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La Roue du Temps, de Robert Jordan

 
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    La Roue du Temps

    Et tourne la Roue du Temps

    Et passent les Ères successives,

    Laissant leur moisson de souvenirs

    Qui deviennent légendes, puis mythes, puis oubli

    Avant que la roue ramène les Ères

    Fixées sur la trame à leur place éternelle.

    Robert, Jordan. La Roue du Temps 1er tome. Edition Pocket, 2005, 512 pages, 108x177 mm. ISBN 2-266-15823-6 Prix 8,10 euros.

    La saga, La Roue du Temps, est un best-seller de la fantasy écrit par Robert Jordan (de son vrai nom James Olivier Rigney). Il naquit en 1948 en Caroline du Sud. Très tôt dans sa vie, il s’intéressa aux romans d’aventures tel que ceux de Jules Verne ou de Mark Twain. Il commença à écrire ses propres romans à partir de 1977 en passant des romans historiques, aux westerns ou encore aux romans de fantasy. Il a également créé de nouvelles aventures pour Conan après la mort de son créateur, Robert Ervin Howard. La Roue du Temps fut sa plus importante création. Cette saga est constituée de douze volumes, ainsi qu’une nouvelle préliminaire intitulée « New Spring ». De nombreux produits dérivés et répliques d’armes, bijoux, vêtements furent vendues aux fans. Récemment, on peut entendre parler d’une future adaptation cinématographique, sous la forme d’une trilogie, ou encore d’un futur MMORpg de l’œuvre, mais les informations sur le sujet restent peu nombreuses. Quoi qu’il en soit, Robert Jordan n’aura pas la chance de découvrir ce qu’adviendra son œuvre. Il s’est éteint le 16 septembre 2007 atteint de l’amylose, une maladie orpheline rare et grave. Il n’acheva pas sa saga, mais laissa suffisamment d’éléments pour sa finalisation. C’est l’auteur Brandon Sanderson qui fut choisi pour terminer le dernier tome de la série A Memory of Light.

    Trois jeunes villageois, Rand, Mat, Perrin se trouvent un jour arrachés au quotidien paisible de leur village, dans la région reculée des Deux-Rivières et oubliée de l’Andor. Tout commence lorsque arrive deux étrangers qui suscite une certaine agitation dans tout le village. La nuit de leur apparition, le village est victime d’une attaque de la part de créatures que le monde croyait imaginaires. Celles-ci semblent viser trois habitations en particulier : celle de Mat, Perrin et Rand. Avec l’aide des deux étrangers, les trois jeunes gens fuient le village et se mettent en route pour un lieu sûr, tout en essayant d’échapper à leurs poursuivants. Pour quelles raisons sont-ils pourchassés ? Que représentent-ils ? Reverrons-ils un jour leur pays des Deux-Rivières ? Autant de questions que ces trois jeunes villageois cherchent à élucider. Mais ce n’est que le début de leur périple !

    La Roue du Temps : une œuvre classique de la fantasy ?

    En débutant la lecture de la série, on ne peut que faire le rapprochement avec l’œuvre de J.R.R Tolkien, le Seigneur des Anneaux. De jeunes protagonistes, que rien ne laisser à penser qu’ils changeraient le monde grâce à leurs choix et actions, se voient livrés à un monde dangereux et inquiétant qui les dépasse complètement. Mais cette série n’est pas aussi simple à définir que cela. La dimension épique de cet univers va laisser la place à une réalité bien plus complexe par la place prépondérante de la magie, des guerres et des intrigues politiques. De nombreux personnages et organisations vont faire leur apparition avec tous des intérêts différents. Même les personnages de départ vont voir leur personnalité et caractère se modifiés sensiblement. Bien sûr dans La Roue du Temps, on retrouve les conflits communs à toutes série de la fantasy. Le bien contre le mal, les bons contre les méchants, la lumière contre les ténèbres. Mais ici, même si l’opposition entre les deux camps est bien plus développée que dans d’autres séries. On remarque que les parties du « bien » ne font pas forcément front uni face au mal. Chacun n’agit que pour ses propres intérêts, tout le monde tire les ficelles en son sens, convaincus que seule la voie qu’ils suivent est la bonne, ce qui engendre d’avantages de conflits. Ici rien n’est blanc ou noir : une des richesses de la série est de ne pas tomber dans un manichéisme si souvent rencontré en fantasy. La méfiance de l’autre est un des éléments récurrent dans La Roue du Temps et cela se ressent sensiblement dans le comportement et les pensées des nombreux personnages qui interagissent dans l’histoire. Les alliances sont fragiles, les serments n’engagent que ceux qui y croient et la fidélité ne semble être qu’une illusion. Nous sommes très loin du profil type d’une série classique de la fantasy, où l’amitié et l’union des forces du bien permet de triompher du mal. On peut noter cependant qu’une critique revient souvent à propos du rythme de la série, parfois lent, qui peut décourager. Cela dépend de ce que l’on cherche : multiplier les points de vue, même au détriment de l’action, ne fait qu’améliorer la cohérence d’une oeuvre dont c’est un des principaux pilier. Le génie de Jordan est là : il a su allier la complexité des personnages et de leurs sentiments à celle de l’histoire et de son univers, et en faire quelque chose de cohérent et d’intéressant à tous les points de vue.

    La Roue du Temps : une œuvre moraliste ?

