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Analyse de documentaires jeunesse sur l’ÉGYPTE : 2ème partie

 
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    II- Deux collections qui se basent sur la narration

    « Le journal d’un enfant » - Gallimard jeunesse / Drôles d’époques (Réunion des Musées nationaux)

    Le mélange entre la fiction et le documentaire donne lieu à un nouveau genre de documentaire : la fiction documentaire. Il est intéressant d’en étudier les spécificités à travers des documentaires jeunesse qui se basent sur le récit pour livrer ses informations. Pour mener cette comparaison, nous avons choisi d’étudier les collections « Le journal d’un enfant » éditée chez Gallimard, et « Drôles d’époque » éditée par la Réunion des musées nationaux. Les deux documentaires étudiés seront :

    Le journal d’un enfant en Egypte ancienne, Gallimard Jeunesse, 2004. Néfertari, princesse d’Egypte, RMN, 1998

    1. Le journal d’un enfant : en Égypte ancienne (Gallimard jeunesse)

    1.1. Ligne éditoriale

    « Une collection qui mêle fiction et documentaire pour partager, à travers leur journal intime, la vie quotidienne des enfants d’hier et d’aujourd’hui » : voilà comment la maison d’édition Gallimard qualifie la collection « Le journal d’un enfant » lors de son lancement en novembre 2004.

    Cette collection est le résultat d’une innovation et d’un long travail de création au sein de la maison d’édition Gallimard. Thomas Dartige, le responsable du Département documentaire chez Gallimard jeunesse, avait pour volonté de proposer une fiction documentaire pour un public âgé de 8 ans et plus. Pour créer cette nouvelle collection, l’éditeur s’est basé sur deux principes. Il voulait imaginer une collection dans la lignée d’une autre collection intitulée « Sur les traces de », qui présentait un ensemble de biographies et qui a pour vocation de présenter « un héros, une légende, une civilisation » à partir de textes fondateurs tels que l’Odyssée ou la Bible. Il désirait également trouver une formule éditoriale qui se démarquerait de celle de la collection « Sur les traces de », et il en a retenu les deux principes fondateurs de la collection : l’un narratif, l’autre thématique. L’idée est donc de proposer un récit sous la forme d’un journal intime. Un enfant raconte sa vie quotidienne au cours d’une période de l’histoire (« Au temps des châteaux forts »), une civilisation (« l’Egypte ancienne »), d’un événement (« Pendant la seconde mondiale »), ou encore dans un pays de nos jours (« Aujourd’hui en Chine »).

    Cette forme narrative permet au lecteur de s’identifier au narrateur, de partager avec lui sa vie, ses émotions, ses aventures, sa vie quotidienne. Elle permet aussi de découvrir une période de l’Histoire, un événement, une civilisation de manière concrète et intime. Le récit permet d’appréhender l’Histoire de manière moins rébarbative ; les enfants ont l’impression de lire une histoire et non d’apprendre une leçon. Ils acquièrent beaucoup d’informations sans s’en rendre compte. En plus du récit, l’enfant a accès à des informations documentaires par le biais des volets dépliants. Des volets peuvent s’ouvrir sur la droite, on y découvre des éléments qui viennent compléter les informations apportées par le récit de l’enfant. Cela a pour but de mieux appréhender les différents éléments relatés par l’enfant. Les thèmes documentaires touchent à la vie quotidienne et découlent directement : l’habitat, la famille, l’alimentation, les vêtement, les jeux...et nous font découvrir les coutumes et les traditions d’un pays, d’une civilisation.

    Les annotations personnelles, au ton vif et dans un style accessible, donnent de la consistance aux événements historiques et au mode de vie de l’époque. Une manière passionnante d’apprendre l’Histoire, bien adaptée aux écoliers.

    1.2. Analyse

    1.2.1. L’objet

    Ce livre se présente sous le format 20x24, avec une couverture cartonnée. Il est muni d’un fermoir aimanté, qui donne au livre l’aspect d’un journal intime. Le fermoir est une vraie originalité, qui différencie la collection « Le journal d’un enfant » des autres documentaires. C’est un signe de reconnaissance fort. On note la présence de papier imitant l’aspect et la couleur du papyrus dans les premières pages du livre et lors du récit de l’enfant.

