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Un souvenir cher et précieux ? Un vrai trésor : le Club des Cinq

la saga de la Bibliothèque Rose par Enid Blyton
 
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    Je peux maintenant dire que ce fut un vrai cadeau pour une fillette de 8 ans déjà friande d’histoires de pirates à l’affût de trésors  ! Je ne me doutais pas que ces 4 enfants à peine plus âgés que moi- François le plus grand et sage, Mick son frère plus enjoué, leur petite sœur Annie naïve mais futée, leur cousine Claude l’intrépide garçon manqué sans oublier leur toutou Dagobert !, allaient incarner les premiers héros de ma jeunesse , plus encore que les dessins animés à la télé, eux qui ne daignaient offrir leurs aventures que le dimanche matin.

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    évolution des 1ères de couverture
    Les premiers livres étaient de couverture dure tandis que celle tout à droite est plus souple : ce n’est toutefois pas la dernière édition...

    La lecture a constitué une source inépuisable de plaisir qui m’envahit dès le premier jour où j’ai dévoré ce premier livre seule. Bientôt j’eus besoin d’un livre par jour ,et c’est en visitant la véranda de ma cousine que je découvris un jour qu’elle débordait de livres roses et verts. Je ne savais pas encore que les livres verts - bah ils sont pas pour les garçons les verts ? - allaient plus tard connaître le même sort que je fis à ceux tirés en fait de la Bibliothèque Rose, c’est à dire tous les savourer page par page. Ces bibliothèques ont en effet considérablement développé mon imagination puisque c’est grâce au Club des Cinq et aux Six Compagnons que tous les soirs à partir du CM1 je m’attelais à l’écriture d’histoires inventées sur mon ordinateur. Et bien que je n’ai jamais eu la force d’aller au delà du 3ème chapitre pour chacune d’entre elles, l’inspiration était intarissable, quel étonnement et quelle déception d’ailleurs lorsque les relisant intégralement il y a peu de temps je constatais qu’il y a peut-être bien un style d’écriture et une motivation que j’ai aujourd’hui perdu...

    Avec la narratrice Enid Blyton j’avalais les mots en même temps que les images qui y étaient accrochées, naturellement, comme j’aurais regardé un film abouti, si toutefois il restât que jamais je n’en trouvas de tel puisque les lieux magiques décrits dans le livre reflétaient l’idéal de mon imagination, idéal infini. Je m’enfilai ainsi les descriptions de châteaux abandonnés , abandonnés si l’on oublie l’âme malveillante qui y régnait encore pour quelque trafic ,

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    l’édition de 2000
    Cette couverture plus travaillée est un coffre aux merveilles pour une enfant de 8 ans !

    les îles sinistres où des pirates venaient encore séjourner à la recherche de quelque trésor , les souterrains perdus , lieux de cachette et de regroupement de peuples mystérieux et pas toujours charitables - comme les gitans ou saltimbanques, c’est ainsi qu’elle les désignait ! (y est-on toutefois sensible étant enfant ?), grottes ténébreuses au fin fond des criques où le flair incomparable des compagnons veuille qu’on vérifie avant toute escapade nocturne si l’on ne se fera pas engloutir par la montée des eaux même lorsque la pleine lune leur en ouvre temporellement l’accès, lueurs éclair de phares aux fréquences subtiles dans la nuit...

    Et j’avalais tout ça aussi bien que Mick avalait goulûment son goûter gracieusement préparé par Maria la cuisinière, qui ne lésinait pas d’ailleurs sur les mets gourmands du panier repas... ! Car si Enid Blyton s’attardait effectivement sur ces descriptions, c’était - je ne l’appris que plus tard - afin de faire rêver les enfants anglais de 1954 qui à cause de la crise alimentaire avaient faim ! Toujours est-il que je me demandais comment ils parvenaient bel et bien à « reprendre des forces » en mangeant autant tout en restant aussi longilignes que sur les illustrations, de plus en plus attrayantes et fidèles à la réalité par ailleurs au fil des rééditions. La réponse est sans doute qu’ils dépensaient énormément ces forces : dynamiques, leur courage, leur hardiesse et les qualités propres à chacun d’entre eux les rendaient uniques et complets, et excitait mon envie de déjouer moi aussi les tours des méchants, si ce n’est qu’eux au moins avaient la chance de partir à l’aventure des heures durant, et même de camper seuls en montagne, sans qu’aucun parent ne se préoccupe réellement d’eux ! Et ça, cette liberté, faisait aussi partie du rêve.

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    la dernière édition en date
    Les dessins sont moins fidèles à la réalité et rappellent un dessin animé.

    Peut-être enfin Enid Blyton fut-elle reprochée d’être trop stéréotypée, voire sexiste, je trouvais personnellement Claude tout sauf conventionnelle : pas facile de s’affirmer garçon manqué dans les années 40-50 ! De plus, elle a contribué à éveiller mes papilles littéralement -et exactement ! - en nourrissant grandement mon amour pour les livres. Au point même qu’avec le recul je pense qu’une des raisons pour lesquelles ses livres ont toujours tant encouragé les enfants à lire en est la dimension poétique qu’elle donne à la nature, qui nous est peut-être d’autant moins donnée de contempler de nos jours.

    Le Club des Cinq par Enid Blyton, de La Bibliothèque Rose éditée chez Hachette jeunesse. Illustrateurs (français) : Paul Durand puis Paul Gillon et Anne Bozellec puis P. Munch et J. Prunier

    Nina L1 Humanités Sciences de l’Information UFR Langues et Cultures Antiques

    aventures club policier cinq