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    Toute émotion peut être favorable. Elle nous grandit et nous différencie.

    L’enfance, par définition connue de tous, est, me direz-vous, le moment des découvertes, des premières joies. Qui ne se souvient de la fierté dans les yeux émus de ses parents à chaque grande étape de son développement, de l’amour donné sans conditions de la part de ses derniers ? Un univers bien confortable que l’on regrette tous, ne serait-ce qu’un peu d’avoir quitté. Nous en possédons tous et toutes des souvenirs personnels forts, qu’ils soient animés de joie, ou de déception. Mais au delà de cela, l’enfance est un moment de pure construction, c’est elle qui crée notre identité, et qui détermine encore aujourd’hui nombre de nos gestes et décisions. Si ce jour d’hui, je me décide à vous présenter cet album, ce n’est, non pas pour vous en vanter l’univers, ni d’ailleurs pour le décrier, mais parce qu’il dégage une ribambelle d’émotions d’un pouvoir inimaginable pour moi, ma petite personne aux sentiments exacerbés. Mais surtout, je lui dois une nouvelle compréhension de la vie.

    Au revoir, Blaireau est un album d’une tristesse phénoménale. il raconte, sans prétention aucune, la mort tranquille et sereine d’un vieux blaireau. Dès la première page, le ton est donné : « Très vieux, il connaissait presque tout de la vie et savait aussi qu’il devait mourir bientôt. Blaireau n’avait pas peur de la mort. Pour lui, mourir, c’était simplement quitter son corps. » Après sa lecture, je fondis en larmes, mais avec espoir je tournais résolument la page. Notre personnage, prend plaisir à regarder de loin, une dernière fois ses amis, rentre chez lui, et s’endort définitivement. Alors, l’injustice me submergea. Comment peut-on raconter des choses si horribles ? Et pourquoi le blaireau a-t-il accepté sa mort ? Pourquoi ne s’est-il pas battu ? Dans la suite de l’histoire, les amis de Blaireau, inconsolables (tout comme moi), évoquent ensemble des souvenirs qui les déboussolent encore plus. La note d’espoir de l’auteur réside dans le fait que subsiste toujours quelque chose de bénéfique que nous laisse l’être disparu. Ici, les souvenirs, la tristesse, partagés dans un même sens des personnages, les a « rapprochés et unis », comme le dit si bien l’auteur. Mais ce passage, ce papillon d’espoir liant passé et présent, m’avait, à la première lecture, fatalement paru insignifiant.

    Pour comprendre toute l’étendue de ma détresse, il faut bien entendu lier un contexte : la disparition de mon grand-père deux ans auparavant, au cours de ma deuxième année. Plusieurs jours durant, j’entrepris d’essayer de comprendre ce petit blaireau qui détenait tant de sagesse. Je compris que la mort, au delà d’être une fatalité, faisait partie intégrante de la vie. C’est sa signature. J’avais acquis la faculté d’accepter. Puis le temps passe et la tristesse aussi. La mort sublime les derniers instants partagés. Tout ce qui reste, c’est notre façon de penser.

    (GIF)
    Blaireau "distribuant des souvenirs"

    Je recommande pour ce livre, dans tous les cas, un accompagnement de la part d’un parent. Il est préférable d’éviter de laisser l’enfant seul en proie à des questionnements internes qui peuvent se révéler douloureux.

    Magali Bertram, L1 Humanités Sciences de l’Information

    Langues et Cultures Antiques

    Post-scriptum

    VARLEY, Susan. Au revoir, Blaireau. Gallimard jeunesse, 1984. Marie SAINT-DIZIER et Raymond FARRÉ trad.(Folio benjamin). ISBN 978-2-07-054791-3 Titre Original : Badger’s Parting Gift

    VARLEY, Susan. Au revoir, Blaireau. Gallimard, 2005. Marie SAINT-DIZIER et Raymond FARRÉ trad.(Album jeunesse). ISBN 2-07-056199-2 Titre Original : Badger’s Parting Gift

    Prix de la Fondation de France

    Le thème de la mort est l’un des plus dur à aborder avec les enfants. Pour mieux l’évoquer, voir la bibliographie proposée par l’Association Le P.A.S.(Préparation, Accompagnement, Soutien) : un soutien aux enfants face à la maladie et au deuil sur le site