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SNOOPY : la vie vue par un chien

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    J’ai toujours voulu laisser une trace personnelle de ma vie, parce que une jeune fille m’a dit un jour que le temps passe, arrache tout sur son passage, et cette idée m’effraie... J’entreprends alors de réaliser un jour un documentaire. Rédiger mes aventures me semble obsolète sachant que l’on a pu les lire... Un documentaire est bien plus plaisant, ludique... Mais en attendant les caméras, les metteurs en scène et toutes les informations nécessaires, voici le résumé de la trame de mon film...

    La première partie portera sur un « flashback récapitulatif » et aura pour thème : L’homme à qui je dois la vie. L’utilisation du noir et blanc est requis. Pendant que des photos défileront, je parlerai :

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    Mon père.

    J’ai bien connu un homme, admirable, Charles M. Schulz, mon père, né en 1922. Il venait du Minnesota. D’après ses dires, il dessinait déjà beaucoup dans sa jeunesse et a postulé dans plusieurs revues (parfois même catholiques comme Timeless Topix, si mes souvenirs sont bons), afin d’y publier ce qu’on appelle des strips.

    (Un documentaliste prendra le relais pour les détails) Un comic strips est une bande dessinée très courtes, de quelques cases, phénomène qui a vu le jour aux Etats-Unis. Elles sont publiées dans la presse quotidienne.

    Je reprends : Il portait le surnom de Sparky. Il m’a raconté que ce n’était pas vraiment facile tous les jours, il était mal payé et la position de son strip n’avait pas une position avantageuse. Il a voulu changer et c’est en fait en 1950 qu’il est contacté par le United Features Syndicate, revue aimait son strip nommé Li’l Folks, dont les personnages étaient une ébauche de mes frères et sœurs. Ensuite, mon père a proposé un nouveau strip pour ce même magazine, c’est ainsi que je naquis, en 1950...

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    Lil’ Folks, on peut voir à quel point les deux enfants ressemblent à mes « amis » qui me martyrisent sans cesse...

    Mais ma naissance ne fut pas de tout repos. Il parait qu’il y a eu un conflit concernant le nom du comic. L’United Features Syndicate a préféré publier le nom de « Peanuts », cacahuètes, plutôt que Good Ol’ Charlie Brown, « Vieux bon Charlie Brown » qu’avait choisi mon père. Il était vraiment énervé, j’ai revu une interview dans lequel il disait que ce nom enlevait toute dignité... C’est lorsque j’eus deux ans que notre histoire décolla. Dès janvier 1952, notre premier livre fut édité, et mon père avait une demi page de journal consacrée à la rédaction de nos aventures. On dénombre 2506 strip. Par la suite, il recevra deux le Reuben Awards (à deux ans d’intervalle, très convoité), sera nommé Dessinateur de l’année par une université prestigieuse (l’université Yale), puis quatre Emmy Award, deux Peabody Award, et recevra même la médaille du Commandeur des Arts et des Lettres, et ce par Jack Lang lui-même (1990). Même un musée à son nom sera ouvert... Mon père a eu un grand succès, son talent fut reconnu à la hauteur de mes espérances. Hélas, le 12 février 2000, il décède de maladie, le dernier strip fut publié le 3 janvier 2000.

    Repenser à mon père me rend nostalgique... C’est grâce à son éducation que je suis ici à présent. Mais je n’ai pas toujours eu cette apparence... Voici alors la seconde partie qui est consacrée à mes amis ainsi que leur évolution et la mienne.

    (La couleur est insérée à partir de ce moment).

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    Moi et mon refus de rester un simple chien.

    Je parle, je parle, mais qui suis-je ? Un peu tout à vrai dire... Alligator, serpent, grand écrivain, scout, kangourou, aviateur, joueur de hockey et de base-ball, astronaute (j‘insiste !, je suis le premier chien à avoir marché sur la lune !), chauve-souris, héros de la Première Guerre Mondiale et même philosophe... Sinon, on dit souvent de moi que je suis un beagle. Ce que j’aime par-dessus tout est dormir sur le toit de ma belle niche, discuter avec mon ami l’oiseau Woodstock... J’ai souvent entendu dire que j’étais un « philosophe »... Je sais que j’ai parfois un sale caractère, et que mes réactions sont démesurées, mais je ne peux pas m’en empêcher... Je porte toujours mon collier rouge que je fais laver régulièrement...

