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La Grosse, de Marylin Sachs

 
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    Jeff Lyons 17 ans vit avec sa mère et sa soeur Wanda de 14 ans. A l’école il n’arrête pas de se moquer, d’insulter Ellen De Luca la plus grosse fille de l’école qui mange à longueur de journée. Mais Jeff va s’enamourer de cette personne, il va s’en occuper, la façonner, lui redonner confiance en elle. Il en sera fasciné. Mais est-ce vraiment de l’amour ?

    (JPG) Marilyn Sachs est née à New-York, le 18 décembre 1927. Elle s’est occupée pendant une dizaine d’année de la section jeunesse à la bibliothèque municipale de Brooklyn, avant d’occuper les même fonction à San Francisco, où elle vit désormais. Aujourd’hui, Marilyn Sachs se consacre entièrement à son métier d’écrivain. les nombreux livres qu’elle a écrits ont recueilli toutes sortes de récompenses et surtout un franc succès auprès de son public de jeunes lecteurs. Elle écrit entre autre Chien perdu , Une difficile amitié , Le livre de Dorrie ...

    Le mangeur compulsif : entre estime de soi et regard des autres

    La nourriture pour certain est un échappatoire, le seul plaisir face à la déception, l’ennui, la solitude, le regard des autres. C’est l’anti-dépresseur qu’on consomme à longueur de journée en excès. Ce niveau de consommation excessif d’aliment est extrêmement néfaste pour la santé. Elle entraine l’obésité et a fortiori le risque de maladie cardio-vasculaires. Mais les problèmes liés à cette addiction ne sont pas uniquement physique, mais aussi psychologique. Le dégoût de soi-même apparait face à l’obésité, accentué par le regard des autres, les moqueries, qui font qu’on ne s’accepte plus. Estime de soi également fragilisée par les canons de la beauté, qui ne laissent pas de places aux personnes de forte corpulence. S’en suit la déprime et le sentiment d’être en marge de la société. Alors pour se remonter le moral on mange. Et plus on mange, plus on grossit. Et plus on grossit, plus le conflit intérieur augmente. Et plus le conflit intérieur augmente, plus on mange. C’est une boucle difficile à briser qui demande un effort intérieur incroyable et une volonté surprenante, car pour le compulsif, arrêter de manger est comme arrêter de boire pour l’alcoolique. Comme l’alcoolique et ses anonymes, le compulsif a besoin d’anonymes pour le soutenir et lui montrer qu’il n’a pas à se sentir en marge et retrouver l’estime de soi. Car quand on regarde bien, nous sommes tous étonnamment semblables à quelques détails près : quelques centimètres de plus ou de moins, quelques rondeurs ou aspérités de plus ou de moins par-ci par-là. Des broutilles. Nous avons pour la plupart le même nombre de jambes, de bras, une dépliés et étirés nos intestins atteignent approximativement 8 mètres de long. A vrai dire nous avons plus de ressemblances que de dissemblances.

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    L’amour est le moteur de ce roman. Il est à la fois salvateur et destructeur. Ce qui apparait comme de l’amour va rapidement se transformer en paternalisme affectif. La complicité des deux êtres n’est qu’une apparence. L’un donne les ordres, l’autre les suit. L’un crée une oeuvre dont il se fascine, pendant que l’autre se dépersonnifie. Les tensions apparaissent lorsque les initiatives de l’autre viennent troubler la dictature sentimentale, et surtout quand l’oeuvre commence à plaire aux autres. Ce qui ne plait pas au premier qui veut garder son oeuvre rien que pour lui. Le problème c’est que l’oeuvre est vivante, et cette personne ressent les émotions, mais n’as pas le droit de s’exprimer. La personne qui lui a redonner goût à la vie est en même temps en train de la détruire. Alors que faire dans une position aussi délicate ?

    Les conflits familiaux

    Les parents de Jeff sont séparés. Se pose alors la question de la place des enfants dans cette situation. Avec qui doivent-ils vivre ? Qui devrait plutôt être avec qui veulent-ils vivre ? Et comment annoncer à l’un de ses parents qu’on veut vivre avec l’autre, sans faire naître un sentiment de trahison ? L’enfant est placé dans une position délicate et doit faire face à un autre problème : accepter le départ d’un de ses parents. Car le départ apparait comme un abandon et l’enfant doit prendre sur lui pour essayer de comprendre et de ne pas en vouloir à celui qui est parti, de ne pas faire naître la rancune.

    La Grosse développe des thèmes sérieux et d’actualité de façon simple et accessible, sans faire appel aux clichés. Il n’y a pas de réponses véritables aux questions soulevées par le récit, mais ce roman permet au moins d’y réfléchir avec objectivité grâce aux différents points de vue confrontés.

    La Grosse , SACHS Marilyn, traduit de l’anglais par RAUCY Claude, éditions Labor, collection Zone J, 2008, 226 pages, ISBN-13 : 978-2804023195

    Benji DELECOURT L1 HSI