    1.2.2. Le paratexte

    Concernant le paratexte, il n’y a pas de préface ni de jaquette dans le documentaire. En page de titre se trouve le titre du documentaire « Le journal d’un enfant en Egypte ancienne », le nom de l’auteur et celui des illustrateurs, au nombre de quatre. Il est intéressant de noter que devant le nom de l’auteur, il est indiqué « raconté par », cela montre toute la dimension narrative du documentaire qui prime. On peut également noter que le nom de l’enfant qui raconte l’histoire, « Meryrê », apparaît plus grand que le nom de l’auteur. Cela montre bien que l’auteur et les illustrateurs n’ont qu’une place secondaire, car ils ne sont même pas mentionnés sur la couverture. Sur cette couverture, n’apparaît que le nom de « Meryrê », comme si c’était lui qui avait écrit le livre. L’identification avec l’enfant est donc mise en avant et tout est fait pour y concourir. La mention « raconté par » semble d’ailleurs signifier que Meryrê se serait confié à Amandine Marshall (l’auteur), et que celle-ci aurait retranscrit son témoignage.

    La quatrième de couverture fournit une sorte de mode d’emploi du livre. Les différentes parties qui composent chaque double page y sont détaillées et expliquées. Elle délivre également une accroche (« Pour découvrir et partager la vie quotidienne des enfants d’hier »). Le titre y est également rappelé avec la mention de l’auteur et des illustrateurs. Par contre, il n’y a pas de mention du type d’ouvrage dont il s’agit (« documentaire » ou « fiction documentaire »), ni de mention de l’âge du public visé, ce qui peut sembler quelque peu gênant.

    1.2.3. Les outils documentaires

    Ce livre comporte un double sommaire où sont indiqués le thème abordé dans la double page et le numéro de cette page. Il détaille d’un côté le récit quotidien de Meryrê, découpé en événements (« ma première partie de pêche », « l’enterrement de grand-père »). Parallèlement il indique les éléments documentaires fournis dans les volets dépliants correspondants. Ces éléments sont intitulés « des clés pour comprendre ». A chaque événement correspond une ou plusieurs « clés » : au récit intitulé « l’enterrement de grand-père », on trouve des informations sur les funérailles.

    En plus du sommaire, on trouve deux doubles pages explicatives au début et à la fin du livre. Le dossier initial a pour but de présenter le contexte de l’histoire qui va être racontée, avec deux points d’explication majeurs : « quand ? » et « où ? ». Quant au dossier final, il cite les sources historiques qui ont permis la reconstitution de ce récit, cette double page a pour titre « Comment le sait-on ? ». Ces deux doubles pages permettent de situer le récit et de rappeler par la même occasion qu’il s’agit bien d’un récit fictif, comme l’indique la mention au début du dossier final : « L’histoire de Meryrê aurait pu être celle d’un enfant égyptien ayant vécu à Seet Maât il y a 3500 ans ». Il est intéressant de souligner que c’est le seul moment où l’on indique qu’il s’agit d’un récit fictif, imaginé par un auteur, et non dicté par un vrai enfant égyptien. Le livre entretient la confusion tout au long du livre, même dans la double page de présentation du contexte, on nous affirme que « L’histoire de Meryrê » se déroule vers 1480 av. J.-C. ... ». Ce n’est qu’à la fin du livre que l’on apprend que cette histoire aurait pu être celle d’un enfant égyptien.

    On peut noter l’absence d’un glossaire et d’un index, qui ne semblent pas indiqués ici dans le cas d’une fiction documentaire.

    1.2.4. L’organisation intellectuelle

    « Le journal d’un enfant » repose sur une structure toujours identique : une double page, séparée en deux parties. Sur les trois-quarts de la double page se trouve le récit de Meryrê, ainsi qu’une illustration relative au thème abordé. Sur le quart restant, en général sur la gauche ou plus rarement sur la droite, des informations documentaires sont présentées en complément des éléments apportés par le récit. Parfois, le volet documentaire est dépliant, et on trouve à l’intérieur d’autres informations. Lorsque le volet peut s’ouvrir, il y a un petit symbole (une flèche qui s’enroule sur elle-même) qui le signale. Par exemple, Meryrê raconte qu’il a fait un exercice d’écriture sur des éclats de poteries. Dans le volet, il y a alors présentation des différents hiéroglyphes et de leur traduction en lettres et sons de notre alphabet, ainsi que des dessins représentant les outils et les matériaux pour écrire. Cela a pour but de mieux appréhender les différents éléments relatés par l’enfant.

