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Le mythe des AMAZONES dans la littérature jeunesse (mini thèse)

 
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    Introduction

    Le thème des amazones est une excellente entrée vers la découverte de la mythologie grecque pour un public d’adolescents.

    Pourtant, mon choix d’étudier le thème des amazones s’est surtout fait dans l’optique d’aborder d’autres problématiques, à savoir, interpeller les adolescents sur la question de la condition sociale de la femme, que se soit dans notre société actuelle comme dans la société de la Grèce ancienne.

    Nous allons également essayer de comprendre pourquoi le thème des Amazones est devenu si populaire de nos jours ?

    Même si mon objectif n’est pas de fournir un historique complet concernant les amazones, je souhaite reprendre dans cette introduction une brève synthèse tirée d’un dossier documentaire [1] et ceci afin de mieux comprendre comment s’est constituée l’image des Amazones.

    Localisation, origine :

    -  filles d’Arès (dieu de la guerre et de la destruction)

    -  habitant à l’embouchure du fleuve Thermodon (venues peut-être du Nord de la mer Noire)

    -  ayant pour capitale Thémiscyra

    Moeurs, Attributs :

    -  femmes guerrières

    -  sachant monter à cheval

    -  armées de la hache et du pelte

    -  tirant à l’arc

    Habillement, Apparence :

    Développement d’une idée sur

    -  l’absence de sein droit
    -  le refus d’allaiter

    Personnalités :

    Hippolyte, Antiopé, Penthésilée

    Éléments divers :

    -  refus du pouvoir mâle dans leur société

    -  Développement secondaire : mise en esclavage des garçons

    I/ Les amazones dans un dictionnaire de mythologie pour la jeunesse

    (JPG)

    J’ai choisi Le dictionnaire de la mythologie grecque et latine d’Odile Gandon qui, même s’il n’est plus très récent, nous fournit un excellent résumé pour comprendre ce peuple des amazones :

    « Dans le lointain pays des Scythes ( Géorgie actuelle), vivait un peuple de femmes guerrières, qui, disait-on, descendaient du dieu de la guerre Arès. On les appelait les Amazones. Fières cavalières, armées d’arcs et de flèches, les Amazones faisaient grande impression sur les armées ennemies qui, elles, étaient toujours composées d’hommes. Et pour les hommes, se trouver devant des femmes en armes, c’était difficile à admettre, d’autant plus que les amazones étaient d’excellents soldats. De l’avis de la plupart d’entre eux, une femme à moins d’être une déesse comme Artèmis ou Athéna, était faite pour faire des enfants et la cuisine !

    Sous l’autorité d’une reine, les Amazones formaient une bien étrange société, dont les hommes étaient exclus, sinon pour des unions éphémères qui leur permettaient d’avoir des enfants. Mais les nouveau-nés du sexe masculin étaient soit tués, soit destinés à être des esclaves. Entraînées très jeunes à la chasse et au combat, les Amazones se coupaient le sein droit pour être plus à l’aise au tir à l’arc, ce qui explique leur nom, qui signifie en grec « qui n’a pas de sein ». Vivant à la dure, elles se nourrissaient uniquement du produit de leur chasse.

    Deux reines des amazones sont célèbres dans la mythologie. La première, Hippolyté, avait reçu du dieu Arès une superbe ceinture qui était le signe de son pouvoir. Ce fut l’une des taches d’Héraclès, lors de ses Douze Travaux, que de s’emparer de la ceinture d’Hippolyté. Hippolyté avait une soeur, Antiopé, qui fut enlevée par Thésée, alors roi d’Athènes. La jeune Amazone, qui aimait Thésée, lui donna un fils, Hippolyte. Cependant, la reine des Amazones, pour arracher sa soeur à ses amours conjugales, envahit l’Attique avec son armée de femmes, mais elle fut vaincue et Antiopé mourut en combattant au coté de Thésée. La seconde reine des Amazones, au nom devenu légendaire, est Penthésilée.

