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La planète des singes, de Pierre Boulle

 
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    Inversion de la race dominante sur la Terre, et si cela était possible ? Comment réagiriez-vous ?

    Boulle, Pierre. La planète des singes. Edition Pocket, 2008, 192 pages, 108*177 mm. ISBN 978-2-266-11828-6 Prix 3,90€.

    (BMP)

    Pierre Boulle, né en 1912, après avoir obtenu un diplôme d’ingénieur à l’Ecole supérieur d’électricité, il part à l’étranger. En 1941 il s’engage avec les forces Françaises contre l’armée Japonaise en Chine. A la suite de son évasion et retour en France, il commence à écrire, notamment Pont de la rivière Kwaï, inspiré de son aventure en Asie. La planète des singes est un romain de science-fiction parut en 1963. Cette histoire fût adaptée à plusieurs reprises avec plus ou moins de succès. En 1953 son livre Contes de l’absurde est récompensé par le prix de la Nouvelle. Q uelle(s) raison(s) a poussé Pierre Boulle à écrire une telle histoire ?

    En 2500, le professeur Antelle, Arthur Levain, son disciple et jeune physicien, et Ulysse Mérou, journaliste ordinaire se dirige vers une autre galaxie, époque où les voyages spatiaux sont monnaies courantes. Ils arrivent à proximité de Bételgeuse, planète similaire à la Terre. A peine arrivé sur cette nouvelle planète, quelle surprise ne découvrent-ils pas en apercevant une jeune femme avec un comportement animal, et par la suite une battue organisée par des singles, la race dominante. Race dominante ? Oui, ici ce sont les singes qui gouvernent et les Hommes qui sont réduit à l’état d’animal. Que vont faire les protagonistes pour échapper à une pratique qui semble être banale sur cette nouvelle planète ? Analyse d’une société et petite leçon d’humanité s’en suit...

    Critique d’une société et racisme en évidence

    Notre société est-elle bien aboutie ? Est-ce la fin de note évolution ? Sommes nous les maîtres de cette planète jusqu’à la mort de l’Homme ? Voici un exemple de question qu’on peut se poser après avoir lu ce livre. Du début à la fin, nous assistons à une description de notre société actuelle, à la différence qu’elle est gouvernée par des singes, ceux-ci sont identiques à nous du point de vue mentale. Ils parlent, ils sont bipèdes (ou presque) ils réfléchissent, leur société est répartie en classe ils sont doués dans une catégorie spécifique, il y a les orangs-outans, les chimpanzés, et gorilles. Les singes remplacent les hommes, ils sont comme nous. Ils ont plutôt repris notre société avec tous les aspects positifs et négatifs, leur société est une transparence de notre société. Les orangs-outans sont spécialisés dans les domaines de la science et des arts, un contrôle des technologies, les autres attendent les avancés sagement, les gorilles mettent en avant leurs forces brutes, comparables aux pouvoir des politiciens de ce monde, étrange mais pourtant bien réel. L’homme, lui dans tout ceci ? Juste animal, prenons notre monde actuel, et inversons les singes et les hommes, et vous avez le résultat, nous forçons les animaux à rester dans une cage, à être sages devant la horde de personnes qui regardent avec un air bêbête en disant « hoo il est mignon » , à attendre sagement la nourriture, dormir, à subir des expériences d’une cruauté inimaginable, c’est bien cela notre monde, et nous ne sommes pas près d’arrêter, loin de là, chaque jours nous nous enfonçons un peu plus dans cette société que nous pensons idéal, inversons pendant 24h les rôles, et voyons le résultat. La société dans lesquelles les singes évoluent, n’est qu’une pâle copie de la notre, avec les mêmes traits comportementales, quelle joie de se faire prendre en photo avec un animal pour montrer à sa famille ou ses amis, pour les singes, quelle joie de se faire prendre en photo avec un beau spécimen musclés et pas très moche. Super, on vient de réussir un nouveau test psychologique qui chamboule l’animal, mais on s’en fout, nous, les Hommes ont avance dans notre idéal, le singe vient d’en faire autant sur un homme. Ce livre n’est qu’une représentation identique de notre société idéaliste, les protagonistes sont juste différents.

