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L’écologie dans la littérature jeunesse (mini thèse)

 
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    S’il est un thème actuel, c’est bien celui de l’écologie. Devenue une préoccupation assez récente de la politique mais aussi de certains industriels, cette inquiétude a été relayée récemment par de nombreux films documentaires. Jusque là confiné en littérature dans des récits d’anticipation ou de science-fiction, ce thème est de plus en plus présent dans la littérature jeunesse.

    Il existe en effet une multitude d’ouvrages documentaires mais aussi une grande variété de fictions : aussi bien sous forme de roman pour les plus jeunes, pour les adolescents que des albums ou des histoires pour les plus petits. La littérature jeunesse a toujours été porteuse d’une certaine morale, se devant de faire passer un message aux plus jeunes sur la manière de se comporter en société, traitant des problèmes familiaux, raciaux ou comportementaux.

    Mais là il s’agit d’arriver à sensibiliser les enfants à un problème devenu urgent et dont les générations précédentes ont toujours eu l’impression qu’il pourrait être résolu plus tard.Ce n’est donc plus seulement une mise en garde ou une explication qui est fournie par les livres mais aussi l’expression d’une sorte de nécessité d’éduquer les enfants face à un problème que nous n’avons pas jusque là pris en compte suffisamment.

    La problématique de l’écologie peut soit se trouver complètement intégrée dans un récit, n’en être qu’une petite partie ou au contraire en devenir le message principal, le cœur de l’histoire. Ce thème se trouve être abordé de manière plus ou moins frontale, dans une vision plus ou moins optimiste. Cela va dépendre en grande partie du public qui est visé. Le message sera donc plus ou moins alarmant.

    Les ouvrages étudiés ici sont de trois types différents : un album illustré pour les plus jeunes, un roman pour les enfants dès 7 ans et enfin, un recueil de nouvelles pour adolescents.

    Dans l’album Voyage à Poubelle-Plage, le texte se présente sous la forme d’un poème dont toutes les phrases riment en « age ». Quatre vers par page font face à une illustration, qui est en fait une photographie d’« installation et papiers sculptés ».

    Le texte commence par une description de tous les déchets que l’on peut malheureusement trouver de nos jours sur les plages. L’auteur fait ici allusion à « un carnage ».

    Puis il y a ensuite une invitation, une incitation même, à aller nettoyer : « que petits et grands s’engagent ». Vient ensuite la morale de l’histoire : « la nature n’est pas un garage... il est temps de devenir sage ... qu’enfin se termine le saccage... qui s’engage ? » Et les deux dernières pages de l’album nous montrent plusieurs bras levés, répondant à l’invitation de l’auteur.

    On voit donc bien ici que si l’auteur réussit à faire passer son message auprès des plus petits, il parviendra à créer une réaction en chaîne : les lecteurs convaincus emmèneront avec eux leurs parents ou des amis lors de leurs prochains séjours à la mer à ramasser eux aussi les détritus recouvrant le sable.

    Dans le petit roman Chaud le frigo !, le thème de l’écologie est plutôt un prétexte à raconter une histoire qui sort de l’ordinaire comme le précise la quatrième de couverture : « un frigo qui se plaint du froid, c’est vraiment n’importe quoi ! »

    La dimension écologique est quand même présente dès le départ : Diego le frigo ne supporte plus de participer, malgré lui, au gaspillage des produits alimentaires et à l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone. Toute cette culpabilité lui vient après avoir regardé plusieurs reportages télévisés. Cette honte grandissante l’amène bientôt à tomber en panne volontairement juste avant le retour des courses hebdomadaires des propriétaires de la maison. Tous les meubles de la maison essaient alors de convaincre Diego à fonctionner normalement de nouveau car l’unité de la cuisine se trouve alors en péril ! Mais finalement les propriétaires se décideront à faire emmener Diego par des gens d’Emmaüs. Et c’est à ce moment que le récit perd de son message écologique car aussitôt que Diego se sentira bien chez son nouveau propriétaire, il fonctionnera de nouveau.

