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L’HOMOSEXUALITÉ dans la littérature de jeunesse 2ème partie, par Thomas Chaimbault (mini thèse)

 
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    2. Figures de l’homosexualité dans la littérature de jeunesse

    Les représentations de l’homosexualité dans la littérature de jeunesse ont fort évolué en vingt ans de représentations, passant de la négation pure et simple de ce type de relation à l’acceptation et non pas la valorisation de cet amour mais au moins la possibilité de cet amour et une possibilité heureuse.

    2.1 L’homosexualité niée : l’amour qui n’ose pas dire son nom

    Devant l’absence de représentation, il faut au lecteur chercher tout indice pouvant servir de palliatif, chercher une fille volontaire, un garçon un peu sensible, voire des histoires d’amitiés forte et durables...

    2.1.1 Absence de représentations dans la littérature de jeunesse

    Je n’ai pas trouvé d’ouvrages traitant explicitement de l’homosexualité avant les années 1980 et édités en France. Néanmoins, il existait des titres dans la littérature classique qui étaient peut-être de ce fait étudiés en classe, ou du moins connus des élèves. Ainsi en est-il des Garçons de Henri de Montherlant ou des Amitiés Particulières de Roger Peyrefitte qui l’un et l’autre abordent ces amitiés fortes qui surviennent parfois entre garçons dans les internats des écoles et collèges religieux. Les Garçons de Montherlant sont une adaptation romancée de sa célèbre pièce La ville dont le prince est un enfant. Gageons cependant que ce n’est pas le genre de lecture qu’un adolescent recherchera en premier lieu, il nous faut donc nous concentrer dans la littérature qui lui est adressée.

    2.1.2 Les « séries » comme dérivatif

    Dans la littérature de jeunesse, les premiers ouvrages à avoir connu un franc succès étaient ce qu’on appelle les « séries » dont Enid Blyton devait se faire la reine avec la création de titres comme Le club des cinq ou le clan des sept, titres d’ailleurs illustrés au début par sa compagne... Non seulement ces livres mettaient en scène de jeunes garçons proches les uns des autres, en tout bien tout honneur, mais en plus, dans Le club des cinq se trouvait le personnage de Claude : une fille qui voulait se faire passer pour un garçon et qui transgressait allègrement les lois bien strictes séparant les sexes... Un vrai garçon manqué. Il s’agit là de tout un ensemble de personnages qui, même s’ils ne sont pas homosexuels, parlent aux jeunes homosexuels.

    Dans la collection « Safari-signe de piste », les personnages principaux, scouts et exclusivement masculins, font preuves des valeurs que l’on attend des jeunes garçons : force, loyauté, intelligence, courage voire témérité. Il s’agit d’une collection marquée religieusement, de laquelle on peut donc a-priori bannir sans le moindre doute toute arrière-pensée à propos d’un quelconque homo-érotisme, pourtant bien présent. Tous ces garçons sont unis par une amitié très forte faite d’admiration réciproque et de ce je-ne-sais-quoi qui unit les personnes pour la vie. Tous répondent également à des critères de beauté stricts soulignés par les dessins de Pierre Joubert : ils sont jeunes, beaux, élancés, blonds pour la plupart, en fait, un physique presque aryen ; ces jeunes adolescents semblent irréels tant ils sont typés.

    2.1.3 Des amitiés particulières

    Les histoires d’amitié ne sont pas rares dans la littérature pour enfants même si elle n’est pas parée de toutes les vertus, même si elle ne sert pas de moyen à l’expression d’une idéologie comme dans le cas de la collection « Signe de piste ». Et parfois on peut lire des récits rapprochant très intimement deux garçons, à un point tel que la question se pose de savoir si cette amitié intense ne serait pas plutôt de l’amour, un amour qui n’ose dire son nom puisqu’il n’en est pas vraiment question.

