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La Géante Solitude, de Jo Hoestlandt

 
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    Bien allongé dans le creux de votre oreiller, laissez-vous raconter le monde merveilleux et mélancolique de La géante Solitude. L’entrelacement poétique des mots du texte et l’intelligence des aquarelles s’unissent pour donner la plus grande beauté au personnage. Autour d’elle et dans son coeur gravite tout un monde de délicatesse et de tendresse. La vie de la géante Solitude bascule le jour où sa différence vient à déranger le petit monde des hommes. Rejetée par ceux qu’elle aime et ceux par qui elle se croyait aimée, elle se retrouve désormais seule sur terre, où Dieu est le seul être qui soit aussi grand qu’elle. Commence alors pour la belle un long et douloureux voyage à travers le monde, à la recherche de son identité, de sa place dans la société et d’une certaine idée du bonheur.

    (GIF)

    L’album appelle à la rêverie et à la mélancolie. S’y accordent sans difficulté une réalité dure et triste et des aquarelles intenses, vives et fleuries. Le tout est porté par une prose « enchantée » et des descriptions métaphoriques de paysages et du personnage. Mais que l’on ne s’y trompe pas ! Nous avons affaire ici à un esprit philosophique qui déroule le fil de son histoire pour mieux développer sa réflexion sur la sagesse, la solitude, la quête d’identité et la place dans le monde. La géante solitude s’adresse aux grands rêveurs, aux âmes en quête de messages métaphysiques.

    On peut se demander si l’enfant sera capable d’en décrypter toute la richesse du sens. On peut cependant s’imaginer que l’inconscient puisse être sensibilisé par les messages cachés de cette histoire. Elle offre avant tout une vision du monde à la fois réaliste (on ne se moque pas de l’enfant !) et rassurante pour l’enfant. Malgré les moments tristes de la vie qu’il sera peut-être amené à connaître, malgré les perfidies, les besognes fastidieuses et les rêves brisés, le monde est pourtant beau et les couleurs vives des illustrations nous le rappellent, même aux moments les plus tristes.

    Le fait que la belle géante se sorte par elle-même de sa malheureuse errance pourra donner confiance à l’enfant qui s’identifie au personnage. A l’issue de son aventure, le lecteur réalise qu’il y a toujours eu une présence qui veillait sur elle et que le destin s’est sans doute déroulé comme il le devait. Pour boucler la boucle, comme il se doit dans toute histoire bien conçue, la dernière illustration revient sur une citation d’André Malraux, comme une clé ouvrant sur le sens. « S’il existe une solitude où le solitaire est abandonné, il en existe une où il n’est solitaire que parce que les hommes ne l’ont pas encore rejoint ». A méditer.

    par Marie Ernould, Deust STID, novembre 2004

    Hoestlandt, Jo. La géante solitude. Syros jeunesse, 2001. (Albums jeunesse). 34 p. ISBN 2841469417