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    Les personnages les plus importants
    de droite à gauche : Charlie, Lucy, Linus et Woodstock

    Concernant mon entourage principal, j’ai ce que je considère comme un jumeau (c’est le seul qui est avec moi depuis le début), il s’appelle Charlie Brown. Il est profondément nul au base-ball, il est maladroit, « molli molla » (merci à Lucy pour cette qualification, je n’aurais pas trouvé mieux...), toujours inquiet et ne sait même pas faire voler un cerf-volant... Woodstock (apparu en 1967) est mon meilleur ami, l’oiseau jaune. Il parle une langue bizarre mais j’aime beaucoup parler avec lui et ses amis, avec qui je vais souvent me promener. Dès fois, il me sert de secrétaire. Il ne sait pas voler mais je l’aime beaucoup. Il y a aussi Schroeder (né le 30 mai 1951), le pianiste ne sachant même pas parler mais qui faut preuve d’une passion psychorigide pour Beethoven... Et AAAAUUGGHH !!!! LUCY VAN PELT  ! La pire peste (vit le jour le 3 mars 1952) dotée d’une mauvaise foi sans précédent qui puisse exister ! Et elle ne sait même pas compter !!! En plus, elle ose se prendre pour un psychiatre, faisait payer ses consultations... (C’est un secret mais elle est amoureuse de Schroeder, c’est Woodstock qui me l’a dit). Son frère, Linus (né six mois après sa sœur) ne peut pas tenir debout... J’ai une fois entendu dire de lui que c’est un « étrange névrosé attachant ». Il y eut Shermy, Patty et Violette mais je ne les connais pas beaucoup si ce n‘est leurs caractères sympathiques et lisses, ils se sont vite « effacés » face aux fortes pensées de mes autres compagnons... Mais nous n’avons pas toujours été comme ca... Nous avons évolué. Avant, Charlie Brown était beaucoup plus vif et farceur, Lucy était moins odieuse, cynique et autoritaire que maintenant... Quant à moi, je ne parlais pas... Et oui ! J’étais même tenu en laisse (vous imaginez ?! Quelle horreur !!). J’étais sage, espiègle, ce qui n’a rien à voir avec mes nombreux coups de pied donnés pour réclamer ma pâtée... Concernant l’évolution de nos corps, mon père a eu plusieurs stades. Au départ, les « humains » n’étaient représentés que par de grosses têtes rondes, un petit corps et des lignes épaisses. Dès 1954, son style gagne en expression et en mouvement. Les dessins des onomatopées sont plus définis, les gestes sont moins raides. La tête de Charlie est plus accrochée, proportionnée à son corps plus souple, la mèche de Lucy s’agrandit, et sa coupe de cheveux s’épanouit. En ce qui me concerne, j’ai eu les pattes antérieures allongées, mon museau s’est allongé, et arrondi, de même que mes oreilles, et je parais de plus en plus expressif. Je ne suis plus le « petit toutou mignon » (bien heureusement !!).

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    L’évolution flagrande...

    Comme les présentations sont faites, je vais, en cette troisième et dernière partie, parler de notre succès, et en évoquer la raison...

    On peut dénombrer 25 albums à l’italienne, 1500 titres à travers le monde. En France la série a d’abord été publiée dans FRANCE-SOIR. L’exploitation de la série est ensuite passée en format poche (chez Dupuis puis Gallimard et enfin Presse-Pocket). Une collection est en train de sortir : Snoopy Et Les Peanuts, en trois livres, dans lesquels seront imprimés tous les strips. Nous sommes apparus de nombreuses fois sous forme d’animé, au départ pour une publicité de voiture, en 1961, puis après à la télévision. Les publicités ont continué et on peut nous trouver sur des paquets de céréales, des aspirateurs, des appareils photos, des restaurants, d’autres voitures (plus précisément pour la marque Ford)... Il y a même eu des adaptations théâtrales. Et les produits dérivés !!... Il y en a une quantité infinie !! Cela passe par des coloriages (17 millions de livres de coloriages pour enfants ont été vendus), les peluches (parfois immenses comme à Universal Studio Japan, où on peut même nous trouver sur des chars énormes), des porte-clefs, des bijoux, des vêtements, des figurines, des bonbons et autres sucreries, des « quartiers » de parc d’attraction portant mon nom, et bien sur tous les cahiers, stylos, crayons, mallettes, coussins et parures de lit...

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    Quel succès !!

    On peut se poser la question suivante : « Pourquoi 50 ans après, nous avons toujours autant de succès ? ». J’ai beaucoup réfléchi sur la question (oui, mon père m’a doté d’une capacité intellectuelle philosophique...), et je pense que nous ne représentons pas une simple bande dessinée pour enfants. Déjà, ce sont les enfants qui sont les héros, et jamais les adultes n’apparaissent, et ce, comme l’a dit mon père, « je ne voulais pas interrompre le flot de ce qui se disait ou faisait. Voilà pourquoi il n’y a pas de place pour les adultes  ». Malgré cela, chaque adulte qui se plonge dans une des aventures se rend compte que le contenu est on ne peut plus mature. Toutes nos disputes, nos bêtises et nos caprices reflètent les existences propres de l’Homme. Certaines questions d’enfants précoces trouveront des réponses avec humour dans nos aventures. C’est pour cela que, Papa, d’où tu es, je te remercie en le nom de tous les Peanuts, ou devrais-je dire, de toute la bande de Good Ol’ Charlie Brown, et te dédis cet humble documentaire.

    Liens :

    * Tous les personnages * Le musée de mon Papa * Site officiel des Peanuts * Pour ceux qui veulent se détendre...

    Sarah ISHII L2 Japonais UFR Langues Romanes, Slaves et Orientales.