Site littérature jeunesse de lille 3

SCHTROUMPFEMENT inédit !

Échange entre deux mondes...
 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Nous avons déniché pour vous un traducteur expérimenté dans le langage schtroumpf ! Voici son interview unique avec le plus respecté des Schtroumpfs : le Grand Schtroumpf en personne !
    (JPG)
    (JPG)
    Notre interviewé.

    M.B. : Quel honneur d’enfin vous rencontrer, sage et renommé Grand Schtroumpf ! Et merci de nous consacrer ces quelques instants afin de mieux éclairer nos lecteurs sur votre vie, votre parcours, et tout ce qui fait de vous votre originalité.

    Grand Schtroumpf : C’est tout naturel. Mais j’avoue avoir longuement hésité avant de me lancer dans cette aventure. Je côtoie assez peu les humains. L’expérience, et le peu de fois où je les ai rencontrés, m’a permis d’en différencier deux sortes très distinctes : ceux très accueillants, avec qui j’aime échanger volontiers et avec qui, l’entraide mutuelle est de mise - comme mon ami et collègue de génie, l’enchanteur Homnibus - et ceux, qui ont des caractéristiques typiques et prolongés à l’excès des défauts humains - tel notre éternel ennemi, le sorcier Gargamel. Cependant, après réflexion, je crois en l’échange positif que peut apporter la meilleure connaissance de nos deux espèces. Les Schtroumpfs ont encore beaucoup à apprendre au monde. J’ai foi en mon petit peuple !

    (JPG)
    Un jour festif

    M.B. : Justement, et si vous vous présentiez à nos lecteurs, vous et vos sujets ?

    G.S. : Mes sujets ? Chez les Schtroumpfs personne n’est au service de personne. L’entraide seule règne. Enfin, la plupart du temps... Elle nous paraît toute naturelle. Pour en revenir à votre question, je suis le doyen de mon village, et c’est pourquoi mes petits Schtroumpfs me respectent autant. À croire que je suis vieux ! Pff ! Je n’ai eu que 542 ans au printemps dernier ! C’est donc en partie dû à mon âge et à mes conseils avisés, que vous, humains, pouvez me considérer comme le chef du village. Vous pouvez me reconnaître à ma barbe blanche et à mes vêtements rouges. En alchimiste expérimenté, j’essaie de sauver mes protégés de nombreux périls. Malheureusement l’alchimie ne résout pas tous les problèmes et il faut parfois savoir faire preuve de ruse et utiliser l’aide des adjuvants. Le peuple Schtroumpf, pour vous le présenter, est composé de petits êtres totalement bleus, habillés d’une culotte blanche et d’un bonnet tout aussi pâle. Par rapport aux humains, notre taille peut paraître minime, mais elle nous suffit amplement. Pour voir le monde, une grande taille, peut vite donner le vertige et faire tourner les têtes. De plus, notre hauteur nous permet d’inoubliables voyages en cigognes. Vous n’en feriez pas autant !

    (JPG)
    Des vacances éternelles...

    M.B. : Euh... Bon. Et comment êtes vous nés ?

    G.S. : En réalité, notre père se nomme Pierre Calliford. Il est d’origine britannique de par son père. Il est né à Bruxelles en 1928. Son neveu, encore incapable de prononcer « Pierrot », le surnomma Peyo. D’où son nom de plume... Il effectue des études primaires et secondaires au collège Saint-Louis de Bruxelles qu’il abandonne à l’âge de 16 ans, du fait de la Seconde Guerre mondiale. Jusqu’à la Libération, il est assistant-projectionniste dans une salle de cinéma puis il passe quelques mois à l’école des Beaux-Arts de la capitale belge. Mais cet enseignement ne lui convient apparemment pas car étant plutôt attiré par le dessin humoristique et la caricature il finit par travailler ensuite en 1945 comme "gouacheur" à la CBA (studio de dessins animés) où il rencontre ceux qui deviendront des maîtres de la BD et ses amis : Franquin (Gaston Lagaffe), Morris (Lucky Luke) et Paape (Marc Dacier). Malheureusement, ce studio fait faillite et Peyo s’oriente alors vers la publicité. Après un an de dessin publicitaire, Peyo débute dans la bande dessinée en réalisant un essai dans La Dernière Heure , puis dans Le Soir. Puis, en 1947, la symbiose d’une passion débordante pour le Moyen-Age et d’un humour poétique teinté de fantaisie tend à la réalisation de Johan, mon frère aîné, jeune page fidèle à son roi. Parallèlement, il anime Pied-Tendre (le petit indien dans Mowgli), la revue des louveteaux belges, et produit quelques dessins humoristiques dans divers quotidiens. Après quelques essais dans différents médias dont Moustique, mon père Peyo entre chez Spirou en 1952. En 1954, Le Lutin du Bois aux Roches vous révèle l’existence de Pirlouit, garnement facétieux, râleur, paresseux et gourmand, personnage comique irremplaçable, qui devient le compagnon de Johan et que j’apprécie beaucoup. Leurs aventures, illustrations pittoresques de la vie quotidienne au Moyen-Age, s’orientent rapidement vers l’univers fantastique et magique des légendes nordiques hantées par les grimoires, les sources des Dieux, les forêts mystérieuses et les lutins malicieux.

