliger est l’esthétisme de l’album. En effet, l’auteur accorde une importance aux couleurs. Bien qu’il y ait une dominance du bleu, tous ses dégradés y sont représentés du bleu très clair, presque blanc au bleu nuit. Le Bleu étant le symbole de l’eau. D’autres couleurs sont également présentes mais par touches, on y retrouve le rouge (pour les poissons, adjuvants de la gardienne) ou encore l’or, couleur du trident d’Elinéa (objet magique, symbole de son pouvoir).
Il y a deux pages sombres, à dominante noir et bleu nuit. Ces couleurs représentent les pilleurs et le moment tragique de la noyade de Bastien. Le noir est ici associé au mal, aux méchants et à la mort. On peut remarquer que chaque couleur employée est en accord avec sa symbolique propre et l’action représentée. Il y a cohérence et unité. L’esthétisme passe également par la typographie. Le conte est écrit avec des formes douces, rondes symbole de fluidité, de l’eau. On retrouve plusieurs polices de caractère. Il y a un changement aussi bien au niveau de la taille de police (quand Elinéa parle, aux moments dramatiques, pour des révélations...) qu’au niveau de la couleur (blanc, noir, bleu et ses dégradés).
Les personnages également ont des formes arrondies, douces. La dessinatrice et auteur de cet album en a fait sa caractéristique. On peut le voir dans d’autres de ses contes comme A l’orée des fées, Le murmure des Dieux... On pourrait apparenter son sens de l’esthétisme à celui de l’univers des Mangas japonnais.
Enfin, en ce qui concerne la construction on retrouve une certaine symétrie à la fois textuelle et graphique. En effet, entre la page de titre et la quatrième de couverture on a une symétrie inversée de la couleur bleu (bleu foncé/bleu clair). Au niveau de la légende également, elle est citée quatre fois aussi bien au début, qu’à la fin. L’algue de la page de garde se retrouve sur les deux dernières pages, le premier portrait d’Elinéa est le même que le dernier... Cette symétrie participe au concept de « boucle » propre au conte, ceci afin de donner une certaine harmonie.
La littérature jeunesse peut être à la fois une littérature fonctionnant sur l’imaginaire et une littérature de notre temps. La gardienne des océans combine agréablement les deux. L’imaginaire fonctionne car il fait appel à une légende, terrain facile pour l’imagination et le conte mobilise un thème actuel, à savoir la préservation de notre environnement et de notre planète. Ici, ce sont les océans qui sont concernés.
C’est un album qu’on peut aisément conseiller car il joue un rôle de sensibilisation auprès d’inquiétudes actuelles, il peut donc y avoir un intérêt pédagogique. En effet, avec l’interaction d’un tel album on peut imaginer un atelier, une animation. On pourrait partir de thèmes comme l’Écologie, l’Environnement... et proposer cet album comme point de départ à une réflexion, en vue d’un exposé par exemple.
On peut également partir de ce conte pour en étudier sa structure, en cours de Littérature. Étant donné le thème abordé et la réflexion qu’il suppose cet album se destine aux enfants, à partir de neuf ans. Toutefois, il n’y a pas d’âge pour se sentir concerné par notre planète.
DELANSSAY, Cathy. La gardienne des océans : un conte écologique. Paris : Auzou, 2008. 48 p. ; ill. en coul. ; 35 x 23 cm. ISBN 978-2-7338-0955-6 Broché 14,50 EUR
Mots clefs : Légende, Océans, Écologie.
Pour plus d’informations sur l’auteur, vous pouvez consulter le site :
http://mapage.noos.fr/delanssay
et le blog :
http://lagouttederosee.blogspot.com
Entretien avec Cathy Delanssay sur le site :
http://jeunet.univ-lille3.fr/ecrire/articles.php3 ?id_article=1102
Amandine ABBES Licence ICD UFR IDIST LILLE 3
Bonsoir Amandine, et merci infiniment de cet article sur mon dernier livre, j’en suis ravie :)
quelle analyse ! c’est trés minutieux et me touche beaucoup. Bonne continuation !
Cathy
Bonjour,
Je suis heureuse que cela vous plaise et je vous remercie d’avoir prie le temps de la lire et de me laisser un message. J’ai étais très touchée par votre album et j’avais à coeur d’en faire la meilleure analyse possible. C’est par cet album que j’ai découvert votre travail et je peux vous dire que je suis charmée. De plus vos combats sont aussi les miens et je me suis beaucoup retrouvée. C’est à moi de vous souhaiter une bonne continuation !
Amandine