    Le récit sert donc juste à amener de petites notions aux lecteurs sur les problèmes que le monde connaît actuellement, comme les famines ou le problème de la couche d’ozone. Il y a paradoxalement moins d’incitation à prendre part aux économies d’énergie que dans l’album précédent invitant au nettoyage des plages, qui est pourtant destiné à des plus jeunes. Car ici ce qui importe, c’est de raconter une histoire amusante, qui se finit bien.

    En revanche, dans le recueil de nouvelles Nouvelles vertes, destiné à un lectorat adolescent, les textes amènent, le plus souvent par des récits d’anticipation, à prendre conscience qu’il n’est pas encore trop tard pour agir, même si pour certains la situation paraît désespérée.

    Ou comme dans les nouvelles d’Elisabeth Combres, de Yann Mens ou de Florence Thinard, l’action se situe de nos jours et non dans un futur lointain. Dans ce cas, ces trois récits s’attachent à décrire et à critiquer une des facettes du vaste problème écologique actuel : la disparition de la biodiversité, la déforestation ou les avantages et les inconvénients de l’utilisation du pétrole et de ses dérivés.

    Même si toutes ces nouvelles voient le futur d’une manière plus ou moins optimiste, le ton reste toujours assez grave. Malgré cela, la première histoire, qui pourtant présente un avenir de manière assez apocalyptique, se termine assez bien puisque les héros rentrent chez eux « le cœur léger » (alors qu’il n’y a vraiment aucune raison, quand on sait ce qu’ils viennent d’apprendre et dans quelles conditions ils vivent),

    Le récit qui interpelle le plus est celui de Christian Grenier : Je suis la vigie et je crie. En effet c’est le seul récit qui exprime clairement les différentes étapes de la société industrielle, qui dénonce la société de consommation et s’attaque à l’inertie, voire l’inaction des dirigeants politiques.

    Tous les auteurs présents sont connus des jeunes lecteurs et très présents dans nos bibliothèques, ce qui devrait leur permettre un lectorat assez important, attiré par leurs noms.

    Il est également à noter qu’à la fin de l’ouvrage sont présentés des détails sur la fondation ROC, présidée par Hubert Reeves, pour défense de la biodiversité avec des contacts (mail, adresse...). Il y a donc là manifestement un espoir de convaincre les lecteurs à s’engager.

    Enfin, petit détail plus ou moins amusant, l’achevé d’imprimer en fin d’ouvrage est celui-ci : « Cet ouvrage a été achevé d’imprimer avant le désastre pour le compte des éditions Thierry Magnier par .... » Quand on voit que deux des textes du livre utilisent la date de 2020 pour situer les événements déclencheurs de révoltes ou de catastrophes, on se dit qu’il est plus que temps d’agir !

    Bibliographie.

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    CUVELLIER Vincent, BRENIER Claire, ill. Chaud le frigo ! [Paris] : Magnard jeunesse, impr. novembre 2005. (TIPIK Cadet). ISSN 1767-3046 / ISBN : 2210981271 ‘fantastique’. Dès 7 ans. (roman)

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    BORDAGE Pierre, BROYART Benoît, COMBRES Elisabeth, et al. Nouvelles vertes. [Paris] : Th. MAGNIER, impr. 2005. (Roman) ISBN : 2-84420-377-9. 7 EUR Précédées d’un poème de Hubert Reeves. Niveau de lecture : Collège et plus

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    BRAMI, Elisabeth, JEUNET Bernard ill.Voyage à Poubelle-Plage . [Paris] : Seuil Jeunesse, DL avril 2006. ISBN 2-02-081736-5. Installations et papiers sculptés de Bernard Jeunet. Album.

    Sylvain Muller, deust 2 STID, 6 avril 2008