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PETER PAN : confessions à Wendy

 
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    "Deuxième à droite et tout droit jusqu’au matin." Ces paroles je les ai prononcées chaque fois que je vous emmenais au pays imaginaire, celui où les enfants ne grandissent jamais. Mais comme certains le savent de leur expérience, "tous les enfants grandissent.Tous, sauf un." Tu m’as reconnu ? Eh oui, je suis bien Peter Pan ! Je suis de retour chez ma maman Wendy, celle que je n’ai pas vue depuis des années maintenant. Me voilà à sa fenêtre comme avant. Comme elle a changé ! C’est devenue une adulte, elle ne pourra malheureusement plus me suivre. Elle me fait signe d’entrer.

    Peter Pan ou la naissance d’un éternel enfant

    WENDY : Bonsoir Peter. Je ne m’attendais plus à te voir près d’ici. Tu n’as pas changé. Je te connaissais étant enfant, mais maintenant que je suis adulte, j’aimerais en savoir plus sur ton côté caché, Peter. Dévoile moi tes secrets, comment es tu né sur le papier ? Qui t’as créé ? Raconte nous ton histoire.

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    James Matthew Barrie, l’auteur de Peter Pan

    PETER : Mon père, celui qui m’a créé est James Matthew Barrie, un écossais né en 1860 et célèbre pour avoir écrit mon histoire. Il était le neuvième enfant de la famille. Sa maman a eu un fils auquel elle a consacré tout son amour, David. Quand il est mort à treize ans, mon papa a tout donné pour la consoler. C’est peut être à cause de cette histoire que la mienne a pris vie. Je vous explique : il y a des adultes qui étudient mon histoire et j’ai entendu dire que la maman de mon papa était satisfaite que David reste à jamais un enfant et donc mon papa y a trouvé son inspiration. Mais moi ce dont je suis sûr, c’est que ce n’est pas de cette anecdote que je suis né mais plutôt de celle qui arrive. Après son divorce (et oui vous voyez, il y a des choses qui sont toujours au goût du jour) mon papa était intimement lié à une dame qui s’appellait Sylvia Llewelyn Davies. Celle ci était la maman des enfants qui ont inspiré mon histoire à mon papa. Après la mort de leur mère, il les a adopté. c’est ainsi que, entre autre, Peter, John et Michael sont devenus ses fils (ces noms ne vous rappellent-ils pas des enfants ?). Mon papa de papier est mort en 1937.

    WENDY : Peter, continue ton histoire, quand es-tu paru pour la première fois et comment ?

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    Couverture d’une édition de 1915 de Peter Pan

    PETER : Alors Wendy, revenons en à mon histoire. Elle est parue pour la toute première fois sur le papier dans un roman de 1902 qui s’appelait The little white bird (ou Le petit oiseau blanc qui existe maintenant en français 100 ans après que mon papa l’ait publié !). De ce livre a été créé une pièce de théâtre qui fut à mon nom Peter Pan or the little boy who wouldn’t grow up et qui a été jouée pour la première fois en 1904. En 1906, on a extrait mon histoire du premier roman pour en faire un livre à part : Peter Pan in Kensington Gardens(d’où ma célèbre statue dans ces jardins). C’est enfin en 1911 que mon père, inspiré de la pièce, a donné naissance à mon roman qui s’appelle Peter and Wendy plus connu sous le nom de Peter Pan. Je vais t’en raconter un passage.

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    La statue de Peter Pan aux jardins Kensington de Londres

    WENDY : Non Peter, je la connais l’histoire tu n’as pas besoin de la raconter

    PETER : Si, Wendy, car tu es devenue adulte et j’ai besoin d’une autre maman pour te remplacer au pays imaginaire. Il faut bien que quelqu’un sache ce qui s’est passé pour avoir envie de venir.

    WENDY (les yeux pleins d’étoiles) : Tu as raison Peter, raconte notre histoire...

