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DIS, COMMENT ON FAIT LES BEBES ? (mini thèse)

 
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    COMMENT ON FAIT LES BÉBÉS ?

    Vous rappelez vous de ce qu’on vous a dit quand vous étiez petits ? Un petit effort ! C’est pourtant très simple : les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses, ou sinon, les parents font une commande et c’est une cigogne qui apporte le nouveau petit frère ou la nouvelle petite sœur. Autant l’histoire du Père Noël peut se justifier pour apporter un côté magique et féérique à la fête, autant, pour la cigogne, les parents n’ont aucune excuse ! Pourtant ce n’est pas si compliqué qu’il n’y paraît et puis des livres sur le sujet permettent de savoir par où commencer...

    Ma sélection d’ouvrages


    - Un album pour les petits (dès 6ans).

    (JPG) LENAIN, Thierry, BLOCH, Serge. Graine de bébé : mais par où passent les bébés, mais par où passe la petite graine ? Paris : Nathan jeunesse, 2003. 24 x 24 cm. ISBN : 2-09-211038-1 ; 12,70 EUR.

    Cet album pose toutes les interrogations de l’enfant concernant les bébés et le secret de leur « fabrication ». Toutes sortes d’hypothèses sont posées jusqu’à la véritable réponse. Des dessins accompagnent le texte et n’ont pas peur d’être trop explicites, après tout, le but du livre n’est-il pas de tout rendre clair dans la tête des enfants ? Le sujet est abordé et traité en des termes simples correspondant au vocabulaire de l’enfant : « zizi », « zézette », « petite graine » au lieu de spermatozoïde et « grosse graine » pour ovule.


    -  Un documentaire/fiction pour les lecteurs débutants (dès 6ans).

    (JPG) SAINT-MARS, Dominique de, BLOCH, Serge. Max et Lili veulent tout savoir sur les bébés. Coppet (Suisse) : calligramme, 1999. 16 x 12 cm. ISBN : 2-88445-492-6 ; 4,90 EUR.

    Max et Lili sont en vacances avec leurs parents à la campagne chez Kim et Lola dont la maman attend un bébé. Max et Lili commencent à se poser des questions sur leur naissance en voyant les bébés animaux de la ferme. Alors que leurs parents sont gênés et ne savent pas comment aborder le sujet, leurs amis Kim et Lola leur expliquent tout ce qu’il y a à savoir. Le sujet est abordé à travers leur conversation, donc dans un langage simple et les termes plus « techniques » comme « vagin » etc. sont expliqués en note de bas-de-page.


    -  Une fiction pour les premières lectures de roman (dès 6ans).

    (JPG) SCOTTO, Thomas. Le meilleur en tout. Paris. Éd. Thierry Magnier, 2005. 15 x 11. ISBN : 2-84420-350-7 ; 5 EUR.

    Édouard est un prétentieux “Monsieur-je-sais-tout”, car il est fier de montrer aux autres qu’il sait beaucoup de choses. Il pense même tout savoir, contrairement à ses camarades : c’est « Le meilleur en tout ». Par exemple, Lui, il sait comment on fait les bébés « super facile ! » Mais à l’anniversaire de sa cousine il se retrouve confronté à un groupe de filles qui le met à l’épreuve avec leur curiosité...il va falloir raconter tout ce qu’il sait, et même ce qu’il ne sait pas !

    Oser aborder le sujet !

    Autour de 4 ans les petits commencent à prendre conscience de leur sexualité, de la différence entre les filles et les garçons. Puis des interrogations surgissent, plus ou moins tôt, peut-être par ce qu’un petit frère ou une petite sœur va arriver, ils se posent tous l’inévitable question : « Dis, comment on fait les bébés ? ».
    Heureusement, pour venir au secours des parents désemparés de nombreux ouvrages existent sur le sujet et abordent le sujet complexe de la sexualité. Ce sujet relève de l’intime, il est entouré de tabous, mais les livres l’abordent sans complexe pour permettre aux enfants d’avoir une réponse claire dans leur esprit. La sexualité est abordée avec simplicité et innocence et dans le seul but d’expliquer la première étape de la procréation. Tous les livres invitent les parents à en parler avec leurs enfants, chacun à leur manière. Cet exercice semble être plus difficile à faire pour eux, qu’il n’est difficile aux enfants de comprendre. Il faut se jeter a l’eau, faire un effort de communication, prendre conscience que les tabous n’ont pas de raison d’être pour ces petits qui n’ont pas encore l’image de la sexualité que les adultes ont.

    Choisir un format adapté

    En général, chaque livre cible un public particulier : les albums sont destinés aux plus petits, en raison de la prépondérance des illustrations, les romans aux plus grands qui savent lire, et les documentaires aux deux, puisque la forme s’adapte à tous les âges. Le sujet de la conception des bébés s’adresse en priorité aux plus petits qui se posent la question et moins aux grands qui ont déjà obtenus une réponse. Toutefois, concernant le sujet de la conception des bébés, nous pouvons remarquer que les trois types de document sont employés.

