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Mon papa a peur des étrangers, de Rafik Schami et Ole Könnecke ill.

Lorqu’un enfant explique à l’adulte comment vaincre sa xénophobie...
 
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    "Mon papa est grand, fort et intelligent. Il sait même faire des tours de magie. Mais curieusement, il a peur des étrangers."

    Sa fille l’a bien compris. Pour aider à se débarrasser de ses inquiétudes, elle trouvera un moyen bien original...

    (JPG)
    © La joie de lire, 2004

    Un message de tolérance

    Mon papa a peur des étrangers est écrit par Rafik Schami, illustré par Ole Könnecke et édité en 2004 par La joie de lire, fameuse maison d’édition jeunesse suisse. Ce livre est éducatif par l’important message qu’il envoie. En effet il prône la tolérance, ludique de par les les illustration vives en couleurs et humoristique de par l’enchaînement de quiproquos dont sont sujets les personnages de cette joyeuse aventure. Cet album est accessible dés huit ans. Dans cet ouvrage nous évoque un problème essentiel, le racisme, devenu presque tabou de nos jours. Ainsi il utilise ds stéréotypes et préjugés que certaines persones pourraient avoir sur les étrangers et principalement les "noirs" afin de les réfuter voire même les ridiculiser.

    Avec des mots simples...

    L’auteur a choisi un récit rétrospectif narré par l’héroÏne de l’histoire : "Vous aurez de la peine à croire l’histoire que je vais vous racontez". C’est pourquoi il est écrit avec des mots simples d’une part grâce aux choix de la focalisation externe d’autre part pour être accessible à la tranche d’âge du public visé, parce que l’ héroÏne ne prend aucune position sur les points de vues respectifs des personnages. Elle se contente d’explique son incroyable histoire. Incroyable, me direz vous, mais c’est exactement le mot adapté à cette histoire car les rôles sont inversés. C’est l’enfant qui éduque le père l’aidant à se débarrasser de sa phobie envers les étrangers : "n’aie pas peur, je suis près de toi". C’est en ces mots rassurants et maternels que s’exprime le fillette face à l’angoisse de son père devant la famille tanzanienne de son amie Bania.

    L’histoire part certes d’une bonne intention, avec comme dessein de parler du racisme, de ses causes et de ses conséquences mais les illustrations sont parfois à la limite de la caricature, car de s’habiller avec des costumes traditionnels à se déguiser en grotesques sauvages, il ya quand même une marge : " la porte s’ouvrit et toute la famille africaine vient à notre rencontre en dansant joyeusement. Ils portaient e robes colorées et des bijoux scintillants. Certains brandissant des couteaux, des lances ou un arc et des flèches."

    Ce texte est accompagné d’un dessin représentant l’événement narré y ajoutant même des peaux de fauves. De plus les arguments du pére pour justifier sa phobie sont trop stéréotypés : "Ils sont nombreux, ils sont partout... et puis ils sont sales... et bruyants. Ils parlent des langues qu’on ne comprend pas... ils sont différents de nous, ils ont des traits épais... Surtout les noirs ont la peau trop foncée. Tout le monde a peur du noir, parce que c’est inquiétant."

    Le rapport textes/images

    Cependant les textes sont systématiquement suivis d’images. Le rapport texte image est parfaitement proportionné, cela permet d’autant à l’enfant de visualiser le récit et donc de le comprendre. Les images ne sont pas des chefs d’oeuvres artistiques, mais les couleurs sont vives et chaudes, de plus l’illustrateur Ole KÖnnecke insiste sur les expresion du visage, principalement le regard, c’est pourquoi rien qu’en regardant les images nous pouvons cerner les émotions que révèle cette histoire : la peur, l’incompréhension mais aussi la joie et l’amour. C’est ce qui explique que cette petite histoire reste néanmoins attachante ainsi qu’amusante grâce à de sublimes accumulations d’exagérations et d’hyperboles qualifiant ce super papa finalement ordinaire : "Quand Bania a parlé de mon papa à sa maman , elle a un peu exagéré. Elle a raconté que mon papa était un homme trés grand, incroyablement fort et réputé pour son intelligence. Elle a raconté qu’il s’occupait seul d’une maison d’orphelins et d’enfants trouvés, qu’il était si téméraire qu’il jouait aux cae=rtes avec des lions... et qu’en plus il était le mailleur magiciens du pays ! Mais ce n’était rien comparé à ce que la maman de Bania raconta le soir à son mari..." Car ne l’oublion pas l’humour et l’un des critères d’écriture favori de l’auteur.

    Tout le monde peut s’identifier

    Mon papa a peur des étrangers est un ouvrage qui a le mérite de représenter un thème encore trop peu courant dans la littérature enfantine, Mon papa a peur des étrangers enchantera les grands comme les petits puisqu’en la quasi absence de noms déterminant les personnages tout le monde peut s’identifier à eux du moment qu’il a pour rôle d’être soit un enfant soit un parent.

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    © Saphya Benaïssa, L1 HSI UFR Langues et culture antiques, mars 2009

    Post-scriptum

    LA JOIE DE LIRE est une maison d’édition suise. Créée en 1987 elle est installée à Genève et est spécialisée en litérature jeunesse.

    -  1937 : Paul Robert fonde à Genève la libraire LA JOIE DE LIRE, l’une des premières librairies jeunesse en Europe

    -  1981 : Francine Bouchet prend la direction de la librairie

    -  1987 : Mise en place de plusieurs activités et lancement du prix En fantaisie, fondation des édition LA JOIE DE LIRE

    -  1991 : Fermeture de la librairie au profit de l’activité éditoriale

    http://la joiedelire.ch/

    et sur Lille3jeunesse :

    http://jeunesse.lille3.free.fr/article.php3 ?id_article=783