    Ainsi Un papillon dans la peau de Virginie Lou évoque-t-il ce genre d’amitié soudaine et bouleversante qui se transforme en amour. Omar est fasciné au sens strict du terme par Alexandre. Il est totalement subjugué par ce garçon si beau et si étrange, imprévu, incompréhensible à la fois.

    « Le visage d’Alexandre est levé vers les étoiles. C’est un enfant du ciel, un ange, un être venu d’ailleurs. Il sourit. »(Un papillon dans la peau, p.135)

    Mais ni l’un ni l’autre ne sont dupes et ils savent quelle est la nature véritable de leur relation. Omar et Alexandre partagent un « amour maladroit » (p.139), maladroit et d’autant plus fort qu’il finit de façon tragique.

    C’est également le cas d’Henry et Barry, les héros de La danse du coucou d’Aidan Chambers qui, au fil du roman, se rencontrent, s’apprécient, sont ensembles. On le sait, mais ce n’est jamais dit, jamais explicitement en tout cas, car de même que pour les héros de Virginie Lou, ceux de Aidan Chambers sont très proches, se jurent amitié, se jurent de se souvenir l’un de l’autre éternellement. Ils ne sont plus deux être séparés, mais ne forment plus qu’un, le propre d’un couple.

    « Alors voilà. Nous y voilà. Tout ce que je vous ai raconté, et tout ce que je ne vous ai pas raconté, nous l’avons partagé. Toutes ces expériences. Lui et moi. Lui-Moi. Lui-en-Moi. Moi-en-lui. Nous. » (La danse du coucou, p.201)

    Ces amours, ces amitiés profondes, ces « amitiés particulières » sont des lectures importantes pour qui recherche des héros amoureux de personnes de son sexe. La force de ces amours dans le cas des deux derniers ouvrages est extraordinaire. Mais, toujours, presque fatalement, il faut que l’histoire se finisse mal, comme si l’amour devait être expié. Alexandre disparaît subitement alors qu’il fuyait son père homophobe en compagnie d’Omar, Barry meurt dans un accident de moto après une dispute avec Henry au sujet d’une fille. Un adolescent qui se pose des questions quant à son identité sexuelle, qui cherche des modèles, des références, des repères n’auraient que ces personnages dont les amours finissent tragiquement ?

    2.2 Images tristes, images gay

    La représentation de l’homosexualité a beaucoup changé au cours de vingt années de publications, ajoutons néanmoins que ce ne furent pas des années où les ouvrages ont inondé le marché, loin de là.

    Le magazine Ex æquo qui aborde la question de la représentation de l’homosexualité dans la littérature de jeunesse au cours d’un dossier sur l’orientation sexuelle à l’école précise ainsi : « Au commencement d’une découverte de la littérature de jeunesse où l’homosexualité est clairement évoquée, seuls six ouvrages sont concernés. Six ouvrages sur une production, rien que pour l’année 97, de 6793 titres (créations comme rééditions)... ». Le magazine souligne la timidité, parfois teintée de peur d’aborder un sujet alors encore tabou, de la part de l’édition.

    Aujourd’hui, certes les publications ne sont pas beaucoup plus nombreuses, mais au moins essaient-elles de se faire moins hypocrites et de ne pas mettre le sujet de côté. De fait, la figure du personnage homosexuel a pas mal changé depuis sa restriction au rôle de malade du Sida à une image plus épanouie. Le lesbianisme n’est à ce titre pas oublié comme c’est trop souvent le cas.

    2.2.1 L’homosexuel malade du Sida

    Le traitement de l’homosexualité restant un sujet difficile, une façon de l’aborder est de parler de ce mal si répandu alors, dans les années ’80, dans la communauté homosexuelle, et qui déjà s’en échappe : le Sida.

