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Deux grenouilles, de Christopher Wormell

 
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    Mots-clés

    Au beau milieu d’un étang, deux grenouilles sur une feuille de Nénuphar, discutent à propos d’un bâton que l’une d’elle tient en main. La grenouille se moque de sa copine et ne comprend pas pourquoi son amie est munie d’un bâton. Pourtant, la suite des événements montrera que le bâton n’est pas si inutile...
    (JPG)
    © Kaléidoscope, 2003

    Messages

    Le message que l’on comprend après la lecture de cet album est qu’il faut toujours se prémunir en cas de danger, car il peut arriver n’importe quand, surtout au moment où on s’y attend le moins. En effet, ce n’est pas parce qu’il ne se passe jamais rien qu’il ne peut pas arriver quelque chose . D’où le proverbe : « Mieux vaut prévenir que guérir ». L’auteur, à travers la métaphore personnalisée par les deux grenouilles, veut faire comprendre au lecteur qu’il faut toujours anticiper le danger quelle que soit la situation. En effet, pour illustrer ses propos, il nous présente deux grenouilles, donc deux points de vue différents : d’un côté une grenouille qui est sur ses gardes et de l’autre une qui se moque de sa copine.

    Il y a une confrontation de ces deux points de vue : l’une, avertie, qui prend ses précautions, en effet elle se prémunit d’un bâton parce qu’elle a peur qu’un chien ne vienne la manger ; l’autre, insouciante, qui préfère se moquer en disant : « Mais aucun chien n’est jamais venu nager dans cet étang ». Cependant la grenouille a quand même conscience du danger puisqu’elle dit : « Tu risques plus de te faire manger par un brochet ou un héron que par un chien ». Il y a deux degrés différents en ce qui concerne la conscience du danger : l’une qui anticipe le danger venant de l’extérieur, l’autre, qui prévoit le danger propice dans le milieu dans lequel elle se trouve.

    La grenouille qui tient un bâton est celle qui met en garde la seconde, par laquelle le danger arrive car : «  Elle riait tant et tant qu’ elle tomba dans l’étang », c’est l’élément déclencheur car : « le brochet entendit le plouf de la grenouille et s’apprêtait à engloutir les deux grenouilles... quand un héron les happa dans son long bec. ». C’est parce que la deuxième grenouille a ri qu’elle est tombée à l’eau et qu’elle s’est retrouvée confronter au danger. Heureusement nos deux grenouilles réussissent à s’échapper grâce au bâton, et ainsi elles « manquèrent le champion de javelot qui ce matin là faisait le tour de l ’étang avec son chien... ».

    Si les deux grenouilles n’avaient pas été confrontées au brochet et au héron, en effet, elles auraient rencontré le chien. Donc dans tous les cas le bâton leur aura été utile. Il n’y avait pas lieu de se moquer de la grenouille qui tenait le bâton. Ce n’était donc pas inutile d’ être trop prudent.

    Cet album est une fiction dont le message délivré par l’auteur est un peu comme une mise en garde d’une mère à son enfant : « Si tu ne fais pas attention, il pourrait t’arriver malheur ». On peut penser que la grenouille qui tient le bâton est le reflet de la crainte enfantine et du repli sur soi : elle a peur mais c’est à bon escient

    En effet cette histoire peut représenter le reflet de l’imagination de l’enfant qui aurait peur de faire les choses à cause du danger. Son côté insouciant est représenté par l’une des deux grenouilles et son coté préventif par l’autre. L’enfant pourrait se dire : « si j’agis que va -t-il se passer ? ». Alors il reste paralysé sur son nénuphar avec son bâton. Et il aura raison. Mais c’est un raisonnement en boucle car quoiqu’il fera il y aura toujours du danger. L’important est sa capacité à l’évaluer.

    Relations texte/images

    Les images illustrent l’histoire au fur et à mesure : tout d’abord, premier plan, l’illustration d’ un lac qui paraît immense, avec deux petites grenouilles au milieu, puis le plan se rapproche et se focalise sur les deux grenouilles, à l’image suivante, elle sont en gros plan tout le temps que va durer leur conversation. Il y a un agrandissement des deux grenouilles. Les gestes que font les grenouilles en parlant donne de la vie au texte, on a vraiment l’impression que ces grenouilles existent. Première péripétie : la grenouille tombe à l’eau et l’on aperçoit le brochet, qui paraît immense avec son énorme mâchoire Et là, c’est la panique, le brochet ouvre en grand sa mâchoire mais, deuxième péripétie, le héron arrive et « happe les deux grenouilles dans son long bec », le héron semble grand comparé aux deux petites grenouilles qui paraissent inoffensives Il y a donc un respect des proportions. Puis, les grenouilles parviennent à s’échapper grâce au bâton, elles retournent dans leur milieu naturel à côté du lac, à la recherche de bâtons. Et ainsi, « elles manquèrent le champion de javelot qui ce matin là faisait le tour de l’étang avec son chien ». Ainsi se termine l’histoire, avec la vision de l’étang et la silhouette en arrière plan du champion de javelot avec son chien. On aperçoit au premier plan la balle qu’il vient de lancer et à la toute dernière page, là où sont indiquées les références bibliographiques, il y a un petit dessin où l’on voit le brochet la balle dans sa mâchoire, ce qui note une pointe d’humour.

