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MARSUPILAMI : l’interview exclusive !

 
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    Mesdames et Messieurs, en exclusivité pour le site Lille 3 Jeunesse, laissez-moi vous présenter (même si je présume que la grande majorité d’entre vous le connaît déjà) le grand, le fabuleux et incroyable MARSUPILAMI !

    © Dupuis (PNG)

    LA NAISSANCE DU MARSUPILAMI

    Marie : Monsieur le Marsupilami, bonjour ! Tout d’abord, je vous souhaite la bienvenue sur le campus de Lille 3 et je vous remercie de bien vouloir nous accorder cette interview qui est une totale exclusivité !

    Marsu  : Bonjour ! Mais de rien, c’est tout naturel d’accorder une interview aux étudiants d’une université aussi prestigieuse que Lille 3 !

    Marie : Pour commencer, j’aimerais aborder avec vous, le sujet qui est probablement le plus important, puisqu’il s’agit de votre naissance... Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?

    (JPG)
    André Franquin et ma statue !

    Marsu  : Eh bien, tout d’abord, pourquoi ne pas vous parler de mon créateur, mon papa : André Franquin qui m’a créé en 1951. Peut-être en avez vous déjà entendu parler puisqu’il est également le créateur entre autres des séries Spirou et Fantasio, ou encore Gaston Lagaffe. Il vous faut également savoir qu’à l’origine je n’ai été créé que dans le but de faire une " apparition " dans un album de Spirou intitulé Spirou et les héritiers.

    Marie : Pourquoi vous a t-on donné le nom de Marsupilami ?

    Marsu  : Pour vous expliquer l’origine de mon nom, décomposons-le ensemble. " Marsu " est la base du mot : marsupial. Effectivement, je fais partie de l’espèce des marsupiaux, bien que je n’habite pas en Australie et que je ne dispose pas d’une poche ventrale. Ensuite, le " pil " fait référence à Pilou-Pilou, le personnage créé par Segar, qui est également le créateur de Popeye. Ce personnage me ressemble plus ou moins. Lui et moi faisons la même taille et avons une queue, bien que la mienne soit plus longue que la sienne. Et pour finir " ami " puisque mon père a souhaité de moi que je sois un personnage très amical.

    Marie : Nous voilà un peu plus éclairés ! Tout à l’heure, si je me souviens bien, vous avez parlé d’une simple " apparition ". Pourtant vous êtes aujourd’hui l’un des personnages des plus célèbres de la bande dessinée !

    Marsu  : Eh bien oui ! Du statut de personnage secondaire, André Franquin m’a fait l’honneur de me consacrer une série d’albums dont je suis le personnage principal.

    Marie : Quelle aubaine ! Malheureusement, ce cher Monsieur Franquin nous a quittés en 1997, suite à un infarctus... Comme il ne peut donc pas être là aujourd’hui avec nous pour participer à cette interview, peut-être pourriez-vous nous parler de lui ? Nous le présenter un peu ? Car, après tout, qui mieux que vous le connaît aussi bien ?

    Marsu  : Vous le présenter ? Bien sûr ! Pour commencer, il est né le 3 janvier 1924 en Belgique. En 1945, il est arrivé chez l’éditeur de bandes dessinées belges : Dupuis. Plus tard, il a intégré l’équipe du Journal de Spirou. Et d’ailleurs, je me permets de vous rappeler que le Journal de Spirou est le magazine européen dédié à la jeunesse, le plus vieux à l’heure actuelle ! En 2008, ce journal a fêté ses 70 ans. Je vous précise ce point, car je suis vraiment ravi d’avoir pu faire mes débuts au sein d’une telle institution. Et donc, comme vous l’avez dit tout à l’heure, il nous a malheureusement quittés en 1997, à la suite d’un infarctus.

    Marie : De ce fait, qui donc a repris le flambeau en ce qui concerne la mise en place de vos aventures ?

    Marsu  : Il s’agit de Batem. Ou Luc Collin si vous préférez. Quand il a été nécessaire de développer mon personnage en albums, hors de la société Dupuis, c’est-à-dire au coeur de la société Marsu Productions, mon père a fait appel à Batem. Il avait découvert son talent dans le travail qu’il a fourni sur les produits dérivés à mon effigie. Puis, Batem a continué seul à développer mon univers depuis que Franquin est parti.

    Marie : Et c’est d’ailleurs pour rendre hommage à Monsieur Franquin que dans l’album Houba Banana, on vous a renommé : Marsupilami Franquini.

    Marsu  : Oui, et c’est quelque chose qui m’a tout particulièrement touché.

    Marie : Mais alors, quand donc vous a-t-on découvert pour la première fois ?

    Marsu  : La toute première fois ? C’était dans le numéro 720 de la série Spirou, qui date exactement du 31 janvier 1952.

    Marie : Pourriez-vous, s’il vous plaît, revenir avec nous sur le fait que vous étiez, à la base, censé uniquement être un personnage qui ne fait qu’une apparition ? Qu’est-ce qui a persuadé André Franquin de poursuivre vos aventures ?