    M.B. : Ah ! C’est là que vous apparaissez...

    G.S. : En effet, c’est dans ce contexte, qu’un soir, lors d’un repas, Peyo a demandé une salière à Franquin : « Passe moi le ... schtroumpf ! », la conversation se poursuivit alors en schtroumpf. C’est donc là que l’idée de notre naissance a germé. D’ailleurs, si vous ne le savez pas, sachez que le mot « schtroumpf » se prononce presque comme le mot allemand « Strumpf » dont l’équivalent français est « chaussette ». Les Schtroumpfs se nommant Schlümpfe en langue germanique et le nom de la danse Smurf venant directement des Schtroumpfs en anglais, nous pouvons dire que nous sommes aujourd’hui reconnus mondialement. Les premières personnes à nous rencontrer sont Johan et Pirlouit dans La flûte à six trous, prébubliés dans le Journal de Spirou en 1958, et qui donnera dans sa version en album La flûte à six Schtroumpfs . Dans celui-ci, Johan et Pirlouit, avec l’aide de mon ami, l’enchanteur Homnibus réussirent à entrer dans mon village. En effet, on ne peut se retrouver chez nous - dans notre sublime village rempli de maisons en formes de champignons - que si l’on est invité par l’un des nôtres. Les héros de l’album ont paru assez surpris de découvrir notre existence, je ne vois vraiment pas pourquoi ! Ils ont même été étonnés de découvrir la centaine d’années de mes petits Schtroumpfs. Je sais bien que ces derniers sont jeunes, mais quand même : tout le monde l’est un jour ! Nous rencontrerons de nouveau les deux compères dans l’épisode intitulé Le pays Maudit, puis, dans : La guerre des sept fontaines, Le sortilège de Maltrochu, La horde des corbeaux et La Nuit des Sorciers. Enfin, en 1959, nous avons vécu nos propres aventures dans Spirou, d’abord sous la forme de sept mini récits, puis nous sont apparus dans des histoires complètes.

    M.B. : Cela fait donc 55 ans que nous avons le privilège de lire vos aventures ! Mais avez-vous beaucoup évolué ou êtes vous restés les mêmes, intarissables malgré les années ?

    G.S. : Bien sûr que nous avons évolué ! Depuis les esquisses jusqu’à aujourd’hui, nos traits ont changé, se sont modifiés. Nous avons pris du poids et notre garde-robe à elle aussi légèrement changé de forme. Nos bonnets, par exemple, sont passés de simple coiffe de lutin, à un chapeau caractéristique des schtroumpfs. Nous avons acquis des formes plus enfantines, plus douces, et plus enclines à montrer nos sentiments, paraissant de ce fait plus sympathiques à nos lecteurs.

    (JPG)
    Des débuts...
    (JPG)
    ...à maintenant.

    D’autres choses se sont améliorées, tel notre cadre de vie. Nous vivons en effet, dans un village au milieu d’une forêt, dans une contrée appelée Le pays Maudit, situé en Europe. Lors de nos premières apparitions dans les albums de Johan et Pirlouit, le village se situe au milieu d’arbres nus et sombres, mais dès le premier de nos albums, il s’étoffe, se fait plus accueillant, jusqu’à devenir un paradis romantique à l’orée d’une forêt. Le plan du Pays Maudit est donné dans le premier de nos album, c’est à dire, Les Schtroumpfs noirs, où le village figure, par exemple, assez loin de la forêt ; mais ce dernier fut très vite modifié pour évolué au grès des aventures. Vous avez peut être également remarqué que notre taille varie par rapport à la nature environnant le village selon la fantaisie de Peyo.

    M.B. : Certains de nos lecteurs se montrent très sceptiques quand à votre existence et de ce fait refusent de vous lire. D’autres vous acceptent tels que vous êtes mais se posent néanmoins certaines questions sur vous. Pouvez vous nous dire : Pourquoi êtes vous bleus ? Et comment parvenez vous à vous reproduire ?