    Lors de la Guerre de Troie, elle fut l’alliée du roi Priam et, avec toute son armée, elle vola au secours des Troyens contre les Grecs. Mais Achille se lança dans la bataille et, combattant avec rage, il tua Penthésilée, sans savoir qui elle était. Lorsqu’il lui retira son casque et sa cuirasse, comme c’était l’usage après la mort d’un ennemi, il découvrit que son adversaire était une femme et, de plus, très belle. Il tomba amoureux d’elle et fut saisi de désespoir à l’idée qu’elle était morte. Un de ses compagnons se moqua de lui, trouvant ridicule que le vaillant guerrier versât des larmes sur un cadavre de femme. Achille, ne supportant pas ses plaisanteries, le transperça de son épée. De l’amour d’Achille pour Penthésilée, le dramaturge romantique allemand Heinrich von Kleist tira le sujet d’une tragédie. Mais dans cette très belle pièce de théâtre, traduite en français par Julien Gracq, les rôles sont inversés et c’est Penthésilée qui met à mort Achille. » La mémoire de ces cavalières émérites s’est conservée en français dans le sens du mot « amazone », qui désigne une femme montant à cheval. »

    Comme le développe l’auteur, on ne peut comprendre ce que sont les amazones sans évoquer la violence de leurs rapports sociaux. Ainsi s’imposent-elles aux hommes par la violence des armes.

    Leurs héroïnes ( Penthésilée, Antiopé) meurent d’ailleurs en combattant les hommes. « De l’avis de la plupart [des hommes], une femme à moins d’être une déesse comme Artemis ou Athena, était faite pour faire des enfants et la cuisine ! ». Voilà comment en une phrase on résume des siècles de culture machiste omniprésente dans les mentalités de la Grèce antique, et il peut être intéressant face à un public d’adolescents de faire un parallèle avec la place de la femme dans notre société actuelle.

    II/Un exemple de roman jeunesse : La prédiction

    Présentation de l’éditeur

    (JPG)

    « Une époque sanglante. Un peuple de femmes à cheval. L’homme est l’ennemi, depuis toujours. Pluie, baptisée ainsi pas sa mère, est le fruit du chagrin. Elle s’efforce de grandir, sans amour, d’apprendre à se battre. Car, à son tour, elle deviendra reine. C’est prédit. Mais Pluie est différente de ses " sœurs " de tribu. Avec ses doutes mais aussi son courage et sa sensibilité, elle découvre des émotions nouvelles, s’attache à un homme... Existerait-il d’autres voies que la haine et la guerre ? L’étonnante histoire d’un peuple d’amazones en pleine mutation. »  [2]

    Deux aspects dans ce roman

    Un aspect mythologique parfait pour une introduction au monde des amazones.

    Un deuxième aspect pédagogique ou l’on suit une adolescente, futur reine des amazones, qui cherche a se construire dans une société dominée par le culte de la guerre, culte qu’elle va petit à petit rejeter pour y développer un autre mode de pensée.

    Là encore, la violence est omniprésente, avec également quelques touches d’érotisme. De nombreux sujets sensibles sont évoqués de manière assez crue, que ce soit la violence, le viol, le meurtre, l’euthanasie des jeunes garçons nés lors des cérémonies de fécondations dirigées par les amazones avec les hommes prisonniers de guerre...

    Un court extrait qui donne tout de suite le ton du roman :

    « La reine me gifla à toute volée. Mes oreilles se mirent à bourdonner. Toutes les mères giflaient leurs filles le premier jour où elles saignaient, c’est ainsi qu’elles les accueillaient dans le monde des femmes, qui apportait son lot de douleur à laquelle nous devions nous préparer. »

    III/Le succès de la thématique des amazones dans les bandes dessinées

    Sans doute à cause de ce petit côté « exotique » (- : ,on retrouve les amazones dans nombres de BD dont voici quelques exemples :

    (JPG) (JPG) (JPG)

    Mais c’est surtout dans les comics que l’on retrouve la plupart des héroĩnes-amazones connus du grand public. [3]

    (JPG)
    Wonder Woman

    (JPG)

    Hélas, le mythe des amazones à été profondément modifié dans les comics par rapport à la mythologie de base, et ceci afin d’être plus accessible au grand public :

    -  Elles sont tout d’abord beaucoup plus féminines, plus sexy. Finis les seins coupés.

