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Mon bel Oranger, de José Mauro de Vasconcelos

Parce qu’on a tous besoin d’un véritable ami...
 
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    Qui n’a jamais eu un ami imaginaire ?

    Et quoi de mieux pour un petit brésilien pauvre qu’un petit pied d’oranges douces pour matérialiser ce besoin enfantin à la fois d’être compris et de se comprendre soi-même ?

    (JPG)
    Couverture du Livre de Poche Jeunesse
    Sur cette image, Zézé, 5 ans, et le petit arbre si cher et magique à ses yeux.

    Un bel oranger donne des oranges, et les oranges, au milieu du XXe siècle en Amérique du Sud, ça paraît très précieux. Aussi précieux qu’un véritable ami et confident. Mais un tel ami n’existe, bien entendu, que dans les rêves. Et des rêves, Zézé, déjà mâture du haut de ses cinq ans, il en a, et beaucoup. Il les partage d’ailleurs avec son petit frère Luis, son petit protégé en qui il perçoit la bonté innée. Pas comme lui, lui qui a pourtant appris tout seul à lire et se montre curieux de tout. Mais Zézé reste un enfant, et la curiosité, dit-on, est un vilain défaut. De plus, Zézé n’est pas toujours très sage...

    Alors Zézé, petit garçon battu mais assez précoce pour s’imprégner inévitablement de tout ce que les adultes ressentent, lui disent ou lui font subir, est parvenu à la conclusion qu’il doit essayer à tout prix de s’améliorer. Car si on dit que Zézé est un petit vaurien, ça veut donc dire que Zézé est méchant. Alors s’il ne reste plus de jouets distribués à Noël aux pauvres, c’est forcément par punition du petit Jésus : « Pourquoi le petit Jésus ne m’aimait-il pas ? Il aimait le bœuf et l’âne de la crèche. Mais moi, non. Il se vengeait parce que j’étais le filleul du diable. Il se vengeait de moi et empêchait mon frère d’avoir un cadeau. Mais Luis ne méritait pas ça, lui, parce que c’était un ange. Les anges du ciel ne pouvaient être plus gentils que lui ».

    Ce livre illustre en effet la transposition de paroles inconsidérées qui, dans la tête de si jeunes enfants, peuvent prendre une dimension insoupçonnée, surtout quand ceux-ci ont le malheur d’être assez sensés pour tout entendre et pour tout comprendre. Car Zézé est peut-être malin, mais pas seulement : il est aussi intelligent, mais de cette intelligence qui parfois se retourne contre vous et est la source de tiraillements, celle qui, s’accompagnant d’une grande sensibilité aux êtres et aux choses, souffre du poids des mots et des actes : et en effet, réalise-t-on vraiment, enfant, adolescent, quand la punition excède la faute commise ? Et cette injustice ressentie néanmoins profondément, conditionne parfois notre façon de voir le monde qui, se révèle plus justement comme il est, c’est à dire injuste. Mais heureusement Zézé s’émerveille et bientôt une rencontre fortuite lui fera découvrir un autre visage du monde de ceux qui ont l’âge de raison, où la bienveillance est réellement possible...

    Un livre chargé d’émotions sincères et fortes qui émanent de tous les sens, du petit Zézé à son petit frère, de Zézé aux grands, des grands à Zézé mais malheureusement parfois à sens unique, et surtout de Zézé au lecteur avec qui il confond ses émotions avec les siennes et qui, en pleurant pour lui, pleure aussi sur lui-même, sur le monde, sur les autres, puis pardonne, et sourit.

    Un livre dédié aux enfants et adolescents incompris et ne se comprenant pas toujours dans leurs relations avec les concepts du bien et du mal imposés par la religion ou par les autres. Poignant.

    © Nina, Humanités-Sciences de l’Informations Licence 1, UFR Langues et Cultures Antiques

    Post-scriptum

    MAURO DE VASCONCELOS, José. Mon bel Oranger. Hachette Jeunesse,

    À partir de 10 ans

    Mots clefs : oranger, pauvreté, Brésil, enfant battu, maltraitance