    G.S. : Moi ! Pas exactement. Ma science n’est pas de cet ordre. Etant immortels, nous les Schtroumpfs, je n’ai nulle connaissance sur notre anatomie. Et cela ne me dérange pas le moins du monde, étant donné, de peut d’utilisation que je pourrais en faire. Ma curiosité sur le monde n’est pas de cet ordre. Par contre, il existe certaines théories humaines pour expliquer scientifiquement, de la façon la plus réaliste possible, la création totalement imaginaire de mon père. On peut donc voir certaines de ces théories sur http://furelaud.free.fr/.Site où l’on prouve de façon totalement rationnelle que les Schtroumpfs adoptent une coloration bleue car, tout simplement, ils ont le sang bleu. Puis, on en arrive même à expliquer notre reproduction tout à fait problématique pour vous, humains, sous la forme d’un schémas de ce type :

    (JPG)
    Reproduction théorique des Schtroumpfs.

    Si les Schtroumpfs semblent à nos lecteurs hors de toute réalité, ainsi que totalement dénoués d’une quelconque logique, je ne peux que leur conseiller d’élargir encore un peu plus leur ouverture d’esprit en consultant ce site, tout en espérant que j’aurais aiguisé suffisamment leur curiosité.

    M.B. : Bien. Et du fait que tous les Schtroumpfs se ressemblent, comment parvenez vous à vous retrouvez ?

    G.S : Tous les Schtroumpfs se ressemblent ? Mais pas du tout ! Nous sommes très différentiables. Il est vrai que pour vous, grands êtres très attachés à l’apparence, notre physique doit sembler si semblable. Mais en réalité, nous n’apercevons en nous plus qu’une simple image, nous allons bien au delà de cela. Nous voyons le caractère, l’attitude, tout ce qui est en rapport avec le soi intérieur. De plus, nous ne sommes qu’une communauté composée d’une centaine de Schtroumpfs, alors à force de vivre ensemble depuis quelque 51 ans, nous nous connaissons dans les moindres détails. Il est vrai qu’au départ, la tenue des miens était rigoureusement similaire, moi seul me différenciait par mon vêtement rouge. Puis, au fur et à mesure du déroulement de nos aventures, nous avons pris du caractère, et certains d’entre nous se sont même entichés de certains accessoires qui font aujourd’hui leurs caractéristiques, tels la fleur ou le miroir du Schtroumpf coquet. Pour que nos lecteurs s’y retrouvent un peu plus voici une liste non exhaustive des Schtroumpfs qui font leur apparition dans nos albums , et ce, dans leur ordre de découverte au grand public :

    -  Le Grand Schtroumpf (moi, en l’occurrence)
    -  Le Schtroumpf à Lunettes (le moralisateur, un peu malmené)
    -  Le Schtroumpf Volant (souhaite voler de ses propres ailes)
    -  Le Schtroumpf Coquet (porte un miroir et une fleur)
    -  Le Schtroumpfissime (Schtroumpf ayant l’ambition de devenir roi)
    -  Le Schtroumpf Grognon (doit son comportement désagréable à avoir été piqué par la mouche « Bzz »)
    -  Le Schtroumpf Costaud (le plus fort des Schtroumpfs)
    -  Le Schtroumpf Farceur (sa spécialité est d’offrir des cadeaux explosifs)
    -  Le Schtroumpf Gourmand (il a toujours faim)
    -  Le Schtroumpf Paresseux (son loisir : la sieste)

    (JPG)
    L’amour déclaré

    -  Le Schtroumpf Musicien (il joue toujours faux)
    -  La Schtroumpfette (premier personnage féminin, elle est crée par Gargamel, tous les Schtroumpfs en sont amoureux)
    -  Le Schtroumpf Poète (porte une plume, un parchemin, et un répertoire de rimes)
    -  Le Schtroumpf Bricoleur (l’inventeur du village, ainsi que forgeron et ingénieur)
    -  Le Schtroumpf Bêta (confond les mots qui se ressemblent fortement)
    -  Le Centième Schtroumpf ou Schtroumpf inversé (reflet vivant du Schtroumpf coquet)
    -  Le Cosmoschtroumpf (veut explorer l’espace)
    -  Le Schtroumpf Paysan (cultive tous les champs)
    -  Le Schtroumpf Sculpteur
    -  L’Apprenti Schtroumpf (fasciné par la magie)
    -  Le Schtroumpf Frileux ( une écharpe autour du coup, le nez qui coule)
    -  Le Schtroumpf Cuisinier
    -  Le Schtroumpf Chétif
    -  Le Schtroumpf Amoureux
    -  Le Schtroumpf Prétentieux

