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Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor

 
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    Des avis partagés

    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, n’a pas fait l’unanimité au sein du comité de lecture. Delphine, une inconditionnelle de l’auteur est pour ! Myriam, plutôt antimilitariste, pas du tout. Arthur Ténor lui, ne comprend pas ... qu’on ne comprenne pas.

    Vraie polémique ou malentendu ? Place au débat...

    (PNG)
    © Gallimard jeunesse, 2004

    1. Delphine Cotton a aimé la fidélité à l’histoire

    Né à la fin du XIXè siècle, François est élevé à la campagne dans une famille bien ordinaire. Il a des amis avec qui il fait les quatre cents coups. En 1914, alors qu’il bâtit des projets d’avenir avec la fille de l’instituteur, la guerre éclate. Aucune inquiétude ne traverse alors la population. Chacun est persuadé que cette guerre sera de très courte durée. Mais, comme beaucoup de jeunes hommes de son âge, il est mobilisé. Et c’est la fleur au fusil qu’il part, convaincu d’être très vite de retour. Lucie, sa jeune fiancée, décide de servir comme infirmière afin de pouvoir mieux le suivre au fil de ses affectations.

    En suivant ce jeune couple plein d’espoir, on découvre toute l’horreur de la guerre. Surtout lorsque François est envoyé à Verdun. Comme beaucoup de ses camarades, il ne reviendra pas de cette guerre. Il aura néanmoins un destin bien particulier. Ce n’est certes pas pour le suspens que l’on ouvre ce livre. Cependant ce roman est très intéressant d’un point de vue historique. Il relate avec force détails la vie quotidienne des soldats de la Première Guerre mondiale. Sans concession, l’horreur des tranchées nous est dévoilée.

    Ce livre peut être conseillé au collège où il pourra être un bon point de départ pour parler à la fois de l’insouciance qui régnait au début de la guerre et de la vie des soldats du front. On trouve pour ce faire un vocabulaire très détaillé et expliqué, une chronologie des faits les plus marquants de cette guerre ainsi que des notes historiques à la fin de l’ouvrage. Arthur Ténor est une fois encore très fidèle à la réalité historique. Il nous offre ici une histoire qui aurait pu être réelle, dans un style toujours aussi fluide et agréable. Très conseillé aux amoureux d’histoire et à tous ceux qui veulent découvrir la période.

    © Delphine COTTON (Comité de lecture)

    2. Myriam Cieux regrette pour sa part qu’Arthur Ténor se soit servi de la guerre comme un alibi

    Nous sommes en 1896, mais, cela pourrait être aujourd’hui, quelque part dans n’importe quelle campagne. C’est le 5 Avril, et c’est la naissance de François. François va franchir avec légèreté, au gré des saisons, les étapes bien réglées la vie ordinaire d’un fils de paysan : les grands parents, l’école, les amis, la fille de l’instituteur. Une vie toute tracée...si la guerre n’était pas venue s’en mêler ! Son séjour fatal dans les tranchées va transformer ce "Monsieur tout le monde" en soldat inconnu.

    Ce récit narratif aux rouages (trop ?) bien huilés, nous invite chapitre après chapitre à entrer dans la peau d’un jeune appelé de la guerre 1914-1918. Le texte, bien que d’un accès plaisant et que d’une réelle fluidité, demeure cependant d’un classicisme sans surprise. Il aurait presque pu prendre une intéressante valeur de témoignage historique si l’auteur s’était abstenu d’y accoler les deux derniers chapitres. Il est de ces ouvrages qui se servent de la guerre comme alibi pour véhiculer l’hypocrisie d’une société entière. L’auteur s’empare, dans une facétie finale, des dépouilles des appelés pour en faire, sous couvert de mémoire, des héros d’apparat.