    L’histoire d’un enfant au pays imaginaire

    PETER : L’histoire commence un vendredi soir alors que M et Mme Darling se préparent à sortir. Comme tous les vendredi soir, Mme Darling borde ses enfants et entend parler de moi, Peter Pan. Intriguée, elle questionne sa fille Wendy sur ce Peter. C’est ainsi qu’elle lui raconte mon histoire, le pays imaginaire... Un soir, Mme Darling entend du bruit dans la chambre des enfants et elle me voit dans les airs. Elle se jette sur moi mais ne réussit à attraper que mon ombre car je me sauve. Le lendemain, je reviens récupérer ce qui m’appartient et c’est ainsi que j’emmène Wendy et ses deux frères, Michael et John, au pays imaginaire. Alors qu’ils sont à leurs occupations, les enfants perdus et Wendy sont surpris par le capitaine Crochet qui les capture et les emprisonne sur le Jolly-Roger, son bateau. En me réveillant, Clochette me raconte l’histoire et je vais au bateau pour vous sauver. C’est en tendant un piège à Crochet que je réussis à le tuer et à vous délivrer. Le temps des adieu est alors arrivé. Vous rentrez chez vous et c’est alors que tu demandes à ta maman et ton papa de tous nous adopter, les garçons perdus et moi. Ils acceptent et moi, comme vous pouvez le deviner, je refuse parce que je ne veux pas grandir. Quand je reviens te chercher pour le nettoyage de printemps un an plus tard comme tu me l’as promis, tu es devenue plus grande. Puis, par la suite, je ne viens plus une fois par an mais tous les deux ans jusqu’au jour où je te trouve âgée de plus de vingt ans, mariée. Ce jour là je trouve également une petite fille dans son lit, ta fille que j’emmène avec moi et qui devient ma nouvelle maman.

    WENDY : Elle est si belle notre histoire Peter ! Parle moi de toi, j’aimerais en savoir un peu plus !

    Une histoire à plusieurs visages

    PETER : D’accord Wendy ! Alors commençons par mon prénom : "Peter", c’est le troisième fils de Sylvia, l’amie de mon père et "Pan" fait référence à la mythologie grecque, c’est le Dieu de la Nature. J’ai ce rapport avec la nature dans mon histoire car si je quitte Neverland, le pays imaginaire, la nature meurt et tout ce qui l’entoure car c’est moi qui fait vivre cet endroit. Je n’éprouve pas d’amour, pas de compassion en fait je ne suis pas capable d’éprouver des sentiments forts. Je n’arrive pas à séparer le jeu de la vie réelle. Je suis rêveur mais je ne suis pas capable de me souvenir. Je suis aussi un garçon cruel d’où ce petit air narquois sur mes lèvres. Cruel pour le tord que j’ai causé à mon ennemi Crochet (qui porte ce nom grâce ou plutôt à cause de moi). Mon papa m’a plutôt bien décrit : "joyeux, innocents et sans-cœur."

    WENDY : Mais Peter, je trouve que sur certains traits de caractère tu ressembles un peu à Crochet, ton ennemi...

    PETER : Tu as sans doute raison Wendy. Même s’il ne me reste que de vagues souvenirs de lui maintenant qu’il est mort, c’est vrai qu’on était un peu pareils lui et moi. On se craint tous les deux mais sans lui ce serait différent, il a une place entière dans cette histoire. En fait on représente un peu l’équilibre du Bien et du Mal. S’il manque un "chaînon", cet équilibre est rompu. Il est vrai que dans l’histoire tout le monde se court après : les garçons perdus ont peur des pirates, les pirates ont peur des Peaux Rouges, eux ont peur des animaux sauvage et pour finir, Crochet a peur du crocodile. Celui qui brise un morceau de la chaîne doit le remplacer sinon l’équilibre est rompu.

    WENDY : Il n’y a pas que ça enfin Peter, j’ai aussi remarqué que vous étiez tous les deux seuls...

    PETER : Moi ? Seul ? Mais je suis très bien entouré par les fées, les enfants perdus.

    WENDY : Je parle de l’amour, Peter...

    PETER : Crochet connaît peut être ce qu’est l’amour mais il a choisi de vivre sans. Mais moi Wendy, je ne sais pas ce qu’est l’amour car même l’amour d’une mère je ne l’ai pas reçu. Pourtant j’aurais pu y remédier grâce à toi mais j’ai choisi d’y renoncer car sinon ça aurait été grandir.

    WENDY : Parle moi de tes parents.

    PETER : Je ne les connais pas, je me suis enfui à ma naissance c’est pourquoi je ne connais pas non plus mon âge.

    WENDY : Tu peux alors nous présenter car nous tu nous connais. Tiens je vais commencer je suis Wendy Moera Angela Darling. Mon père est Georges DARLING et il est très occupé pas ses problèmes d’argent. Ma maman Mme DARLING, nous aime tendrement c’est une vraie maman. Ensuite il y a Nana, notre bonne d’enfant, c’est un chien Terre-neuve aussi responsable de nous que le serait un adulte. Puis mes deux frère John et Michaël le plus petit.

