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Mais où est donc Ornicar ? , de Gérald STEHR et Willi GLASAUER (ill.)

"Mais dans quel groupe placer Ornicar l’ornithorynque ? "
 
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    Vous l’aurez sûrement deviné, l’intention narrative première est à visée éducative. Et pourtant bien loin de nos conjonctions de coordination, il s’agit là d’une introduction à la biologie, qui amène l’enfant à se préoccuper de la faune qui l’entoure. Et ce but est annoncé dès la page du titre, où l’on retrouve placé en sous-titre : "Initiation aux mystères de la classification des êtres vivants." ainsi qu’en quatrième de couverture avec cette périphrase joliment descriptive de l’oeuvre : "Une histoire tendre pour comprendre la classification des êtres vivants."
    (GIF)
    Couverture de 2000

    L’auteur, Gérald Stehr nous fait vivre la rentrée de classe du petit Ornicar l’ornithorynque, qui sera riche en émotions. La maîtresse pour faciliter le travail en classe, décide de classer les élèves. Mais à la surprise générale, le nouvel élève Ornicar, bien qu’ayant beaucoup de points communs avec ses camarades, ne peut se classer nulle part. C’est sous l’image d’une telle scène qu’est présentée la classification des êtres vivants. Chacune des catégories ayant ses caractéristiques propres, il est possible de faire des groupes. Gérald Stehr pousse plus loin encore la pédagogie en ajoutant à la fin de l’album une petite leçon d’une page accompagnée d’un schéma simplifié de cette leçon scientifique. Sans oublier que l’on y retrouve l’ornithorynque sur lequel de nombreuses informations sont données... De quoi rendre, grâce à ces explications, nos petits lecteurs incollables sur le sujet.

    Mais, revenons à notre ami Ornicar. Le pauvre petit quant à lui, semble ne trouver sa place dans aucun des groupes de sa classe. « Mais où est donc Ornicar ? Il est vraiment à part. » se dit la maîtresse. Et lui-même le ressent bien. Au-delà d’un simple outil éducatif ludique, on se rend compte alors qu’en toile de fond, une véritable leçon de tolérance et de respect domine l’album. Et aucun doute que là encore, l’auteur a atteint son but. Ainsi, sa dédicace prouve cette intention : « A mon frère Richard, qui est vraiment à part comme Ornicar mais à part entière dans mon coeur. »

    La personnification des animaux et de leur situation (rappelons tout de même qu’ils sont élèves, et qu’un éléphant en classe, par exemple, se fait rare de nos jours) permet de donner à ce conte une finalité morale, le respect et l’acceptation de la différence, qui font des êtres rares, s’ils sont aimés, des êtres exceptionnels.

    L’illustrateur,Willi Glasauer, semble rester fidèle aux deux messages énoncés dans le texte. La place tenue par les images montre l’importance de ses illustrations dans la portée des leçons(environ un de texte écrit en gros caractères, le reste nétant que de l’image). Il appuie ainsi la portée pédagogique qui porte sur la classification des êtres vivants : par exemple, en écho au schéma et à la leçon de biologie finale se trouve, placée en introduction à l’histoire, une grande illustration de deux pages, reprenant les personnages de l’histoire placés selon les règles de la science, sur un gigantesque arbre. Plus généralement, on peut remarquer au premier coup d’oeil l’importance du détail et du réalisme présente dans ses dessins, dans lesquels on reconnaîtra surement aussi l’intention de rester le plus proche possible de l’image naturelle de nos compères les animaux. Mais, selon mon opinion, là où son art devient excellence, c’est que tout en respectant la vraisemblance animale des personnages, il parvient à leur attribuer des expressions humaines, comme un sourire, ou encore des larmes perpétuant ainsi la morale à échelle purement humaine, de la différence, et des émotions qu’elle peut entrainer..

    Ainsi pour le régal des yeux et des oreilles d’abord, je conseillerais ce livre sans modération, que tous en usent et en abusent à volonté ! Car pour petits et grands, un peu de bon sens et de savoir, le temps d’une récréation dans la journée, font de celui qui les croit inutiles un être parfait. En rappel ou en leçon, cette histoire vaut plus d’un fromage, sans aucun doute.

    Pour aller plus loin : http://membres.lycos.fr/chinchillomania/classification/index.htm

    Références bibliographiques :

    Gérald STEHR et Willi Glasauer(ill.). Mais où est donc Ornicar ?. Paris : L’école de loisirs. 2000. 32p : ill. en coul.(Collection Archimède) ISBN : 2.211.06383.7

    C.SEGUIN Ufr E.R.S.O.

    Mots-clés : biologie / éducation / faune / différence / école / tolérance / respect / camaraderie