    Chaque chapitre comporte une double page. La séparation en différents chapitres se fait selon le rythme des jours. Chaque jour permet d’aborder un nouveau thème. Les thèmes documentaires touchent ainsi à la vie quotidienne et en découlent directement : l’habitat, la famille, l’alimentation, les vêtements, les jeux...et nous fait découvrir les coutumes et les traditions d’un pays, d’une civilisation.

    Un dépliant panoramique se situe au milieu du livre. C’est l’une des autres caractéristiques de la collection. Dans le cas de notre livre sur l’Egypte, cette vue représente le Nil, avec des annotations venant compléter le dessin. 1.2.5. Le texte et l’image

    La place du texte est primordiale dans ce documentaire. La lecture est envisagée sous forme linéaire, continue, car c’est bien d’une narration dont il s’agit. Cependant, la lecture du texte est sans cesse contrariée par les éléments documentaires présents sur le côté de la page. De plus, la forme spécifique des volets a pour but d’inciter le lecteur à les soulever pour découvrir ce qui s’y cache. Les deux principes sont donc quelque peu contradictoires. L’ordre de la lecture doit être compris dans ce sens : il faut d’abord lire le récit écrit sur la double page, puis lire les informations en complément du texte, et ensuite passer à une double page en continuité avec les précédentes. Cependant, une lecture fragmentée y est possible et peut être faite en fonction des thèmes. L’illustration a quant à elle une place primordiale dans le documentaire et révèle l’importance de l’image dans la médiation des savoirs en direction des jeunes au sein de la maison d’édition Gallimard. L’éditeur fait ainsi appel à deux illustrateurs différents pour la réalisation graphique de cette collection.

    Le texte cohabite avec l’image, qui détient ici une place importante. Nous sommes en présence de dessins illustrant les propos du jeune garçon. Il n’y a aucune photographie, ce qui semblerait peu probable : il ne faut pas oublier que nous sommes dans le cas d’une fiction documentaire et l’utilisation d’images à la place des dessins ne semble pas indiquée. Une seule image vient illustrer le texte, mais cette image prend une certaine place par rapport au texte. Elle vient s’insérer dans le texte. Par contre, dans le cas des informations documentaires sur le côté de la page, elles sont omniprésentes, puisque le texte y est présent uniquement pour servir de légende aux dessins.

    2. Drôles d’époques (Réunion des musées nationaux) : Néfertari

    2.1. La Réunion des musées nationaux

    La collection « Drôles d’époques » est éditée par la Réunion des musées nationaux (RMN). Il est important de définir ce qu’est la RMN, et quels sont ses objectifs. La RMN a été créée en 1895 pour recueillir et gérer les fonds nécessaires pour acquérir des œuvres d’art destinées à enrichir les collections nationales. La RMN travaille aujourd’hui avec 34 établissements : 32 musées de tailles très diverses et 2 lieux d’exposition. La RMN est, depuis 1990, un établissement public national à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication (Direction des musées de France). La mission initiale du RMN est toujours d’actualité, mais elle s’est enrichie de trois autres missions : l’accueil du public, l’organisation d’expositions temporaires et la diffusion culturelle autour de ces expositions et des collections permanentes des musées nationaux.

    Dès ses origines, la RMN a exercé une activité commerciale, limitée au départ à la vente des produits des ateliers de chalcographie et de moulage du Louvre qui lui avaient été rattachés. Dans les années 1930, elle reprend à son compte l’édition des cartes postales, des guides et des catalogues des collections permanentes des musées nationaux et des expositions temporaires qu’elle organise, auquel s’est ajouté le domaine audiovisuel et le multimédia dans les années 90.

