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La chute du sac en plastique, de Julien Bouissoux

 
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    Le livre qu’il vient d’écrire est un échec, son avenir, se joue au jour le jour. Pourtant, Tristan Poque, ne sombre pas dans le désespoir le plus noir. Il vit sa vie, au fil des événements avec un recul quasi désintéressé... De petits boulots en petites magouilles, de petites histoires d’amour en rendez-vous manqués, peu à peu, le quotidien lui échappe, jusqu’à en perdre le sens de l’existence et la notion d’avenir. En abandonnant Tristan Poque sur son balcon, au beau milieu de nulle part, uniquement rattaché à la vie par les bribes de ses sens affaiblis, nous sommes nous-mêmes comme laissés en pâture face à notre propre quotidien.

    (GIF)

    On ne peut que rendre hommage à l’esprit aventureux de J. Bouissoux. Ce livre loin de tous chemins battus, interpelle. Il n’est ni un récit, ni un témoignage, ni un point de vue, il se promène simplement sur le quotidien d’un homme au regard décalé. Le style est nu, parfois cru pour un public adolescent, flirtant parfois même avec les chemins du surréalisme. Ici, rien n’est prescrit, pourtant tout conduit à la réflexion.

    La distance qu’entretient le héros avec sa vie nous intrigue. Puis, peu à peu, à force d’être à ses côtés, son attitude nous devient familière, presque d’une logique imparable... (Pourquoi ne pas vendre des paillassons à des gens qui en ont besoin, en se fournissant dans un endroit où ils abondent ? Cela en devient presque une démarche philanthropique ! ). Et bientôt, on ne sait plus discerner l’agréable légèreté de la vie de l’atrocité de la solitude et du non-sens. Ce texte nous emmène au cœur du questionnement existentiel.

    On peut cependant se demander s’il va réellement toucher un public adolescent, en pleine interrogation sur le sens de la vie, en l’aidant à éclaircir ses incertitudes, ou, si ce texte n’est pas, au contraire, un peu trop déstabilisant pour ce public, juste comme une chute sans filet dans les non-sens de l’existence, juste comme une errance sans avenir. Un réel danger ? Cela dépendra, sans doute, de la maturité du lecteur, nous ne pouvons cependant omettre de souligner le caractère pessimiste et désabusé de cet ouvrage.

    Si le héros, même sans grand enthousiasme, est dans la vie au début du roman : "J’étais à moitié en elle quand le téléphone sonna...", les errances de la vie l’emmènent hors de tout, elles érodent peu à peu le lien qui le retient à l’existence, en ne laissant sa vie suspendue qu’à un fil : "A ma fenêtre, seul au monde...j’ai presque envie de me caresser". Une dérive risquée, dans laquelle le lecteur se laisse agréablement sombrer. Une lecture intéressante et porteuse de nombreux questionnements, qui donne, cependant, très vite le frisson de la solitude et de l’inexorable.....d’un fatalisme dangereux.

    Post-scriptum

    BOUISSOUX, Julien. La chute du sac en plastique. Éditions du Rouergue, 2003. (La Brune). 208 p. ISBN 2841565033

    Mots clefs : fatalisme / existence / errance/ sens de la vie.