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La Gloire de mon frère, d’Emmanuel Arnaud

 
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    Après la fameuse autobiographie de Marcel Pagnol La Gloire de mon père, voici La Gloire de mon frère, le non-moins célèbre récit d’un garçon découvrant l’envers du décor de l’édition jeunesse !!

    Hector Fenouilh a 12 ans il est en classe de sixième, il voudrait se faire un nom parmi les auteurs jeunesse avec son premier roman Les Bilingues malheureusement il est trop jeune pour ça, c’est vrai, qui le prendrait au sérieux ?! C’est alors qu’il propose à son frère de se faire passer pour l’auteur de son roman...

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    La Gloire de mon frère est une autobiographie fictive s’inspirant de l’expérience de l’auteur, Emmanuel Arnaud. En effet c’est sans doute à partir de la publication de son premier roman pour adolescent, Les Trilingues, et de la découverte du monde de l’édition jeunesse qu’il eut l’idée d’entreprendre l’écriture de La Gloire de mon frère. Ainsi dans celui-ci le narrateur, Hector Fenouilh est l’auteur des bilingues... ! De plus Emmanuel Arnaud, est ingénieur chercheur tout comme Jean-Luc le frère d’Hector qui se destine à la même carrière.

    Le monde de l’édition est le leitmotiv du roman La Gloire de mon frère, l’auteur en fait une critique avec beaucoup d’ironie dans laquelle il dénonce les énormes moyens marketing des best-seller américain, « même s’ils sont pourris », c’est-à-dire la manipulation de certaines maisons d’édition pour vendre leur livres et la médiocrité de ceux-ci. Cette critique est particulièrement présente dans le deuxième chapitre : « la théorie du déclencheur ».

    Cependant, Emmanuel Arnaud conclut celui-ci en écrivant « si la qualité de mon roman n’est pas celle qu’on croit, même avec notre processus de déclencheur, il ne se passera rien, on en restera toujours au stade du navet inconnu ». De plus l’auteur imagine que la littérature et l’édition sont dirigées par des enfants et que les adultes ne leurs servent que d’images auprès du public. Ainsi, Lewis Carroll n’a jamais écrit Alice au pays des merveilles tout comme Saint-Exupéry et son Petit Prince, ce qui n’est pas sans nous rappeler la trilogie Eragon. Car les adultes ne peuvent écrire pour les jeunes « leur cœur, devenu trop gris, a depuis longtemps oublié sa couleur initiale »... !

    La littérature et le football sont deux thèmes certes opposés mais présents dans le roman ; l’auteur y cite de nombreux auteurs : Restif de la Bretonne, Balzac, Paul Auster, Sempé, Shakespeare... Mais aussi des séries, des œuvres, des genres... Bien sûr, il est impossible d’aborder l’édition sans parler littérature ! Cependant, le football semble improbable pour illustrer le monde de l’édition. Pourtant, Emmanuel Arnaud y fait de nombreuses références telles que Materazzi, Ribery, Cantona, Zidane ou encore la chanson de Gloria Gaynor symbole de la victoire de la coupe du monde de football par la France en 1998.

    Cette opposition entre la littérature et le football est aussi repérable à travers le langage et le vocabulaire utilisé ; on peut noter des termes appartenant au langage familier : « Chantmé » par exemple et des phrases comme « le principe c’est pas du tout de pas être honnête » et un vocabulaire soutenu : « brûle pourpoint », « intrinsèque ».

    Bien que le roman parte d’une idée originale il est fade et sans rebondissements, la fin est particulièrement décevante tant elle est mièvre.

    De plus le message de l’auteur vis-à-vis du monde de l’édition est difficilement interprétable, l’ironie n’est pas toujours évidente et peut être difficile à déceler pour un public non avertis. On pourrait considérer La Gloire de mon frère comme un règlement de comptes entre l’auteur et les maisons d’éditions !!

    LA GLOIRE DE MON FRERE d’Emmanuel ARNAUD. Editions du ROUERGUE, 2007 Collection doAdo. 92 pages, ISBN : 978-2-8415-6860-4 / 6,50 euros.

    Deux autres critiques du roman :

    Evene.fr

    Journaldunlibraire

    Ingrid L1 HSI, UFR Langues et Cultures Antiques