    En effet, l’avantage à cet âge là, c’est que les enfants se sentent encore concernés par les albums sans avoir l’impression d’être trop grands, mais aussi par les documentaires, et, dès 6-7 ans avec l’entrée au CP, ils commencent à éprouver leurs capacités de lecteur en lisant des « premiers romans » adaptés à leur niveau de débutant. Donc, les trois formes album, documentaire et roman sont utilisées... car après tout pas besoin de savoir lire puisque papa et maman sont là pour faire la lecture ! Ainsi, il y en a pour les tous les goûts : pour ceux qui ne veulent être traités comme des grands et pour les autres qui préfèrent rester petits et se faire dorloter. Selon le caractère de chacun, on peut choisir entre les livres qui ont beaucoup d’images, ceux qui en ont moins et ceux qui n’en ont pas du tout que papa et maman peuvent lire !

    Choisir un vocabulaire adapté


    L’avantage c’est que chaque type de document vise un public plus ou moins jeune et emploie en conséquence des termes adaptés à leur âge et leur niveau de développement. Ainsi, l’album préfère employer les termes correspondant au langage des petits tandis que le documentaire fiction marque une étape supplémentaire.

    L’album est idéal pour les plus petits car il emploie les termes que les enfants utilisent tels que « zizi » « zézette », « petite graine », « grosse graine », mais on n’est pas non plus dans un registre trop « gaga ». Adapter le vocabulaire au langage des petits permet aux enfants de se faire une représentation mentale plus précise et de comprendre de quoi il s’agit concrètement. De plus, le sujet est abordé avec beaucoup d’humour et comme un jeu de devinettes qui explore toutes les possibilités (en faisant preuve de beaucoup d’imagination) pour savoir par où passent les bébés. Cela permet aux parents d’aborder le sujet sans complexe, de manière ludique et en utilisant les bons mots !

    En effet, le documentaire emploie un vocabulaire simple à travers les dialogues de Max, Lili et leurs amis, mais accompagnés de notes explicatives peut-être un peu compliquées qui déterminent les termes exactes. En effet des astérisques donnent des précisions très détaillées, avec un vocabulaire qui n’est pas imagé mais qui utilise au contraire des termes concrets : « la contraception permet de choisir le moment de la conception d’un bébé. Le préservatif empêche la transmission de maladies sexuelles comme le Sida ».

    Le documentaire de Max et Lili vise d’avantage les plus grands sachant déjà lire. Son atout est de garder un vocabulaire simple à travers la bouche de Max et Lili, correspondant à leur âge, et de rajouter des précisions plus compliquées, qui elles, demandent par contre les explications d’un adulte. En effet, les termes très « techniques » peuvent susciter l’envie ou surtout le besoin de questionner des adultes, tout comme Max et Lili le font dans l’histoire. De plus, une partie s’intitulant « Et toi, est-ce qu’il t’est arrivé la même histoire qu’à Max et Lili ? » suit le récit et confirme l’envie de susciter un échange à ce propos entre parents et enfants. Deux pages proposent une réflexion sur la sexualité, et surtout invitent les enfants à en parler, à poser des questions à leurs parents, et surtout à ne pas éprouver de gène ou de la honte.

    Concernant le premier roman, son petit format et ses gros caractères permettent de ne pas « effrayer » les petits ou les lecteurs débutants. Par ailleurs, le vocabulaire utilisé est relativement simple, il se calque sur le langage des enfants et se destinent aux enfants. Clairement, le sujet n’est pas expliqué en détail puisque toute l’histoire tourne justement autour de ce que les enfants ne savent pas. Ce livre a donc un intérêt différent, il suscite l’envie d’en savoir plus en ne donnant pas les réponses. En effet, Édouard fait croire qu’il sait comment on fait les bébés, mais en vérité il n’en sait pas plus que ses camardes ! Le mystère plane donc à la fin du livre pour les enfants, et puisque l’histoire prend fin au moment ou le papa d’Édouard va lui expliquer, nous pouvons dire que ce livre invite lui aussi à suivre l’exemple démontré dans la fiction.

    CONCLUSION

    Les livres sont un excellent moyen d’expliquer aux enfants comment faire les bébés : ils offrent un vocabulaire adapté à l’âge et à la compréhension des enfants, mais en plus, ils encouragent le dialogue et entre parents et enfants : ils incitent les enfants à ne pas avoir peur de parler de ce sujet et de se poser des questions.

    Le problème est dé-complexifié, il est même illustré : il n’y a rien à cacher après tout il s’agit d’un papa et d’une maman qui s’aiment ! Bien sûr les livres offrent un peu plus de détails mais au fonds le « problème » se résume à ça ! Les ouvrages abordent le thème de la conception sans rien dissimuler sauf quand le livre tourne autour de ce qu’on ne sait pas. En fin de compte on démontre que le plus ridicule c’est d’avoir peur d’en parler et de faire semblant de savoir ! Les enfants ne seront pas déçus ni bernés...
    Finalement, ce sont bien les parents qui sont le plus gênés de parler de ces choses là, mais pourquoi toutes ces histoires ? Ce n’était pas si compliqué !!

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    Voir aussi sur ce site : http://jeunet.univ-lille3.fr/article.php3 ?id_article=1017

    Anaïs LINDE
    DEUST 2
    UFR IDIST