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Si même les arbres meurent, de Jeanne Benameur

 
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    Si même les arbres meurent

    Deux enfants, Céline et Matthieu, apprennent à l’hôpital qu’Adrien, leur père, est dans le coma. Il y a très peu de chances pour que celui-ci se réveille un jour. Leur mère, Dominique, très affaiblie par la douleur, n’arrive plus à s’occuper d’eux. Laissés seuls, Céline et Matthieu s’imaginent un monde dans lequel ils deviendraient Petite Montagne et Aigle Brun, les deux seuls êtres capable d’aider leur père, devenu Grand Aigle, à se réveiller. S’enfermant dans leur monde, les enfants refusent toutes aides extérieurs et s’isolent, loin de l’école et des amis.

    Peu à peu, Céline ne croit plus au monde imaginé par Matthieu alors que celui-ci s’obstine à refuser la réalité. Mais lorsque sa mère lui apprend que son père ne se réveillera jamais, Matthieu n’arrive pas à assumer cette nouvelle et seule la rencontre d’un balayeur atypique au sous-sol de l’hôpital lui permet d’accepter cette réalité.

    Si même les arbres meurent est un livre sur le thème difficile du deuil. Ce thème touche directement l’auteur, qui a perdu son père à l’âge de vingt ans et dont l’absence a, de son propre aveu, laissé un "trou". Et en effet, durant tout le livre, c’est vraiment un vide que va causer cette disparition. L’absence du père est non seulement la disparition d’un proche, d’un repère important, mais aussi celui de l’autorité.

    Dès la couverture du livre, dont l’illustration, composée de couleurs froides, montre un couloir d’hôpital, le lecteur s’attend à une histoire assez difficile. Le format du livre, de par la profondeur qu’il donne à ce couloir d’hôpital, donne une impression de malaise. Jeanne Benabeur nous narre cette histoire de manière simple et poétique. La poésie apparaît notamment lorsque les enfants s’imaginent dans leur monde et se retranchent de la réalité. Les phrases sont courtes, il n’y a pas de mots de vocabulaire compliqué, sans que cela ne retire rien à la force du récit. L’absence d’illustration n’est en aucun cas une gêne, et seuls les mots comptent dans cette histoire : ceux de l’infirmière, ceux du balayeur notamment. Et l’absence d’illustration permet d’insister sur l’importance des paroles.

    On suit pas à pas l’évolution de Mathieu et Céline qui vont passer du refus de la "mort" à son acceptation. Mais Jeanne Benabeur n’arrête pas son récit au point de vue de ces enfants et nous suivons aussi les réactions de la mère, de l’infirmière, du meilleur ami de Mathieu pendant cette période d’attente. En effet, cette attente n’a pas des effets que sur la famille directement impliquée, et le refus de Mathieu de se faire aider par son ami est l’un des axes de ce livre. Ce n’est que lorsqu’il acceptera l’aide du balayeur de l’hôpital que Mathieu commencera à accepter la mort annoncée de son père.

    Ce livre, de par son thème, est destiné aux enfants qui sont au collège mais aussi à des personnes beaucoup plus âgées qui se sentiront impliquées par l’histoire.

    Nicolas SANNIER, Deust 2, novembre 2005


    Avis d’autres lecteurs

    À travers son roman, Jeanne Benameur nous offre une histoire bouleversante racontée avec poésie.

    Mathieu et Céline sont dans la salle d’attente de l’hôpital : leur papa, féru d’alpinisme, vient de faire une chute qui l’a mis dans un coma profond. Il n’y a aucun espoir pour qu’il s’en sorte. Leur maman, Dominique, est effondrée. Jour après jour une routine s’installe entre la maison et l’hôpital où les enfants et leur mère passent tout leur temps. Dominique reste au chevet de son mari pendant que Mathieu et Céline errent dans les couloirs du centre hospitalier et s’inventent un monde où leur père guérit et où tout redevient comme avant. Tout ce qui est en dehors, l’école, les copains, l’institutrice, leur est indifférent. Ils espèrent le sauver eux-mêmes grâce à leur imagination. Mais cela ne peut durer qu’un temps et lorsqu’ils se trouvent confrontés à la réalité, il faut bien réapprendre à vivre.

    L’aide est nécessaire pour surmonter l’épreuve.

    Au début, Mathieu entraîne sa petite sœur dans son monde imaginaire pour la protéger. Mais très vite, les deux enfants s’isolent et se déconnectent complètement de la réalité en s’imaginant qu’eux seuls peuvent guérir leur père, que ce sont les médecins qui vont le faire mourir. D’autre part, ils refusent tout contact extérieur, et voient d’un très mauvais œil l’infirmière qui soutient leur mère. Mathieu se butte complètement, refuse de pleurer et décide de couper les liens qu’il avait avec ses copains pour se consacrer à sauver son père. Pourtant, grâce à l’aide du balayeur, il réussit à regarder la réalité en face et à exprimer son chagrin.

    Si même les arbres meurent montre qu’il est nécessaire d’être entouré pour surmonter une épreuve pareille. Mais le roman rend compte avec brio de ce que peuvent ressentir les enfants lorsqu’ils perdent un être cher, une sorte de chaos qu’ils organisent et qui forme un monde à eux, impénétrable.

    Ce roman est bouleversant par la simplicité de la narration. Il est conseillé à un niveau collège, mais je pense qu’il touchera tout autant les publics lycéens et même adultes.

    Laure Jaunard, juillet 2001

    Pourquoi la mort ? ... Adrien est jeune, il laisse derrière lui une veuve et deux enfants. Difficilement acceptable, le coma de leur père provoque chez les enfants un renfermement psychologique de plus en plus profond au cours du temps. Comment vont-ils s’en sortir ?

    Moi qui ne lis pourtant pas souvent, j’ai beaucoup aimé ce livre ; il permet de ressentir les émotions d’un enfant confronté à la mort de son père et à la douleur de sa mère. On entre facilement dans l’histoire et surtout dans le jeu des enfants.

    Cécile, 17 ans, 1ère.

    C’est un livre étrange où sont admirablement mêlés la peine, l’amitié, l’amour et bien d’autres sentiments encore. Tout cela est écrit de manière presque enfantine, ce qui nous met à la place des personnages et nous donne envie de redevenir ces enfants naïfs, innocents et pleins d’imagination. J’ai beaucoup aimé ce livre car il donne envie de réfléchir sur des choses aussi dures que la mort d’un proche. Il aborde les choses simplement et avec pudeur. Pour qualifier ce livre, je dirai qu’il est apaisant.

    Cédric, 17 ans, Terminale

    Post-scriptum

    BENAMEUR, Jeanne. Si même les arbres meurent. éd. Thierry Magnier, 2000. (Roman). 111 p. ISBN 2844200869