    L’image tire vers le réel puisque les grenouilles existent, mais aussi vers l’imaginaire puisque l’auteur fait parler les grenouilles. Il y a un respect de la perspective puisque les grenouilles quand elles sont seules paraissent grandes, mais quand elles sont confrontées au brochet ou au héron, elles semblent être toute petites. L’illustration reste dominante par rapport au texte qui se situe dans une bordure blanche en bas de chaque page. L’image suit le déroulement du texte. La prioritéest donnée à l’image : le lecteur voit l’image et quand il lit le texte, il comprend la situation . L’image détermine l’action.

    Modalités narratives

    Toute l’action se passe autour des deux grenouilles. Il y a la rencontre avec le brochet, puis, par substitution, avec le héron qui chasse le brochet. Et aussi La présence du bâton qui est un élément essentiel dans l’histoire. Le point de vue du récit est celui des grenouilles puisqu’elles conversent ensemble. Le point de vue du narrateur s’adresse au lecteur, puisque par son récit, il raconte l’histoire.

    l’enfant-témoin

    L’attraction des images qui souligne l’expression des personnages, nous plonge dans un autre univers, en effet le lecteur se fond dans l’image, c’est comme si il était présent avec les personnages, en témoin.

    Le titre Deux grenouilles est le reflet de l’album. Les différentes péripéties auxquelles sont confrontées les grenouilles chasse la tranquillité dans laquelle la scène se déroule.

    Aussi le lecteur sera à la fois captivé par les images mais aussi par le déroulement des actions.Quand il refermera le livre, il aura l’impression d’avoir été le témoin de ce qu’ont vécu les grenouilles.

    Le langage

    C’est un texte narratif, on retrouve l’introduction typique des contes : « Il était une fois... ». C’est aussi un texte qui aborde un genre conversationnel, puisqu’il fait parler les personnages. Il adopte la fonction référentielle, en effet l’auteur n’emmet pas de jugement personnel, il reste objectif.

    On retrouve l’expression employée par l’une des deux grenouilles : « Mieux vaut prévenir que mourir » qui fait une référence au proverbe « Mieux vaut prévenir que guérir ». On retrouve aussi la fonction métalinguistique quand l’auteur apporte une précision sur le chien entre parenthèses : « (qui est un excellent nageur) ».

    L’emploi du mot « plouf » donne une sonorité au texte.

    Les illustrations réalisés à l’acrylique, avec des couleurs chaudes qui peignent le réel sont divisées en deux : la grenouille de droite et la grenouille de gauche au dessous desquelles il y a leur discours dans le même ordre. Mais au moment où se déroulent les péripéties, il y a en chaque fin de phrases des points de suspension qui donnent du suspense au fur et à mesure que l’on tourne les pages.

    Marlène Callaert

    Deust 2 Métiers des bibliothèques et de la Documentation

    Post-scriptum

    WORMELL, Christopher. Deux grenouilles. Kaléidoscope, 2003. -1vol. (non paginé). Trad.de Two Frogs. ISBN 2-87767-379-0

    De 4 à 6 ans Mots-clefs : aventure, humour, peur, poésie, grenouille

    L’auteur

    Christopher Wormell, auteur-illustrateur est né en 1955 à Gainsborough. Il est le fils d’un peintre paysagiste. Il a quité l’école à l’âge de 18 ans pour se consacrer à la peinture et à l’illustration. Il commence à publier en 1983, et participe à plusieurs expositions. Il obtient le prix graphique à la foire du livre de jeuness de Bologne, en 1991.

    Il est l’auteur de plusieurs ouvrages illustrés comme Crocs, griffes et cornes. Je compte sur les animaux. Et Moi j’aime. Il a illustré l’album Un, deux, trois poussins de Kate Green.

    Pour aller plus loin...

    L’auteur sur ricochet-jeunes.org

    Lien de la maison d’édition editions-kaleidoscope.com

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    http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3 ?id_article=1058