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On n’est pas sérieux quand on a 17 ans, de Barbara Samson

La vie d’une adolescente amoureuse
 
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    Publié en 1994 aux éditions Laffont Fixot, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans est une œuvre autobiographique qui nous retrace l’adolescence bouleversante de Barbara SAMSON, jeune fille anorexique et en mal de vivre. Cette histoire constitue un parallèle entre le quotidien mouvementé d’une adolescente et la découverte d’un terrible fléau mondial...
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    Témoignage émouvant d’une adolescente amoureuse..

    SAMSON Barbara. On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. Editions Laffont Fixot, 1994. 239pages, 14x21.8 cm

    Barbara, dix-sept ans, adolescente, anorexique et en mal de vivre. Transférée dans un centre médical afin de l’aider à manger, elle croise le regard d’Antony. Dès lors, c’est le coup de foudre. Entre les contraintes de l’hôpital, le refus de manger, les problèmes familiaux, il est là, présenté comme son seul refuge. Aussi naïve qu’amoureuse, elle se donne à lui et leur amour devient alors fusionnel jusqu’au jour où ce qu’elle découvre va bouleverser toute sa vie...

    Barbara SAMSON n’a pas écrit un roman pour écrire un roman mais bel et bien pour nous sensibiliser. Elle réussit à nous raconter sa jeunesse telle qu’elle l’a ressentie c’est à dire aussi touchante que bouleversante. Entre les problèmes d’ados, le premier amour et ses conséquences, elle réussit à évoquer un thème majeur, irréversible pour elle : le SIDA et le monde de la séropositivité. On peut donc regrouper les thèmes du roman en trois thèmes principaux.

    " On n’est pas sérieux quand on a 17 ans. "

    Les problèmes d’adolescence sont le thème le plus évoqué de ce livre car Barbara SAMSON nous raconte principalement sa jeunesse de ses rêves de toute jeune fille (le fantasme du prince charmant à douze ans) jusqu’à la veille de ses vingt ans. Qui dit adolescence dit un corps qui change. Notre auteur l’a bien compris et réussit à nous montrer à quel point il peut être difficile de s’accepter surtout quand aux changements déjà pesants, vient s’ajouter le problème de l’anorexie. Cette maladie est aujourd’hui de plus en plus présente chez nos adolescentes. Ces jeunes filles qui veulent maigrir pour être plus belles sont le contraire de Barbara car si elle hait son corps, c’est bien pour sa maigreur. Le fait d’être anorexique et de se sentir mal dans sa peau provoque un mal être qui parfois pousse à l’envie de mourir. Là encore, Barbara Samson touche dans le mille car le nombre d’adolescents qui souhaitent se donner la mort pour un mal être pesant est élevé. Parlons de l’amour maintenant. L’adolescence c’est la période où on souhaite avoir son indépendance vis à vis des parents ce qui provoque bien souvent des conflits. Une fois de plus, ce thème est évoqué dans le livre et bien souvent lorsque Barbara est associé à sa famille, il n’est pas question d’amour mais plutôt de tensions. Qui dit amour chez l’adolescent dit également coup de foudre pour le sexe opposé... Il est vrai que l’amour est au centre de nos préoccupations, de nos discussions d’ados aussi bien chez les filles que chez les garçons. La peur de la première fois, de la découverte du sexe opposé au choix du partenaire ("le bon" comme elle dit), des idées reçues au moment vécu, tout est dans le livre. C’est pour aider le lecteur à s’identifier à l’histoire que ces thèmes sont aussi bien évoqués car Barbara l’a bien compris, c’est rarement vers ses parents que l’on se tourne pour parler d’amour et encore moins de sexe. C’est avec l’aide du personnage d’Antony que ces thèmes sont évoqués. C’est avec lui qu’elle connaîtra le coup de foudre, la première fois avec un garçon, son premier amour en quelque sorte mais également son dernier car c’est lui qui lui transmettra le virus du sida...