    Cette activité éditoriale a amené la RMN à acquérir le statut d’établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), pour disposer de structures mieux adaptées à cette évolution. La volonté de la RMN est de concilier le respect de ses missions de service public avec la logique du marché dans le domaine de la diffusion culturelle. Dans cet esprit, ses activités commerciales répondent d’abord à un impératif de qualité tant au point de vue du choix et du "contenu" des produits qu’au point de vue de leur fabrication.

    Les produits proposés par la RMN se groupent en plusieurs catégories : les livres, les images, les films vidéo, les cédéroms et DVDroms, les moulages, les gravures, les bijoux et les cadeaux.

    En ce qui concerne la publication de livres, la brochure trimestrielle Impressions présente toutes les nouvelles publications de la Réunion des musées nationaux ainsi que, en fonction de l’actualité, un certain nombre d’ouvrages de référence appartenant au fonds RMN et toujours disponibles. Les catalogues d’exposition et les livres pour la jeunesse sont souvent coédités avec d’autres institutions culturelles (musées de région, l’AFAA, Centre Georges Pompidou...) ou des éditeurs privés (Gallimard, Le Seuil, Flammarion, Fayard, Hazan...).

    2.2. Analyse

    2.2.1. L’objet

    Le livre se présente sous un format traditionnel 21x29,7 ; format qui est assez commun aux documentaires. Le format du livre se rapproche assez de celui d’un album, et on peut penser que cela n’est pas dû au hasard.

    2.2.2. Le paratexte

    Concernant le paratexte, il n’y a, encore une fois, ni jaquette, ni préface dans le documentaire. Sur la couverture, on retrouve tous les éléments qu’on va trouver dans le livre : un dessin de Nefertari, en compagnie de la petite fille et du chat. Dans le fond, on retrouve une peinture de hiéroglyphes. Avec la présence de ces éléments, on est plongé dès la couverture dans l’histoire. Il est important de noter que le nom de l’auteur n’apparaît pas sur la couverture, on ne peut le voir en effet que sur la page de titre, sous la mention « Textes et illustrations de Roberta Angeletti », mention qui est d’ailleurs écrite relativement en petits caractères. On voit bien que le nom de l’auteur n’est pas un élément de première importance dans le cas du documentaire.

    Sur la quatrième de couverture, on trouve un petit résumé de l’histoire que raconte le livre, puis quelques lignes à propos de la collection « Drôles d’époques ». Cette collection est résumée ainsi : « La collection « Drôles d’époques » et ses petits héros, Alice et Jules, vous emmèneront vers des temples perdus, des trésors cachés, des grottes oubliés... A travers des récits pleins de charme et de fantaisie, vous découvrirez, avec eux, des civilisations très anciennes ». A travers ce résumé, on sent que l’accent est mis sur la dimension aventurière de l’histoire. Le lecteur va être entraîné dans ce livre comme on est entraîné dans une aventure. Ce livre en lui-même constitue donc une aventure.

    Par contre, il n’y a pas de mention du type d’ouvrage dont il s’agit (« documentaire » ou « fiction documentaire »), comme dans le cas du « Journal d’un enfant », mais il y a ici la mention de l’âge du public visé, qui est ici 5 ans, ce qui signifie que les livres « Drôles d’époque » sont destinés à un public plus jeune que celui du « Journal d’un enfant ».

    2.2.3. Les outils documentaires

    Ce livre ne comporte pas de sommaire, ni glossaire, ni index, ce qui n’est pas surprenant, car la lecture se fait en continu, plus à la manière d’un album que d’un documentaire. Le livre n’est pas découpé en chapitres. Les outils documentaires sont peu nombreux, on ne trouve que trois pages d’informations documentaires à proprement parler à la fin du livre.

    2.2.4. L’organisation intellectuelle

    L’organisation intellectuelle du livre est assez simple. Le documentaire est d’abord constitué d’une histoire racontée par une petite fille. L’identification avec le lecteur potentiel est ici évidente : celui-ci va immédiatement s’identifier à cette petite fille prénommée Alice. L’histoire est complétée à la fin du livre par trois pages d’informations documentaires « pures ».

