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Sauvé par les éléphants

Hilary Ruben
 
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    L’incroyable aventure d’un jeune berger massaïs secouru par un couple d’éléphants !

    Abonnée de la première heure à Junior loisir, j’avais à l’âge de sept ans, le besoin insatiable de dévorer tout ce qui possédait des pages. Ce livre m’a permis de me sensibiliser à certains faits dont je n’avais pas conscience à l’époque.

    L’auteur, en quelques mots, est née en 1935 à Londres et après des études universitaires en Europe et aux USA, part vivre au Kenya, où la famille de son mari fait partie des premiers pionniers du début du XXème siècle.

    Le livre commence par une petite note de l’auteur, elle y décrit rapidement l’organisation et le mode de vie des villages Massaïs, leurs affections pour leurs troupeaux. Elle y précise que bien que l’histoire de notre jeune héros, Konyek, soit imaginaire, les coutumes, les traditions et les mythes évoqués sont authentiques, de même que les mœurs des deux éléphants qui aident Konyek le sont aussi. D’étranges histoires circulent en Afrique sur ces animaux nous dit-elle, sur leur intelligence, leur gentillesse et leur force, certaines sont aussi surprenantes que celle qui nous est contée. Elle évoque ensuite un sujet qui m’avait particulièrement marquée, celle de la disparition des éléphants par le braconnage. A l’âge de 7- 8 ans, il m’était difficile de concevoir qu’une espèce toute entière, et surtout d’animaux comme l’éléphant, tellement massif, puisse disparaître. Cette réalité m’a très vite rattrapée pour s’imposer comme une évidence.

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    L’histoire s’ouvre sur la naissance de Nuage de Novembre, un jeune veau pour lequel, Konyek, notre héros, ressent instantanément une grande affection. Parmi les bêtes du troupeau dont il a la charge, celui-ci est son préféré. Il souhaite de tout cœur pouvoir prouver son courage pour qu’un jour son père le lui donne. Entre alors en scène, Parmet, un cousin de Konyek un peu plus âgé. Depuis que Parmet est entré dans le groupe des adolescent, il a changé, il est devenu fanfaron et jaloux de Konyek qui est le préféré du grand-père dont la sagacité est réputée, les jeunes filles et garçons plus âgés l’écoutent. Aussi lorsque les deux jeunes garçons se font attaquer alors qu’ils guident leur troupeaux respectifs vers un point d’eau, et que Konyek est blessé en cherchant à protéger Nuage de Novembre, Parmet l’abandonne sur place, le laissant pour mort, s’appropriant son troupeau et les louanges d’avoir ramené en vie toutes les bêtes au village.

    Sauvé par un chasseur Dorobo qui lui rapporte les rumeurs qui circulent sur l’attaque et la pseudo intervention héroïque de son cousin, le jeune garçon, décide alors de partir à la recherche du jeune veau, perdu dans les plaines arides en espérant prouver la vérité à son retour. Au cours de sa quête celui-ci rencontrera un couple d’éléphants qui se comporte avec le jeune veau comme s’il était leur éléphanteau, le sauvant entre autre d’une inondation et d’une attaque de hyènes. La complicité qui se lie entre les animaux et Konyek est vraiment touchante, les paysages décrits sont magnifiques, et les légendes Massaïs contées au gré des rencontres et des évènements sont réellement fascinantes.

    C’est avec ce livre que j’ai compris à quel point il était possible de voyager, littéralement, grâce aux talents du narrateur et qu’il était possible de vivre, tout aussi littéralement, un fragment de la vie de quelqu’un d’autre même si c’est un personnage fictif. Surtout parce que c’est un personnage fictif peut être, mais avec des sentiments réels, comme la colère, la peur et la déception. Nous sommes avec le héros, écoutant avec curiosité les légendes racontées par la grand mère autour du feu, seul et blessé dans la plaine aride, puis furieux et attristé cherchant frénétiquement une preuve qui lui permettrait de ne pas décevoir son père par un comportement prétendument lâche.

    C’est la première fois que je vivais aussi fortement les émotions du héros. J’avais comme lui cette lourdeur dans l’estomac propre à la frustration et l’impuissance que l’on a à prouver la vérité. Mais enfin, la vérité éclate, libératoire et jubilatoire, sous la forme de deux éléphants affolés entrant dans le village. Leur petit, né sous le regard de Konyek, a été blessé, chassé par le même chasseur Dorobo qui avait sauvé le jeune garçon. Acceptant de retirer la flèche, il fait également le récit de son histoire aux anciens du village. On sourit de voir notre héros félicité de son courage et de sa ténacité, deux valeurs qui méritent d’être mises en avant tandis que le menteur est ignoré de la foule. Reconnu par ses semblables, Konyek, qui a bien mûrit, est alors traité comme un jeune homme valeureux. En un mot : magique.

    Hilary Ruben Sauvé par les éléphants Edition Castor de poche- Flammarion. 1991 ISBN 2-08-162161-4

    Evelyne Ghier L2 Japonais, UFR langues romanes, slaves et orientales.