    La nuit du concert de M.E. Kerr aborde ce sujet par le biais du frère de l’un des personnages qui est atteint de la maladie. Il va plutôt bien, mais se sait condamné. Etre homosexuel, et malade de surcroît, c’est être seul, abandonné de tous y compris de sa propre famille, les Grands-parents ne veulent plus venir pour Noël, la famille est dans un état de tension perpétuelle, la communauté met la famille à l’écart : la femme de ménage les quitte, le père de sa petite amie ne veut plus qu’elle fréquente le jeune protagoniste et cette dernière va jusqu’à le quitter un temps, leurs amis ne viennent plus les voir. Il reste la famille, le noyau familial déjà bien malmené mais qui promet de se ressouder dans l’adversité.

    « - (...) Papa et Maman disaient que c’était une question de jours, bientôt tout Seaville saurait la nouvelle. (...) J’espère seulement que nous serons assez solides pour tout ce qui va arriver, au moment où ça arrivera, Ricky, a dit Pete
    -   Mais on va faire face tous ensemble, ai-je dit. La famille d’abord. »
    (La nuit du concert, p.257)

    La même atmosphère de silence règne autour du Cerf-volant brisé de Paula Fox où c’est le père du jeune héros qui est malade et mourrant. Personne ne dit la vérité, tout le monde ment autour de cette maladie, de ses raisons, de son évolution, à leur entourage et y compris à eux-même : « si je t’en avais parlé, alors ç’a aurait été vraiment vrai »(p.193) affirme Liam, le personnage principal. Ils préfèrent se voiler le visage pour cacher la honte qu’ils éprouvent et la tristesse qui peu à peu la remplace. Il pèse autour des protagonistes comme une chape de mensonge. La famille se sent abandonnée. Ce n’est pas même sa famille, d’ailleurs, qui prend le plus soin du père malade au début. Mais le livre de Paula Fox, plus encore que ce voile de silence qui se glisse entre les membres de la famille, décrit le lent et difficile autant qu’inutile combat contre la maladie ; comment Philip, le père, est de plus en plus fatigué, comment il maigrit à outrance, comment il doit être hospitalisé... et meurt, entouré des siens.

    Jonas, le personnage homosexuel de Adieu Maxime, de Brigitte Smadja, s’en sort mieux dans le sens où il apparaît comme un personnage extraordinaire et hors du commun aux yeux de son neveu, Maxime. Mais, il n’en demeure pas moins exclu par ses frères. Il « ne [cadre] pas avec la famille ». Jonas est une figure heureuse, de bon conseil, mais lointaine. Et lorsque Maxime parvient enfin à le retrouver, il est trop tard. Il meurt à l‘hôpital. Presque aucun membre de la famille ne se déplace à son enterrement. Jonas aura été mis à l’écart de la famille jusqu’au bout.

    Dans Tout contre Léo de Christophe Honoré, P’tit Marcel ne doit pas montrer qu’il sait que son frère est malade et qu’il va mourir. Il a du mal à en parler à Léo lui-même. Parler, ce serait le rendre vrai alors que Léo n’a pas l’air malade, n’a pas de tâche brune ni aucun symptôme ; il a juste dit cela pour qu’on le laisse tranquille, comme il aurait dit qu’il partait en Amérique ou qu’il épousait une fille. Marcel aime son frère et il le veut pour lui tout seul, car lui seul peut le soigner, « un truc inconnu des médecins. Le mystère complet, pourtant ça va marcher » (p.106). La solution est d’être tout contre Léo. Marcel ne veut pas croire que Léo va mourir ; il en veut à son frère de partir et de le laisser seul. Il est triste. Léo quant à lui a souvent l’air absent, se fatigue vite, doit être hospitalisé. Il n’est pas souvent présent, ce n’est pas le personnage principal, mais c’est le personnage central et sa présence sourd tout au long du roman, comme une ombre, éternellement présente. Ces romans sont des romans sur le sida avant d’être des romans sur l’homosexualité, ou plus exactement, ce sont des romans qui traitent de la façon dont on peut agir quand on est confronté à la maladie.