    (JPG)
    Notre protégé

    -  Le Bébé Schtroumpf (apporté par une cigogne, destiné à devenir un jour chef des Schtroumpfs, il possède déjà certains pouvoirs magiques)
    -  Sassette (créée magiquement)
    -  Le Schtroumpf Colérique
    -  Le Schtroumpf Mollasson
    -  Le Schtroumpf Nature
    -  Le Schtroumpf Bûcheron
    -  Le Schtroumpf Tailleur
    -  Le Schtroumpf Tailleur
    -  Le Schtroumpf Peintre
    -  Le Schtroumpf Boulanger
    -  Le Schtroumpf Meunier
    -  Le Schtroumpf Menuisier
    -  Le Schtroumpf Maladroit
    -  Le Schtroumpf Mineur (n’aime malgré son métier pas l’or)
    -  Le Schtroumpf Timide

    (JPG)
    Encore jeunes !

    -  Le Schtroumpf Robot (créé par le Schtroumpf bricoleur)
    -  Le Schtroumpf Financier (veut introduire le système monétaire)
    -  Le Vieux vieux Schtroumpf (personnage de dessin animé)
    -  La Mémé Schtroumpf (personnage de dessin animé)
    -  Le Schtroumpf Potier

    Schtroumpfs créés après la mort de Peyo :

    -  Le Schtroumpf Docteur
    -  Le Schtroumpf Sauvage
    -  Le Schtroumpf Reporter
    -  Le Schtroumpf Joueur

    M.B : Et que pensez vous de votre évolution ? Aujourd’hui, pouvez vous dire que vous avez votre place dans le monde contemporain ?

    G.S. : Je le pense et je l’espère. Le succès de nos personnages a été si florissant que mon créateur dû créé son propre studio et s’entourer d’un solide équipe. Des millions de produits dérivés ainsi que de multiples dessins animés nous mettent en scène envahissent la planète dès 1983. À la suite de ce succès, Peyo a mis sa famille à contribution : sa fille Véronique se charge de la direction du merchandising et son fils Thierry supervise la production du studio Peyo. En 1989, Peyo fonde sa propre société d’édition nommée Cartoon Création, et cette maison lance le magasine Schtroumpf. Malheureusement, en 1992, Peyo est mort, victime d’un arrêt cardiaque. Mais les Schtroumpfs n’ont jamais été aussi populaires. Les valeurs qui nous habitent, qu’elles soient morales ou que ce soient celles du respect sont indémodables, et le monde en aura, à mon sens, toujours besoin. De plus, nous sommes énormément en contact avec la nature, nous l’apprécions et la respectons. Dans la situation écologique mondiale actuelle, et les humains commençant à en prendre conscience, notre message ne peut être que positif et plutôt bien pris. Je pense qu’un retour à des valeurs plus simples est ce qu’attendent nombre de personnes aujourd’hui. D’ailleurs, notre image a servi lors de la célébration de nos 50 ans, à une vente aux enchères dont les bénéfices sont revenus à l’UNICEF. Mais nous servons aussi à faire passer des messages plus personnels, par exemple d’ordre politique. En effet, le dessinateur Plantu a croqué Nicolas Sarkozy, au lendemain de son élection à la présidence de la République, sous les traits d’un Schtroumpf appelé « Schtroumpf Ier » (en référence au Schtroumpfissime). Donc oui, je pense que les Schtroumpfs ont encore nombre de messages à faire passer.

    (JPG)
    en harmonie avec la nature.

    M.B. : Avez vous des anecdotes à partager avec nos lecteurs ?

    G.S. : Je peux vous dire que le nom de Gargamel, le maléfique sorcier qui veut nous capturer afin d’obtenir le pierre philosophale, vient de Gargamelle, la mère du Gargantua créée par Rabelais. Je sais, de plus, que le personnage préféré de Peyo était le Schtroumpf Grognon, du fait de sa grande franchise. Étonnant n’est-ce pas ?

    M.B. : Bien. Merci de nous avoir accordé un peu de votre temps. Je vous souhaite de vivre heureux et longtemps encore préservés dans votre lieu féerique.

    G.S. : Cela a été un véritable plaisir. Mais sachez que c’est vous, lecteurs, qui nous faites vivre de par vos envies. Nous, nous ne recréons qu’une utopie dans laquelle vous pouvez vous réfugier et puisez à votre guise et je suis fier que Lllle 3 Jeunesse s’intéresse à nous pour transmettre nos messages aux jeunes lecteurs...

    (JPG)

    Propos recueillis par Magali BERTRAM, HSI L1, UFR de Langues et Cultures Antiques, mars 2009

    Énumération des albums des Schtroumphs