    Marsu  : Ses amis ont joué un grand rôle dans sa décision. Ils l’ont incité à me créer un univers et tout ce qui s’ensuit. Plus précisément, son ami Géo Salmon, lui a donné un grand coup de pouce en lui proposant une suite pour mon personnage. Ce qui va donner jour à l’épisode intitulé : " Voleurs de Marsupilami " qui est paru dans le numéro 728 de Spirou du 27 mars 1952 jusqu’au numéro 762 du 13 novembre 1952.

    Marie : Donc, pour commencer, André Franquin a gardé votre personnage pour les épisodes de Spirou. Voilà qui est très intéressant. Parlons de votre personnage maintenant. Votre créateur vous a doté de nombreuses particularités, pouvez-vous nous en parler ?

    LES PARTICULARITÉS DU MARSUPILAMI

    Marsu  : C’est vrai que j’ai la chance de bénéficier d’incroyables compétences... Étant un personnage tiré de l’imaginaire de mon père, j’ai également beaucoup de possibilités d’actions différentes. Par exemple, je suis amphibie. Ce qui veux dire que je peux, à l’instar des poissons par exemple, vivre sous l’eau sans problème. C’est ce que les lecteurs ont pu remarquer dans l’épisode de 1954 et qui s’intitule " Le repaire de la Murène ".

    Marie : Vous êtes également un personnage... presque muet si je puis me permettre ! Voilà une particularité qui n’est pas courante chez des personnages de bande dessinée !

    Marsu  : Effectivement, André Franquin a souhaité faire de moi un personnage qui ne parle pas, ou du moins très peu. Comme vous pouvez d’ailleurs le constater, je suis un animal, et comme tout animal, j’ai mon propre cri. Celui-ci se caractérise par de nombreux " HOUBA  ! ".

    Marie : Peu commun pour un héros ! Comment André Franquin a-t-il réussi à faire tourner tout un univers entier autour d’un personnage qui ne parle pas ? En général, les héros de bande dessinée qui sont des animaux, ont tous le don de la parole, même si cela, dans le contexte de la réalité, est totalement improbable.

    Marsu  : Eh bien, tout simplement en créant des contextes où je suis amené à côtoyer d’autres personnages, qui eux, peuvent parler. Mon comportement peut aussi permettre aux lecteurs de comprendre mes états d’âme. Mes différentes réactions sont le reflet de ma personnalité.

    Marie : Oui, vous avez raison, le corps peut parfois dire bien plus que les paroles en elles-mêmes. Or, dans certains épisodes, vous parlez quand même !

    Marsu  : Parler ? J’emploierai plutôt le terme : répéter. Voyez-vous, dans l’épisode où je me rends à Incognito City avec mes deux amis Spirou et Fantasio, les lecteurs ont, c’est vrai, pu voir que je pouvais prononcer des mots, comme tout un chacun. Mais, dire que je parle, n’est pas tout à fait correct. Dans cet épisode, je répète les mots et paroles que j’entends. J’agis plutôt comme un perroquet. Mes paroles ne sont pas pensées, c’est plutôt une sorte de mécanisme de répétition.

    Marie : Une vraie prise de risque apparemment ! Franquin a créé un héros qui ne parle pas, et voilà que tout à coup, dans un épisode, il le dote du don de la parole. Comprenez-vous que beaucoup de tollés furent créés à cette occasion ?

    Marsu  : Oui et non. D’un côté je soutiens mon père dans cette initiative. C’est quelque chose qu’il fallait tenter. Pourquoi ne pas me doter de la parole, ne serait-ce que répétée ? Cela aurait pu donner un nouvel essor à mes aventures. André Franquin a suggéré qu’à chaque nouvelle histoire, je pourrais faire découvrir aux lecteurs, une de mes particularités nouvelles. Mais d’un autre côté, je comprends tout à fait que beaucoup de lecteurs n’aient pas apprécié que leur héros, soudain, possède ce type de faculté. Peut-être que justement mon semi-silence est l’une des choses qui leur plaît le plus !

    LA VIE PRIVÉE DU MARSUPILAMI

    Franquin © Dupuis, 1960  (JPG)

    Marie : Un animal, certes ! Mais un animal qui a une vie privée, une vie de famille... Il me semble bien que dans un épisode, vous séduisez une femelle marsupilami !

    Marsu  : Oui, c’est d’ailleurs avec elle que j’ai choisi de fonder ma famille.

    Marie : Que de romantisme ! Et comme c’est touchant de vous voir avec vos petits tous réunis dans votre nid ! Vous souvenez-vous dans quel album tous vos lecteurs ont pu découvrir votre famille ?

    Marsu  : Oui bien sûr ! Comment l’oublier ? L’album s’intitule Le Nid du Marsupilami. Il est sorti en 1957.

    LIEN AVEC SPIROU ET FANTASIO

    Marie : Entre 1958 et 1960, vous faites de nouvelles apparitions du côté de vos amis Spirou et Fantasio. Pourquoi ?