    PETER : D’accord Wendy je prends ton exemple. D’abord, les enfants perdus sont ici car ils sont tous tombés de leurs landaus lorsque leur nourrices avait le dos tourné. Ils sont 6. Il y a La Guigne qui a toujours le dos tourné au mauvais moment, ensuite il y a Bon Zigue qui est toujours joyeux, puis vient La Plume, lui taille des sifflets n bois et danse sur sa propre musique, vient Le Frisé qui même innocent s’accuse de tout et enfin les Jumeaux qui sont toujours l’un contre l’autre. Je ne te présente plus le Capitaine Crochet (qui au passage s’appelle Jacques et aime la musique douce), son second s’appelle Smee et son abordage est composé de 16 pirates. Ensuite il y a les Peaux Rouges avec leur princesse coquette, glaciale et ardente à la fois : Lis Tigré. Puis les fées dont la fée Clochette, si petite qu’elle ne peut ressentir qu’un seul sentiment à la fois (qui est jalouse de Wendy). Les sirènes pas très sympathiques et méprisantes. et enfin il y a les animaux sauvages dont le crocodile qui a avalé un réveil pour faire peur au capitaine Crochet.

    Peter Pan, un personnage qui fascine

    WENDY : Je ne me rendais pas compte à quel point les personnages étaient nombreux !! Mais au fil des années, n’as-tu jamais vraiment évolué dans ce pays imaginaire ? Ne sais-tu pas si des gens ont continué de s’intéresser à ton histoire ?

    PETER : Bien sûr que si et tu devrais le savoir puisque ça se passe dans ton monde à toi ! J’ai été adapté plusieurs fois au théâtre et au cinéma. J’ai été toujours joué par des femmes sur scène, ce n’est qu’en 2003 qu’un homme les remplacera dans un film. J’ai aussi été le sujet de comédies musicales dont les plus connues étaient celles de Kern en 1924 et de Bernstein en 1950. En 1953, un géant pour enfant m’a consacré un film d’animation c’est ainsi que sortira Peter Pan dans la catégorie des Disney. Mon personnage a même fait le tour du monde puisque je suis allé de l’Angleterre aux Etats Unis sans oublier le Japon puisque j’ai eu une série animée à mon nom. En 2003 sort de nouveau un film basé sur mon histoire Peter Pan de P.J. Hogan. Et enfin en 2004 un film est tourné sur ma naissance avec mon papa créateur, Sylvia.. Le titre est Neverland il a été tourné par Marc Forster et mon histoire est interprétée par des grandes stars du cinéma de votre monde comme Kate Winslet, Johnny Depp...

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    Affiche de Neverland

    WENDY : Sais-tu Peter que d’autres ont également tenté de donner suite à ton histoire ?

    PETER : Tu sais que je vous vois de là où je suis Wendy ! Je sais qu’il y a eu Gilbert Adair en 1987 qui m’a imaginé former un clan sous la mer avec les garçons tombés des navires. Ensuite, en 1991, un grand du cinéma, Steven Spielberg me met derrière l’écran grâce à Robin Williams dans Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet (et oui mon ennemi aussi est célèbre) dont l’histoire se situe 10 ans après où je reviens adulte pour un dernier combat contre Crochet. Et j’ai enfin une bande dessinée à mon nom créée par Régis Loizel mais qui me met en scène avant mon arrivée au pays imaginaire.

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    Affiche de Hook
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    Couverture d’une BD de Loisel

    WENDY : Certains hommes, appelés psychanalystes, parlent aujourd’hui d’un syndrome qui porte ton nom, le syndrome de Peter Pan. En as-tu connaissance ?

    PETER : Oui je connais ça, ce syndrome est utilisé pour parler des enfants qui ont peur de grandir ou des adultes qui ne mènent pas une vie stable. Un peu comme par exemple le chanteur Michael Jackson qui possède d’ailleurs une maison au nom du pays imaginaire, Neverland.

    WENDY : Eh bien Peter, cela m’a fait plaisir d’en connaitre un peu plus sur toi. Je sais que maintenant tu vas repartir à la recherche d’une nouvelle Wendy puisque je suis devenue adulte maintenant et je ne pourrais plus être ta maman. Je te remercie pour m’avoir laissé ces souvenirs qui resteront des rêves.

    Et sur ces derniers mots, Peter Pan s’envole à la recherche d’une nouvelle maman sans jamais prendre une ride, même après plus de 100 ans d’histoire. Peter Pan un héros qui continuera de plaire car on a tous en nous cette volonté de garder une âme d’enfant.

    Grâce à la modernité nous avons un site sur le père de Peter, James Matthew Barrie Et il y a également un site sur la statue des jardins Kensington à Londres

    Mots clefs : peter_pan, enfants, imaginaire, conte

    Confidences de Peter Pan à Wendy Darling receuillies par

    RAPISARDA Julie

    L1 Lce Italien

    UFR Etudes Romanes, slaves et orientales