    « - C’est un pédé, Léo ?
    -   Peut-être. Je ne sais pas. Ca changerait rien... une fille, un garçon, la maladie vient de quelqu’un forcément, mais ça nous servirait à quoi de savoir qui ?
    -   A se venger...
    -   Personne ne venge jamais personne, P’tit Marcel, sinon dans les livres... »
    (Tout contre Léo, p.93)

    L’homosexualité n’est qu’un moyen d’attraper la maladie, même si choisir de faire du malade un homosexuel n’est pas innocent bien sûr et permet d’aborder en même temps ce thème. Cela renforce le sentiment de solitude et de silence autour des personnages. Ce genre de roman est nécessaire, car il faut que les jeunes prennent conscience très tôt de l’urgence et de la gravité de la situation, de la maladie, mais ces titres n’aident pas à forger une image positive de l’homosexualité, excepté peut-être Adieu Maxime qui présente Jonas comme le seul personnage valable autour de Maxime, et encore puisque ce dernier ne survit pas... Il est temps dès lors de trouver d’autres références.

    2.2.2 Une image épanouie

    Il serait faux de dire qu’il n’y a aucun ouvrage qui présente l’homosexualité sous un jour moins fatal. Certains en effet, s’ils ne font pas abstraction des difficultés inhérentes à la découverte et surtout l’acceptation de l’homosexualité d’un proche comme de la sienne, la présentent sous des traits moins négatifs et dénués d’espoirs, avec une issue prometteuse, de cette promesse que la vie peut continuer et peut être pleine de joies.

    Ainsi Escalier C, le roman d’Elvire Murail, se termine-t-il sur une note heureuse ou du moins pleine de promesses quant à la vie du couple homosexuel dans l’immeuble, ce qui n’était pas évident. Le premier couple homosexuel apparaissait comme déchiré et violent au début du roman et les autres locataires ont dû y mettre fin. À la fin du roman, la situation narrative est inversée et un nouveau couple se forme. Le personnage principal, Forster, qui au début refusait son homosexualité accepte finalement l’idée qu’il se sent bien avec cet autre garçon qui habite au-dessus de lui. Il comprend que cet autre, sa présence, ses gestes, sa douceur, son attention lui sont indispensables et que son absence devient de plus en plus difficile à supporter. Forster quitte la spirale de méfiance dans laquelle il s’était enfermé et emménage chez Coleen. Preuve ultime de sa « guérison », Forster présente Coleen à son père venu le voir. Une scène forte et émouvante qui résonne comme une mise à l’épreuve en même temps qu’un défi qu’il lance à son père et au monde. Le roman paraît cependant au début un peu difficile d’accès par le nombre de ses personnages, mais une fois plongé dedans, il est difficile d’en sortir tant Elvire Murail sait peindre personnages et situation avec brio. Forster enfin en paix avec lui-même, le roman se termine sur cette citation du Magicien d’Oz de L. Franck Baum :