    Intéressons-nous tout d’abord à cette histoire que nous conte Alice. La première chose qui frappe le lecteur à la lecture de cette histoire est l’impression qu’on lit un album et non pas un documentaire. Tout est mis en œuvre pour nous le faire croire. La première évidence concerne la narration, qui est tenue par une petite fille, qui semble être plus ou moins du même âge que le lecteur présumé. Alice se présente comme une petite fille espiègle, aventureuse, bien connue pour ses « mensonges », ses « farces », ou encore ses « histoires extravagantes ». Elle nous indique qu’elle va nous raconter une « histoire fabuleuse » mais qui est cette fois « absolument vraie » et qui va se situer en Egypte. Le processus d’identification avec la petite fille malicieuse et aventurière est ici évident.

    Les deux premières pages de l’histoire posent ainsi les éléments principaux de l’histoire : une narratrice sous la forme d’une petite fille malicieuse, une « histoire fabuleuse », un « pays merveilleux » : l’Egypte. Le récit est organisé sur le principe de la double page et raconte la visite d’Alice dans le tombeau. Tous les éléments narratifs du récit aventurier sont présents : l’événement qui déclenche l’aventure : « Nous étions sur les bords du Nil [...]. Tout à coup, j’aperçus... », les rebondissements (l’arrivée de Nefertari, la visite perturbée par Anubis), et enfin la chute finale (« je me sauvai sur la pointe des pieds vers la sortie. C’est ainsi [...] que s’acheva mon aventure).

    À travers cette aventure, nous faisons la connaissance de Nefertari et nous explorons en sa compagnie le tombeau. L’intrusion de la petite fille dans le tombeau sert donc de prétexte pour découvrir une partie de la civilisation égyptienne, particulièrement les dieux et leurs tombeaux. A la fin de cette histoire, on trouve trois pages documentaires, intitulées « Qui sont les Egyptiens ? ». Ces pages retracent un rapide historique de la vie sous l’Egypte antique, en passant en revue quelques grands thèmes comme le pharaon, la momification, les hiéroglyphes, les pyramides, et les divinités. Ces informations ont pour but d’expliciter les éléments rencontrés lors du récit de la petite fille. Ces éléments étaient en effet peu décrits au cours de l’histoire, et ces pages documentaires ont pour but de les expliciter quelque peu. On peut également penser que ces informations sont également présentes pour rappeler au lecteur que nous sommes bien dans un livre documentaire. Cela rappelle que si l’aventure arrivée à Alice est quelque peu farfelue et relève de l’imagination, les informations rapportées (le nom des dieux, l’existence des hiéroglyphes, ...) sont véridiques.

    2.2.5. Le texte et l’image

    Dans ce livre, on a la nette impression que l’image prend le pas sur le texte. En effet, l’illustration est beaucoup plus importante que le texte, elle y est largement majoritaire. Les dessins sont organisés sur une double page, que vient compléter le texte en bas de page. Par cette mise en page et par la relation texte / image, on retrouve la dynamique de l’album et on n’est plus vraiment dans la structure traditionnelle d’un documentaire. La relation s’inverse dans la dernière partie, qui se révèle être une partie documentaire. Là, le texte est mis à l’honneur, et les images, bien encadrées, sont là pour illustrer les propos.

    Ainsi, le rapport texte / image est révélateur du type d’ouvrage qu’il est donné à lire ici.

    Conclusion

    Pour conclure cette étude de deux collections de documentaires, on peut dire que les deux livres ont de nombreux points communs et des différences. Les collections « Le journal d’un enfant » et « Drôles d’époques » ont tout d’abord une trame commune, ils se basent tous les deux sur le principe d’une narration, ils peuvent être ainsi appelés « fictions documentaires ». Cependant, les deux livres se différencient par le style de narration qu’ils proposent. On peut penser que « Le journal d’un enfant » a une dimension plus intimiste, avec le principe du journal intime qui nous fait partager le quotidien d’un enfant, alors que « Drôles d’époques » tend plus du côté de l’album, avec une aventure à raconter. De plus, « Le journal d’un enfant » étant destiné à des lecteurs plus âgés, les éléments d’informations sont plus nombreux, là où « Drôles d’époques » se contente de raconter une histoire pour les plus jeunes, en introduisant des éléments d’histoire.

    Isabelle Fretin, Alicya Fruit, et Nathalie Le Louarn

    Post-scriptum

    à suivre... troisième partie