    Destiné au jeune public, ce livre se joue de tous les genres(documentaire historique, notes en fin d’ouvrage, écrit romanesque, biographie, appel à la réflexion...) pour n’être en fait qu’une apologie de la mémoire patriotique et du sacrifice. Quel acte héroïque y a t-il à se retrouver au fond d’une tranchée, comme dans une souricière, à attendre de se faire transpercer par un obus ? L’auteur nous montre pourtant avec justesse, tout au long du roman, la naïveté de François envers la guerre. Tout juste sorti de l’enfance et de ses jeux, il ne peut souvent que subir l’atrocité de la réalité. Une piste de réflexion que tous les types de commémorations semblent bien souvent éluder.

    Il serait peut être grand temps que la littérature jeunesse cesse de transmettre une apologie du sacrifice éternel, pour s’attacher avec courage à dénoncer la stupidité de la guerre. Que la rage, la douleur, l’absurdité et la mort servent enfin aux plus virulents des plaidoyers en faveur de la paix. Apprenons leur à ne plus jamais dire à aucun parent sous couvert de 11 novembre et de postérité :" nous avons envoyé votre fils se faire tuer et nous l’en remercions !".Ce livre d’un conformisme affolant (aussi bien dans la forme que dans le fond) veut rappeler aux adolescents le "devoir" de mémoire du 11 novembre. Arthur Ténor semble cependant ne pas avoir compris, que le message que l’on doit d’adresser aux jeunes générations ne peut résider en un coup d’œil hypocrite et larmoyant sur le passé, que le seul devoir de mémoire qui soit, est celui d’aller de l’avant, en conservant la hargne et la douleur d’enfants transformés en chair à canon, au travers d’ une revendication d’un pacifisme virulent. Une lecture facultative... On ne saurait que trop conseiller aux jeunes adolescents intéressés par ce sujet de s’en remettre à un bon livre d’histoire ou à un bon documentaire.

    © Myriam Cieux - Deust STID Lecture publique

    3. Quant à Arthur Ténor, il ne comprend pas le procès que Myriam lui fait ...

    Je viens de découvrir votre article critique sur mon roman Il s’appelait le Soldat Inconnu. Je vois que vous n’avez pas aimé. Bon. Toute oeuvre a ses admirateurs et ses détracteurs. Cela ne se discute pas. Par contre, j’ai le sentiment que vous n’avez pas compris ce livre. A moins que ce soit moi qui n’ait pas compris votre propos. En particulier cette phrase : "Arthur Ténor semble cependant ne pas avoir compris que le message que l’on se doit d’adresser aux jeunes générations ne peut résider en un coup d’œil hypocrite et larmoyant sur le passé, que le seul devoir de mémoire qui soit est celui d’aller de l’avant, en conservant la hargne et la douleur d’enfants transformés en chair à canon, au travers d’une revendication d’un pacifisme virulent".

    Je l’ai lu et relu plusieurs fois, sans parvenir à saisir ce que vous vouliez dire. Par exemple, je ne vois pas où est le "coup d’oeil hypocrite" ? " et larmoyant " ? Hypocrite, dans le dictionnaire, veut dire "qui n’est pas sincère". Je serais curieux de savoir comment vous avez réussi à détecter que je n’étais pas sincère dans cet ouvrage. Larmoyant, veut dire "qui cherche à faire pleurer". Là, vous ne pouviez pas le deviner, mais je n’ai pas "cherché à" ; j’ai très simplement écrit un récit sur un sujet qui moi me touchait. S’il émeut mes lecteurs tant mieux, c’est que l’oeuvre est forte et véritable. Finalement, on pourrait considérer que toute oeuvre qui émeut est larmoyante. Ce n’est peut-être au fond qu’une question de sémantique. Je crois plutôt de subjectivité.