    « -Malgré tout, dit l’Epouvantail, je demanderai une cervelle plutôt qu’un cœur, car un idiot ne saurait que faire d’un cœur s’il en avait un. -Je choisirai le cœur répond l’Homme de Fer-blanc, parce que la cervelle ne rend pas heureux, et le bonheur c’est ce qu’il y a de mieux au monde. » Dans Les lettres de mon petit frère de Chris Donner, Christophe apparaît comme le héros salvateur qui vient tout régler et remettre en place quand les vacances tournaient à la catastrophe. La famille, en effet, décide de partir en vacance mais l’aîné des enfants, Christophe, est absent puisque parti visiter l’Italie avec son copain Florian. C’est alors que les catastrophes s’enchaînent et, en fait de vacances, elle semble plutôt vivre un véritable calvaire. Lorsque enfin Christophe arrive avec son copain sur sa moto tel un prince sur son cheval blanc pour ressouder la famille, hostile pourtant à sa venue -Florian, le copain étant traité de « voyou vicieux » et de « monstre » par la mère du narrateur-, tout redevient normal ou presque. Christophe présente le visage d’une homosexualité heureuse qui ne rencontre d’obstacles que dans les préjugés de sa famille ; mais dès que ces préjugés sont confrontés à la réalité, ils volent en éclat. C’est l’innocence de Mathieu, le petit frère, pour qui Christophe « a quand même le droit d’avoir les copains qu’il veut » (p.71) et qui estime que « si on n’a plus le droit d’embrasser ses copains où on veut, autant aller en prison tout de suite »(p.72) qui permet de passer outre ces images négatives. Avec son regard d’enfant, il ne comprend pas la colère de ses parents, colère que son insistance et son amour pour son frère finissent par vaincre. Macaron citron de Claire Mazard met en scène quant à lui les amours de deux lycéennes, Colline et Sara. Lentement, elles découvrent ce premier et nouveau sentiment, ainsi que les questionnements et les doutes qui l’accompagnent inexorablement. M’aime-t-elle seulement ? Nous sommes en présence de la naissance et de la fraîcheur d’un amour adolescent avec toute la beauté et la simplicité qu’il peut recouvrir. Certes, la famille, les amis, dont le soupirant de Colline, ne comprennent pas tout de suite la force d’un tel amour : la mère de Colline pleure, son père s’en va brusquement à un colloque et ne revient que trois jours plus tard pour éviter obstinément tout dialogue. Mais c’est justement le dialogue qui permet de rétablir la situation. Le dialogue unit les deux filles, il réconcilie Colline et sa meilleure amie, souligne l’amour que lui offre sa famille. Seul son jeune amoureux ne comprend pas, mais on peut partager sa peine. Voilà un roman que l’on attendait depuis longtemps. Il présente l’amour entre filles comme quelque chose de naturel, comme un amour égal, aussi fort, aussi vrai qu’un autre, mérite d’autant plus grand que l’homosexualité féminine est encore moins abordée que celle masculine.

    Ajoutons ici l’agréable Je me marierai avec Anna de Thierry Lenain qui raconte la ferme volonté d’une petite enfant de se marier avec sa meilleure amie, Anna, au grand dam de ses parents qui essaient en vain de lui expliquer que c’est impossible. Il s’agit d’un roman pour les plus jeunes, de la collection Première Lune, qui aborde la question avec humour. On ne peut s’empêcher d’éprouver de la sympathie pour cette fillette dont la décision semble irrévocable. D’ailleurs, ses parents finissent par abandonner l’espoir de la raisonner. Ils savent qu’elle est encore trop jeune pour qu’une telle décision ait quelque importance...

    2.2.3 Histoires de femmes

    Peu d’histoires mettent en scène deux filles amoureuses l’une de l’autre à l’exemple de Macaron Citron ou de Côte d’Azur de Cathy Bernheim. L’homosexualité ne semble être que masculine, comme si le lesbianisme n’existait pas. Et pourtant, dans ce dernier roman, Elyette et Charlotte apprennent à se connaître, se découvrent, découvrent la qualité d’un silence.

    « Elyette avance une main et caresse de l’index le dos de la mienne. Un courant me parcourt, de la nuque aux talons. Elle se penche vers moi, pose sa tête sur mon épaule, soupire. La chaleur douce de son souffle enveloppe mon cou d’une écharpe de frissons.
    -  Tu as froid ? demande Elyette
    -  Non. Je suis bien. (...) [J’ai] vue et revue [Elyette] jusqu’à ce que le bonheur ait la couleur de ses yeux, l’allégresse le timbre de son rire, et la tristesse le goût de son absence. »
    (Côte d’Azur, p. 128 et 144)

    L’amour qui les unit est fait de paix, « une émotion pure, troublante » (p.127) par opposition à la vie réelle faite quant à elle de problèmes familiaux pour l’une et l’autre, en crise avec leurs parents, et avec ses amies pour Charlotte dont la meilleure, Zuppa, lâche un : « Ne me touche pas (...), Tu me dégoûtes. Sale gouine ! » (p.145). Mais l’amour est plus fort. Plus fort que l’incompréhensi

    à suivre..., voir la 3ème partie