    Marsu  : Je pense que mon père a voulu garder ce lien entre eux et moi. Nous sommes de véritables amis. J’ai commencé à leurs côtés, et c’est peut-être grâce à eux, je dirais, que les lecteurs m’ont découvert aux tout débuts. Sans leurs aventures, on ne m’aurait pas connu. Et des liens tels que ceux-là, sont difficiles à briser. C’est pourquoi je fais de plus ou moins brèves apparitions de temps à autres dans les aventures de Spirou et Fantasio.

    Marie : Mais Monsieur Franquin n’a plus vraiment sa motivation d’antan pour animer les aventures de Spirou et Fantasio.

    Marsu  : Exact ! Mon père était plus inspiré par ses autres personnages. En l’occurrence, mon propre personnage, mais aussi celui de Gaston Lagaffe. À dire vrai, il me considère comme son " invention " la plus géniale qu’il ait créée. C’est énormément flatteur. C’est d’ailleurs l’une des raisons principales pour laquelle il a décidé de me créer ma propre histoire, celle que beaucoup connaissent aujourd’hui.

    Marie : Il me semble qu’en 1969, c’est un certain Jean-Claude Fournier qui va prendre en charge les aventures du Journal de Spirou !

    Marsu  : Oui. Jean-Claude Fournier est un jeune dessinateur qui va reprendre " l’entreprise ". Mais, mon père ne l’a pas laissé se débrouiller seul pour autant. Reprendre un tel journal n’est pas chose facile, c’est pourquoi il lui a donné beaucoup de précieux conseils.

    BRING M. BACKALIVE

    (JPG)
    Bring M. Backalive
    © Dupuis

    Marie : Et si nous parlions maintenant de Monsieur Backalive ?

    Marsu  : (rires) Ce cher Monsieur Backalive ! Que d’histoires avec lui !

    Marie : Pouvez-vous nous dire quel est le lien qui vous unit à ce personnage ?

    Marsu  : Pour résumer, il est un peu le faiseur de troubles dans mes aventures. Il est un chasseur de fauves qui veut absolument me capturer.

    Marie : Mais, connaissant vos incroyables capacités, vous ne vous laissez pas faire !

    Marsu  : C’est le moins que l’on puisse dire. On peut même parler d’un jeu entre nous. Il s’obstine à me pourchasser, et je m’obstine à me jouer de lui.

    HACHETTE ET SA BIBLIOTHÈQUE ROSE

    © Hachette 2006 (JPG)

    Marie : Depuis le mois de décembre 2006, vous êtes devenu l’un des héros de la collection " Bibliothèque Rose " créée par Monsieur Hachette.

    Marsu  : Oui, et c’est un réel honneur pour moi de compter parmi tous ces personnages qui ont émerveillé et qui émerveilleront encore les vies de personnes au goût prononcé pour la lecture.

    LE MARSUPILAMI : UN PERSONNAGE À PART ENTIÈRE

    Marie : Comment vivez-vous votre notoriété ? En plus d’être un héros de bande dessinée, beaucoup de produits dérivés à votre image sont vendus sur le marché ! Cela va des peluches, en passant pas les porte-clés, etc.

    Marsu  : Je le vis assez bien. J’ai été créé pour apporter un côté nouveau comparé aux autres bandes dessinées de l’époque. Je pense aussi que mon pelage jaune tacheté de noir, qui est donc peu commun, a une tendance à attirer le regard. Peut-être sont-ce des couleurs qui plaisent ? Ce qui expliquerait peut-être que beaucoup d’objets à mon effigie se vendent encore aujourd’hui.

    Marie : Ne soyez pas modeste Monsieur le Marsupilami ! Vous êtes le héros de plusieurs générations entre lesquelles vous crééz des liens ! Nous ne vous aimons pas uniquement pour votre pelage, c’est surtout votre identité et votre caractère qui nous plaisent chez vous. Ce n’est pas pour rien que votre premier album s’est vendu à plus de 600 000 exemplaires ! Et ce n’est pas pour rien non plus que vos albums sont traduits en plusieurs langues dans le monde !

    Marsu  : Vous m’en voyez ravi ! Cela me touche beaucoup.

    Marie : Eh bien Monsieur le Marsupilami, je crois qu’il est l’heure pour nous de nous quitter. Je vous remercie infiniment pour cette interview que vous nous avez accordée.

    Marsu  : C’était avec un réel plaisir que j’ai répondu à vos questions !

    Marie : En espérant vous revoir bientôt dans de nouvelles aventures, je vous souhaite un agréable retour en Palombie.

    Marsu  : Merci beaucoup. Au revoir !

    Propos recueillis par Marie Boulinguiez

    L1 Anglais, UE 6 Édition Jeunesse, novembre 2009.

    Post-scriptum

    Site officiel de Spirou

    Sur Lille3jeunesse, des Révélations de Spirou à Thomas