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Moi, Ming de Clotilde Bernos et Nathalie Novi ill.

L’amour d’un grand-père
 
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    J’aurais pu être empereur, roi, émir.... J’aurais pu dominer le monde, être respecté et écouté... Mais je suis beaucoup plus que cela grâce à une personne chère à mon cœur....

    « Moi, Ming » est un livre qui cible le jeune public édité par Rue du Monde, écrit par Clotilde de Bernos et illustré par Nathalie Novi. Il est porteur de différents messages pour attirer l’attention des jeunes enfants d’une part sur d’autres culture, d’autres part sur la similitude de l’amour que nos proches nous portent. Les images sont ici bien représentatives de ces messages. L’amour est dans ce livre le thème le plus recherché.

    « Moi, Ming », un livre pour enfant à partir de 9ans. En effet, les premiers abords du livre sont bien destinés aux jeunes enfants. La première partie, se situe dans un registre fantastique, on y rencontre une succession de personnage loufoque et insolite, en passant de la reine d’Angleterre au roi des taureaux, une juxtaposition d’individus qui ont pour but d’éveiller l’imagination chez l’enfant. Le narrateur évoque aussi différents stades du pouvoir, la reine ou le roi qui dirige un royaume, l’empereur qui conquiert le monde, le général qui commande ses troupes, la sorcière la magie, toute une panoplie de rêves d’enfant qui souhaiterai embraser le monde. Il porte un langage familier riche en mots exotiques et simples. Il utilise des jeux de mot et des comptines faites pour accrocher l’écoute de l’enfant. Le but de cette première partie est donc clairement fait pour saisir l’attention du jeune lecteur, le divertir et lui apporter une certaine joie. La seconde partie est une alternance qui ramène à la réalité. Le « j’aurai » du narrateur est remplacé par un « je », on passe donc du conditionnel au présent. C’est en effet un récit raconté à la première personne d’où le titre « Moi, Ming », soit le récit d’une vie. Comme un journal intime, il décrit sa vie telle qu’il la voit. Il décrit son quotidien, ses habitudes, ses connaissances. Malgré l’aspect réel de cette partie, la curiosité de l’enfant reste intacte grâce à l’exotisme d’un pays étranger, ici la Chine et donc des coutumes étrangères. On y voit la description d’une autre culture. De plus, le narrateur essaie de comparer l’imaginaire précédemment cité à sa réalité en évoquant un nouveau personnage, une grenouille bleu qui d’après lui envierai sa place. L’imaginaire n’est en effet rien comparé à la place d’un grand-père aimé de sa petite-fille. C’est donc ici un signe de tendresse fait pour rassurer l’enfant qui délivre un message d’amour paternel quel que soit son origine.

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    Couverture de l’édition 2003 chez Rue Du Monde

    L’image joue un rôle aussi très important, surpassant le texte qui est généralement inséré dans celle-ci, elle représente environ 90% de chaque page. Essentiellement composée d’aquarelle et de couleurs pastelles, telles que le rose, le jaune, le bleu, elle renvoie ainsi un aspect tendre et enfantin. Les couleurs donnent ainsi l’impression que le regard adulte ou enfant glisse sur les pages et donnent une ambiance apaisante. Aucunes couleurs agressives n’y apparaissent. Le rose reste cependant la couleur dominante, celle associée le plus souvent aux petites-filles ce qui évoquerai plus un livre destiné à celles-ci. Le but de l’image est donc dans un premier temps d’ouvrir l’imaginaire de l’enfant, instaurer une aura de rêverie et de complaisance. Pourtant clairement vu dans le texte, la distinction imaginaire-réel est nettement moins vu dans l’image. Ceci résulte du point de vue du grand-père, pour lui le réel vaut l’imaginaire par conséquent sa vision est toute aussi belle. Les couleurs sont toujours aussi apaisantes bien que plus prononcées et plus chaudes, orange, rouge pastel dans la partie réel. Ceci renvoie donc a une sensation de sécurité et d’amour. La place que représente le narrateur dans l’image est quasiment nulle, toujours de dos ou éloigné, il n’est jamais mis en avant. Les autres personnages quand à eux sont enjolivés de couleurs pour faire apparaître leur coté imaginaire. Les dernières images portent sur sa petite-fille qui occupe une très grande place dans celles-ci, surtout dans la dernière image où son portrait est entièrement dessiné. L’image de la petite-fille est donc la plus présentatrice pour le grand-père.

    Ce livre pour enfant est donc porteur de plusieurs messages. Il emmène l’enfant autour du monde et stimule son imagination. L’exotisme et l’irréel permettent de transporter l’enfant hors de ce qu’il connait et en même temps l’instruit sur d’autre culture que la sienne. Message très important et souvent retrouvé dans les éditions Rue du Monde. Le second message est celui de l’amour que porte tous les grand-pères à leurs petits enfants quelle que soit leur origine. Le lien de famille apporte la sécurité et l’épanouissement nécessaire à l’enfant. L’ouverture d’esprit voulu par l’édition est donc bien retrouvé ici tout en gardant le plaisir de l’enfant à la découverte de cet ouvrage.

    Bibliographie : "Moi,Ming", Clotilde BERNOS, Nathalie NOVI ill. ; éditions Rue Du Monde ; collection Pas Comme Les Autres ; Mars 2003.

    Liens : Les éditions Rue Du Monde , site Moi, Ming.

    Julie VARLET L1 Humanités Sciences de l’Information UFR Langues et Culture Antiques, mars 2009