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Double meurtre à l’abbaye, de Jacqueline Mirande

 
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    L’histoire se déroule au XIIe siècle au cœur de l’abbaye de Hautefage. La mise en scène nous plonge directement dans la vie quotidienne du Moyen Age. C’est dans cette période de temps agités que l’on découvre un pèlerin de Saint Jacques de Compostelle assassiné dans l’enceinte même de l’abbaye, considérée comme un lieu de paix et de recueillement.

    On retrouve dans ce roman policier deux thèmes majeurs, la vie quotidienne au Moyen Age incluant les mœurs de l’époque, et le mystère de l’action incluant l’enquête.

    Nous nous intéresserons à la portée que peut avoir l’ouvrage de Jacqueline Mirande sur un adolescent. Nous y verrons les différents thèmes abordés, l’impact qu’ils ont sur le lecteur et nous les critiquerons.

    Le premier des thèmes abordés, comme nous l’avons dit précédemment est le déroulement de la vie quotidienne et des mœurs au Moyen Age. En effet on retrouve des détails de vie partout dans le roman. Le lecteur est informé sur les catégories sociales et ce qu’impliquait l’appartenance à l’une plutôt qu’à l’autre de ces catégories. En ce qui concerne l’exemple du mariage chez les nobles, il est illustré par le mariage arrangé entre Agnès de Montal et Géraud. A la mort de ce dernier, il est immédiatement remplacé par son frère Raymond. Le choix de la personne n’a aucune importance, ce qui compte ce sont les familles et ce qu’elles apportent. Le Moyen Age est souvent décrit comme un temps d’incertitude, à tors ou à raison, mais dans ce roman ce qui permet de faire ressentir cette ambiance générale est le contexte historique : la guerre entre les différents rois, les promesses de fidélité à l’un plutôt qu’à l’autre et les conséquences qui en découlent. Cette situation est illustrée par un parallélisme entre les deux cousins, Raymond et Guy. Le premier, Raymond, occupe la place de celui qui a réussi non pas par ses propres efforts, mais par ceux de son défunt père. En effet il avait prêté allégeance au roi qui s’est avéré être vainqueur. Sa famille a donc pu profiter de certains privilèges. Il se retrouve donc en position de pouvoir, il est l’héritier de sa famille et est promis à un mariage qui renforcera encore bien plus sa position. De l’autre coté Guy est tout l’inverse de son cousin. Son père avait fait vœu de servir un roi qui sera par la suite perdant, entraînant la déchéance de la famille et la perte de tous leurs biens alors que Guy venait tout juste d’être adoubé. A la mort de son père Guy n’a donc plus rien et est obligé d’errer dans les tournois pour survivre ou de partir en croisade. Les deux cousins sont également mis en opposition dans le sens ou l’un représente la droiture et l’honneur qu’apporte l’état de chevalier et l’autre est démasqué en tant que félon et meurtrier. L’histoire se termine donc bien puisque le coupable est puni et que le vrai héros est récompensé mais on peut toute fois douter de la crédibilité et de la vraisemblance. En effet on se retrouve face à un schéma qui est le bien vainqueur sur le mal et ou tout est clair et distinct ce qui n’est pas très réaliste. Ce n’était probablement pas toujours le cas au Moyen Age qui est qualifié à plusieurs reprises dans le livre de « temps incertain ». On peut remarquer également que toutes les classes sociales sont illustrées ; le clergé par entre autre le père Abbé Arnould et le frère Jérôme, la noblesse par Hugues de Merle et Raymond, et le Tiers État par Thomas le Rouge et Jean l’Oiselet. La soumission du Tiers-État est clairement mise en valeur. Ce qui permet aux lecteurs de prendre conscience de la réalité des faits à travers des exemples concrets de la vie quotidienne.

    Le second thème dans lequel est plongé le lecteur est celui du mystère de l’action et de l’enquête. En effet le mystère du meurtre du pèlerin se pose dès le premier chapitre. Qui l’a tué ? Pourquoi ? Était-ce vraiment un pèlerin ? Et pourquoi le porter jusqu’aux portes de l’abbaye ? L’histoire du double meurtre est bien cousue mais aucun indice n’est donné tout au long du récit. Aucun élément permettant d’envisager la solution de l’énigme n’est communiqué au lecteur. Il s’agit entre autre de faire allusion à l’épisode de chasse dans lequel est mort le frère aîné de Raymond. Le récit n’avance que par les différents rebondissements ce qui empêche tout amusement dans la recherche du criminel et n’encourage pas le lecteur. De plus, même si le premier chapitre à une valeur d’incipit, le fait de faire intervenir tous les personnages en même temps risque de déboussoler le lecteur. Il risque de les mélanger et de ne plus savoir qui ils sont.

    Pour conclure, nous pouvons dire que ce roman policier est bien construit et qu’il s’appuie sur des bases solides concernant la vie au Moyen Age. Cependant, la lecture de cette œuvre ne parait pas évidente à cause du manque d’indice qui peut freiner considérablement le lecteur et parfois même le décourager dans sa progression. C’est pour cette raison je conseillerai ce livre seulement à des lecteurs entraînés et se situant dans une tranche d’âge commençant à treize ans et non pas onze comme il est indiqué sur la couverture du livre.

    Johanna PICCOLI, L1 Langue et Culture étrangère Italienne

    Post-scriptum

    Jacqueline Mirande Double meurtre à l’abbaye Policier, castor poche Flammarion, Manchecourt France 2002. 128 p. ISBN 2-08-164456-8

    Documents

    Couverture de " double meurtre à l’abbaye", 21 décembre 2008, JPG 5.5 ko, 97 x 133 pixels
    Jacqueline Mirande Double meurtre à l’abbaye Policier, castor poche Flammarion, Manchecourt France 2002 128 pages, ISBN 2-08-164456-8