    " Maintenant, nous deux, c’est à la vie à la mort. "

    Définitivement liée à lui par la maladie mais aussi par l’amour, Barbara l’a suivi jusqu’en bas de la France quand il a été renvoyé de l’hôpital. L’amour rend aveugle comme on dit. Elle été amoureuse, elle s’est donné à lui mais elle lui a également donné sa vie. Il avait vingt-huit ans, elle en avait dix sept. Ils ont eu des rapports non protégés, elle ignorait sa maladie, il la lui a transmise. Elle était jeune, elle ignorait les protections à adopter pour les relations sexuelles et elle ignorait tout de cette maladie. Cette histoire, vraie, est écrite dans le but de sensibiliser les ados sur les dangers du VIH, de les mettre en garde que personne n’est à l’abri et que quand on a le virus en nous, c’est pour la vie. Antony, elle l’a rencontré au centre médical. Lorsque les médecins découvrirent leurs relations, il fut renvoyé et elle mise au courant. Par amour, elle le suivra à Aix, puis à Marseille, là où il vivait avant d’être transféré dans ce centre. Marseille c’est le lieu de son passé de drogué. En suivant Antony, elle sera donc en contact avec ce milieu mais elle découvrira le vrai garçon : celui qui se drogue, qui fait des overdoses, qui est en manque, qui est violent, qui fréquente les dealers et les prisons. Cette histoire peut paraître exagérée mais elle est véridique et c’est dans le but de prévenir les ados que Barbara SAMSON a décidé de nous la raconter. Elle veut nous faire comprendre qu’il faut toujours connaître une personne avant de se lancer dans une histoire car on ne connaît pas forcément son passé. Aussi touchant et violent qu’il soit, ce témoignage est efficace pour nous sensibiliser sur les dangers de la maladie et le milieu de la drogue également car c’est par le sang que l’on peut être contaminé par le SIDA.

    " Il se savait séropositif, mais par négligence ou peur de me perdre, il ne m’a rien dit. Ce fut ma première et ma dernière grande histoire d’amour. "

    A partir de sa prise de conscience, tout s’accélère. Prise de sang, dépistage etc. deviennent le nouveau quotidien de Barbara où Antony n’a désormais plus sa place mais où sa famille le remplace. Il est difficile, rappelons le, lorsque l’on est adolescent d’accepter son corps mais quand on est ado et que l’on est séropositif, c’est encore autre chose. Dès la réponse positive à la prise de sang, c’est un grand changement qui s’opère en Barbara : elle entre en phase d’acceptation. Elle se pose des questions car elle est peu documentée, elle a peur. Puis elle réagit, elle décide de témoigner. D’abord dans des lycées pour prévenir les ados puis à la télévision lors du sidaction de 1993 où elle prononce la phrase qui restera gravée dans toutes les mémoires : "Ce fut ma première et ma dernière grande histoire d’amour.". Barbara devient alors une jeune femme plus positive et plus heureuse laissant derrière elle un homme qui lui a "transmis la mort". Ce livre est également un moyen pour Barbara de sensibiliser les gens en racontant son histoire pour prévenir des dangers du SIDA et de la mauvaise ou le manque de documentation que les gens peuvent parfois avoir. Ce n’est pas une honte de se documenter (car elle le faisait en cachette), de se tenir au courant au contraire c’est quelque chose que l’on encourage à faire car qui dit sensibilisé dit plus attentif aux risques.

    On n’est pas sérieux quand on a 17 ans est un livre que je conseillerai fortement. Il est à la fois bouleversant, émouvant mais il peut aussi être choquant car se lamenter n’est pas tout il faut aussi heurter le lecteur pour le sensibiliser sur les risques qu’il court s’il n’est pas documenté sur cette maladie. Prévenir est également son but pour toutes les jeunes filles qui tombent amoureuses et qui parfois se plient aux volontés de leurs copains par peur de les perdre, un peu comme Barbara. Ce roman est fort d’autant plus que c’est une histoire vraie ce qui nous rend encore plus conscient que le virus du VIH est partout et ne frappe pas au hasard...

    Site de l’AIDES pour lutter contre le VIH

    RAPISARDA Julie

    L1 Lce Italien

    UFR Langues slaves, romanes et orientales