    Par ailleurs, qu’est-ce que c’est un "devoir de mémoire qui est d’aller de l’avant" ? N’est-ce pas péremptoire d’affirmer "le seul devoir qui soit, c’est... ". Je pense pour ma part, plus modestement, que le devoir de mémoire peut prendre bien des formes, tel par exemple une simple biographie imaginaire qui montre sans avoir besoin de donner de leçons de bons sentiments. Et puis, je suis surpris que vous ayez vu "une apologie de la mémoire patriotique et du sacrifice". Je dois dire que j’ai du mal à voir comment un récit banalement historique, une histoire toute simple et réaliste, puisse se transformer en "apologie". Je pense que vous devriez relire le roman avec un regard différent. Laissez de côté votre intelligence analytique-critique et laissez votre sensibilité percevoir cet amour qui anime les personnages et les douleurs que la guerre leur a causées, qui à elles-seules disent bien des choses sur la folie des hommes. N’oubliez jamais qu’il ne faut jamais se contenter de regarder le monde avec son intelligence et à travers le prisme de ses opinions, mais aussi savoir le percevoir avec son coeur.

    Vous penserez sans doute que j’ai été horriblement vexé par votre critique sévère. En vérité, une seule chose me touche dans votre regard sur ce Soldat Inconnu, c’est votre vision injuste de mes intentions. Je ne suis pas hypocrite, ni larmoyant, et je ne fais l’apologie du patriotisme et du sacrifice. C’est votre interprétation et croyez-moi elle est blessante. Si vous me connaissiez personnellement, vous n’auriez pas pu écrire cela... M’enfin. C’est pas bien grave.

    © Arthur Ténor (l’auteur)

    4. Hermione a été touchée par le débat, elle a acheté le livre et elle donne son avis...

    Les différentes interventions sur le site et le forum m’ont donné envie de lire ce roman. Je me le suis donc acheté et je n’ai pas été déçue. Je tiens à le dire haut et fort : ce roman m’a énormément touchée, de par son style d’écriture, de par son réalisme historique, de par le fait que l’on se sent extrêmement proche de ce personnage. Je pense que tout cela en fait un roman remarquable.

    Maintenant, ce n’est qu’un avis personnel et il est à prendre comme tel, mais rarement un roman m’a autant touchée..... Je ne pense pas que Arthur Ténor fasse l’apologie du sacrifice éternel. Au contraire, il dénonce avec l’innocence de ce jeune homme toute l’horreur de ce conflit, mais aussi peut-être tout ce que ces hommes ont dû éprouver lorsqu’ils ont été envoyés dans cette boucherie.... L’innocence a fait place peu à peu aux dures implications d’un tel conflit... Encore une fois je dis bravo à Arthur Ténor qui, je pense, continuera à toucher de par sa grande qualité d’écrivain beaucoup de générations d’individus (du plus petit au plus grand...). Trois fois BRAVO

    © Hermione le 2005-03-02 18:53:23

    5. Myriam s’explique ...

    Cher Mr Ténor,

    Je n’ai, en effet, pas l’honneur de vous connaître. Et, par là même, soyez sûr, que je me garderai bien d’ériger contre vous quelque "procès" (terme dont seul le webmaster porte la responsabilité) d’intentions personnelles que ce soit. Je regrette que vous ayez pu vous sentir blessé par le regard que j’ai porté sur votre livre. Aussi, n’est il sans doute pas inutile de prendre le temps nécessaire pour éclairer les quelques zones d’ombres que vous avez décelées dans mon analyse et qui vous sont demeurées incompréhensibles.

    Sachez, tout d’abord que j’adhère, bien évidemment, à votre volonté de transmettre l’histoire par le biais de la proximité et du sentiment et que j’en ai, bien entendu, perçu toute la modestie, l’humanité...et même la sincérité !. Je ne remets d’ailleurs en cause, à aucun moment, ni vos qualités narratives, ni votre investissement personnel... Si le terme d’hypocrite m’est venu à l’idée, il ne s’adressait en rien à la personne mais, plutôt à cet espèce de "phénomène de société" du "tout commémoratif" qui se répand de plus en plus et qui ne vous aura, en tant qu’historien, sans doute pas échappé. Je m’étonne simplement que la valeur de témoignage ne puisse plus à elle seule faire recette dans notre société. L’histoire ne suffit plus, le sentiment ne suffit plus, la réalité des faits ne suffit plus...Quelle est donc cette impérieuse nécessité qui accole inexorablement un point de vue commémoratif à chaque récit ?