    Robert Jordan n’a pas simplement cherché à plonger ses lecteurs dans un univers extraordinaire sans aucun rapport avec notre monde actuel. Comme dans les contes, il s’est amusé à introduire des morales ou à exposer des sujets à réflexions dans son récit. L’auteur utilise ses personnages pour combattre certaines pensées réelles qui existent également dans notre monde. Comme par exemple, les préjugés. Jordan, de par le discours de son personnage Elias, condamne les préjugés liés aux Tuatha’ans. Ce sont typiquement les préjugés que nous colportons aujourd’hui sur les Gitans. Le lien Tuatha’ans/Gitans est d’ailleurs souligné par leur mode vestimentaire ainsi que leur mode de vie. L’idée de justice et de vengeance est également très présente dans La Roue du Temps. Lorsque Egwene est libérée par Nynaeve et Elayne de sa Sul’dam, elle veux se venger en faisant subir à celle-ci toutes les souffrances qu’elle a dû endurer mais Nynaeve l’en empêche. Elle l’empêche de s’abaisser à devenir à son tour tortionnaire : " C’est juste de les détester, Egwene. Très juste. Elles l’ont mérité. Mais ce n’est pas bien de les laisser te transformer en ce qu’elles sont." Quelques lignes plus loin, il est plus précisément question de justice : " Rand tuerait quiconque aurait commis une chose pareille ", dit Elayne. Elle parut se cuirasser le coeur. " Je suis sûr qu’il n’hésiterait pas. - Peut-être le méritent-elles, déclara Nynaeve, et peut-être qu’il les exécuterait, mais les hommes prennent souvent la mort pour la justice." Ce plaidoyer anti-peine de mort est un des thèmes clef de la série. On peut souligner d’autres réflexions que l’auteur a incrustées dans son récit, comme la démocratie ou encore le choix de la non-violence mais c’est au lecteur de les révéler et de s’interroger.

    La Roue du Temps : un univers riche en références ?

    La richesse du monde créé par Robert Jordan se traduit par de nombreux événements scénaristiques mais également par d’innombrables éléments qui créent la toile de fond de cet univers (pays, peuple, histoire, etc.). Il n’est donc pas étonnant de retrouver des rappels à des références mythiques déjà existantes que l’auteur s’est amusé à introduire dans son récit. Parmi ces nombreuses références, plus ou moins évidentes à repérer, la plus visible reste celle de la légende du Roi Arthur. On peut d’ores et déjà faire le rapprochement entre les noms des personnages de Robert Jordan et ceux du mythe arthurien. Pour donner quelques exemples, le personnage d’Elayne à un nom qui ressemble quasiment à celui de Elaine (qui est la femme de Lancelot). On retrouve aussi un personnage nommé Galaad, qui se comporte de façon très similaire au chevalier de la légende du roi Arthur. Les noms des villes du monde de la Roue du Temps sont également des rappels clairs. Tar’Valon n’est autre que l’Avalon arthurienne. Ce sont deux endroits envoûtants qui abritent des êtres magiques. On peut également remarquer des similitudes tant au niveau scénaristique que conceptuel. Pour ne citer qu’un exemple, Le Dragon est l’emblème de Rand tout comme il était celui d’Arthur (on en retrouve des traces d’ailleurs dans la culture gaëlique, comme le prouve le drapeau du Pays de Galles dont le dernier prince indépendant se nommait Llywelyn... presque Lews Therin...). Cela montre combien les références sont importantes dans la Roue du Temps. La série regorge de clins d’œil. Ils participent à l’impression de puissance créatrice que dégage cette œuvre.

    La Roue du Temps : une route vers l’évasion ?

    Grâce à son imagination débordante et à la qualité du travail de fond fourni pour donner vie à son monde. Robert Jordan fait plonger son lecteur dans le monde de la fantasy grâce à une intrigue bien construite qui gagne en puissance au fil des pages. Les scènes d’actions, les descriptions des lieux, les personnages que l’on voit évoluer au fil du temps permettent au lecteur de s’immerger de plus en plus et les enjeux, qu’a su créer l’auteur, font que l’on ne s’arrête plus avant la fin et qu’on en redemande ! Je recommande La Roue du Temps à tout lecteur, jeune et moins jeune, en mal d’évasion et de rêve mais également à ceux qui cherchent un récit bien construit et qui aiment s’attarder sur les détails et les références qui jalonnent l’aventure et aussi bien sûr aux fans invétérés du royaume de la fantasy ! Je finirais par la présentation que l’auteur fait lui même de sa série : "Imaginez un monde qui n’a jamais existé. Imaginez la fin du XVIIème siècle, alors que la poudre à canon est un secret d’une Guilde des Illuminateurs. Imaginez la Terre du Milieu de Tolkien sans Elfes, sans dragons, sans hobbits, mais avec ses peuples qui grandissent et évoluent réellement. Imaginez un monde détruit il y a 3000 ans par un homme qui canalisait le Pouvoir Unique. Imaginez un monde où pendant 3000 ans, la pire chose qu’on pouvait imaginer était un homme canalisant le Pouvoir Unique, touchant la partie Mâle de la Vraie Source. Car il aurait été destiné à la folie, et à la mort. Avant de mourir il aurait été un fou pouvant canaliser le Pouvoir Unique qui fait tourner la Roue du Temps qui dirige l’Univers. Ainsi, de tels hommes ont été pourchassés et abattus pendant 3000 ans. La prophétie annonce que le Ténébreux va se libérer et s’abattre sur le monde. Le Ténébreux exilé par le Créateur lors de la Création. La prophétie dit qu’un enfant va naître pour affronter le Ténébreux lors de la Dernière Bataille. Cet enfant, cet homme, pourra canaliser, et devra affronter le même destin que ces hommes. La prophétie annonce qu’il va sauver le monde et le détruire. Ceci est le début. Ceci vous prépare à la lecture de la Roue du Temps." Maintenant, il ne tient qu’à vous d’ouvrir la porte de ce monde fantastique !

    Debersee Benjamin ; L2 Japonais ; Ufr Langues romanes, slaves et orientales