    Nous suivons nos comportements de tous les jours, jalousie, joie d’écraser quelqu’un de plus faible que soit, différence et racisme. Plaçons un homme et un animal, n’importe lequel avec la faculté de penser, apprendre, comprendre, et parler, n’était-ce pas une perspective effrayant pour nous autres avec juste la parole comme atout, sans grande particularité ? Aussitôt l’Homme fait preuve de racisme envers l’autre être aussi doué que lui, il a juste une différence avec nous, son apparence, son niveau intellectuel, ses croyances, son handicap , et c’est bien cela qui choque l’Humain, un blanc, un noir, un jaune, même si nous sommes tous des Etres Humains, nous faisons preuve de racisme. Ce livre lance en avant l’esprit de compréhension d’une autre race douée de la même pensée que nous, essayons de comprendre pourquoi les autres agissent ainsi, et ne réagissons pas sans réfléchir comme le plus grande nombre de personne le fait actuellement. Il a des coutumes différentes, des dieux différents (bien sûr si Dieu existe...), des styles comportementaux différent, et alors ? Il n’en reste pas moins un être doué d’intelligence vivant dans la même société que la notre, il ne vient pas d’une autre planète, il est né sur la même que nous et à vécu sur la même aussi. Le protagoniste de ce livre subit les mêmes brimades qu’on homme fait subir à un être différent de lui, pourtant il essaie de comprendre cette société dans laquelle il est tombé. En ville, il doit être promené en laisse, et ne pas parler, resté nu, pourtant il est aussi doué que les singes de cette planète. C’est un mode de pensé différent qu’il faut adopter, ne pas avoir peur des autres au premier regard car il n’est pas pareil, ne pas avoir la crainte d’être anéantis par une espèce douée de la même capacité que nous. Il faut apprendre à passer d’un état de crainte, à un état de compréhension du prochain, réfléchir et après agir, et non pas l’inverse, voir même pas réfléchir du tout pour un bon nombre d’homme. Ce n’est qu’en apprenant les différences qui nous décrivent que nous pouvons accepter l’autre.

    Un jeune adolescent as peu de chance de comprendre les nombreux messages que Pierre Boule fait passer, peut-être intentionnellement, juste une envie de partir à l’aventure dans un monde similaire au notre avec des rôles inversés ? Ce livre est alors un agréable moment à savourer. Il est possible de lire ce livre sans grande idée qui se dégage. Juste une imagination de plus dans notre tête. Lire ce livre peut aussi être la conséquence d’un état de retour en arrière à l’état animal, celui qui nous guidait autrefois, aucun problème ne nous préoccupait, oui, car nous étions incapables de penser, aucune forme intelligente, juste la loi du plus fort, certes encore aujourd’hui cette loi gouvernent notre société, l’homme est peut-être de cette vie et désire s’abandonner de tout. Ce monde est peut-être meilleur que le notre actuellement, parfois je me dis que les animaux ont bien de la chance. Etre un chien, attendre le retour de son maître, avoir des caresses, avoir à manger, dormir, une vie parfois que l’homme envie, et moi-même parfois. Toute personne prête à partir a l’aventure ou prête à s’abandonner complètement seront ravies de lire ce livre, à la fois simple et plein de sens.

    Ce livre est destiné à un large public d’après moi, je l’ai lu 2 fois, la première remonte au collège en 4ème, il y a 7 ans, à l’époque je le trouvais comme un livre banale, rien d’extraordinaire à part une histoire intéressante, en la relisant un peu plus vieux, on se permet de réfléchir sur soi-même, et avancer mentalement, apprendre à tolérer l’autre qui est différent de moi, et à vouloir évoluer dans un monde choisit, et pas dans un monde où le destin devrait déjà nous être tracé. Autorisons nous cette pensé, « Est ce que tout ce que je fais n’est pas juste une imitation d’une civilisation passée, ou est-ce bien moi qui l’invente ? ».

    Degroote Kévin, Licence Japonais 2ème année, URF etude des langues slaves, romanes et orientales.