    Certes, ce constat ne vaut pas que pour votre ouvrage. Il est devenu l’adage de bon nombre de livres ou de téléfilms, jouant leurs touches finales sur la symbolique du survivant venant chercher la mémoire de leur mort face à un monument. Mais, c’est sans doute là le reproche le plus virulent que je peux adresser à votre livre : celui de s’être fourvoyé imprudemment dans une tendance, à mon avis plus que contestable, de l’air du temps. Et cette fois, c’est moi que vous blessez au plus profond de mes convictions... Pour moi, un devoir de mémoire qui aille de l’avant n’est pas une antinomie, mais au contraire, la revendication d’une mémoire qui reste vivante et qui sert chaque jour à construire notre avenir avec un peu plus d’humanité et de sagesse. Laissez donc faire à nos collégiens le chemin de la réflexion, laissez leur s’approprier leurs propres conclusions ....

    L’horreur de la mort de François au fond de sa tranchée ne vous semble t-elle pas suffisante à elle même ? Bien plus apte que tous point de vue (serait-il même celui d’une société entière) à transmettre la réalité des choses ! Je comprends que vous pensiez que je puisse être passée à coté des vertus et qualités de votre ouvrage, soyez sûr qu’il n’en est rien. Je ne peux cependant pas rester sans réaction face à cette touche finale didactique, reflet d’une société qui s’égare dans le commémoratif à tout crin, et qui de mon point de vue entrave les vertus d’une transmission véritable.

    Soyez convaincu, Monsieur, que dans mes propos je ne remets en rien en cause, dans mes propos, votre bonne volonté, ni vos indéniables qualités d’écrivain.... Avec le plus grand des respects

    © Myriam Cieux, avril 2005

    Post-scriptum

    TÉNOR, Arthur. Il s’appelait le soldat inconnu. Paris : Gallimard jeunesse, 2004. 147 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm. (Folio junior). ISBN 2070558673

    Dès 10 ans

    Mot-clé : Première Guerre mondiale / Guerre 1914-1918 / 11 novembre / soldat / histoire

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    Forum de l'article : 6 contribution(s) au forum

    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, Par : poletta, 9 décembre 2007
    c de l’azode liide ce truk
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    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, Par : alina, 13 novembre 2007
    moi je dit que je doit dire ke tout cela est vraiment trop classe koi mais le livre n’a pa tro de fin allez moi je di ke jai amé le livre et ke c la premiere fois ke g une critique a faire aide moi stp
    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, par 59450, 2 décembre 2007
    et pourquoi tu pârle comme sa ossi je dirait que c’eatit un livre ttrés bien et moin prof m lemoine a aussi aimer mai il disai kil avit pa vraiment de fin smiley :- /
    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, par arthur Ténor, 10 février 2008
    Il est tout à fait vrai que ce livre a quelque chose d’inachevé. Et pour cause ! C’est l’éditeur qui a supprimé le dernier chapitre qu’il jugeait inutile, alors que moi, l’auteur, je pensais tout le contraire. Je n’ai pas eu gain de cause, à regret smiley. Aussi ai-je mis en ligne cet épilogue, qu’on lira sur ce lien : http// :tenorselivre.canalblog.com Bonne lecture. Arthur T.
    Voir en ligne :
    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, par Melle BENIT ELODIE, 28 février 2008
    BONJOUR MOI J’AI TROUVER LE LIVRE interresant mais je trouve qu’il n’ai pas bien ecrit, on dirait que l’histoire ne se suit pas et que pour moi(personnelement) je ne pas apresier cette metode mais rapelons le l’histoire en ell mêm peut etre interessant mais trés trés mal ecrit et est ce que c vous mr thenor qui a voulu cette metode d’ecriture, on dirait que sa a eté fait a la derniere minute ?
    Il s’appelait le soldat inconnu, d’Arthur Ténor, par arthur ténor, 8 mars 2008
    ? Quel âge as-tu ? Il est peut-être là, le problème (j’espère, sinon je change de métier smiley )
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