    -  Elles sont plus sociables avant leurs ennemis : finis donc l’esclavage des hommes.

    -  Leurs histoires et moralement plus acceptables :

    « en 1200 avant J-C, cinq dèesses Olypiennes (Héra,déesse du mariage, Athéna, déesse de la guerre et de la sagesse, Thémis, déesse de la justice divine et Démeter, déesse de l’agriculturecréèrent une espèce de femmes, au nombre de 3000, en vue d’enseigner aux hommes les valeurs de paix, de justice et d’égalité. » [4]

    -  Elles se battent toujours dans le camp des bons et/ou... des...Américains.

    Elles restent cependant fidèles à leurs traditions guerrières et refusent la présence d’hommes à leurs côtés.

    Les comics sont donc une manière d’introduire les amazones aux plus jeunes même si le mythe est revisité à la « sauce américaine » (femme sexy , parée des couleurs du drapeau américain, etc...)

    Conclusion

    Au final, les amazones nous renvoient donc à deux symboles différents :

    -  La « femme forte » chère aux féministes L’image d’une amazone à la fois forte et violente mais qui incarne la volonté d’indépendance et d’autonomie. Le mythe des amazones est un symbole parfait pour les féministes dans une société ou la femme doit encore aujourd’hui lutter pour acquérir le même statut social que l’homme.

    -  L’amazone « retouchée »

    Qui donne d’elle une image retravaillée, hyper-sexy,quelque peu naïve, mais plus intégrée à la société et moins représentée comme des "parias".

    Ces deux thèmes sont donc en totale contradiction, mais c’est ce qui fait la popularité de ces amazones, qui sont adulées par des façons de penser diamétralement opposées.

    -  Enfin, point important à souligner, la thématique des amazones est proche du fantasme masculin : où l’on retourne à des valeurs primitives, où se côtoient le sexe la violence et le jeu de domination de la femme sur l’homme.

    Ainsi, face à un public jeunesse, faut-il être prudent lors de l’analyse de ce sujet pour éviter le débordement vers ce type de thématiques, thématiques plutôt à réserver à un public adultes.

    DEFIEZ Julien, mars 2009

    Deust 2 Métiers des bibliothèques et de la documentation,

    Post-scriptum

    BIBLIOGRAPHIE

    -  HOFFMAN, Alice. La prédiction. Paris : Gallimard jeunesse, 2006. 157p. ; 13cm x 20cm. (Scripto). ISBN 2-07-057061-4 : 8 euros.

    -  BEATTY Scott ; GREENBERGER Bob ; JIMENEZ Phil ; WALLACE Dan. L’encyclopédie DC Comics. Semic, 2005. 351p. ; 26cm x 30cm x 2,5cm. ISBN 2-84857-138-1 : 45 euros.

    -  GANDON Odile. Dictionnaire de la mythologie grecque et latine. Paris : Hachette jeunesse, 1996. 479 p. ; 11cm x 16cm x 2,5cm . ISBN 9782013215251 : 9 euros.

    SITOGRAPHIE

    bddcomics

    livresque-sentinelle

    musagora

    Notes de bas de page

    [1] Consultable sur internet : http://www.musagora.education.fr/amazones/fichiers/presentation.htm

    [2] Source : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-23690469.html

    [3] Source : http://www.bddcomics.net/

    [4] En ligne sur la base de donnée des comics : http://www.bddcomics.net/topo-2-amazones.htm