Site littérature jeunesse de lille 3

La maison aux 52 portes, d’Evelyne Brisou-Pellen

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Le visage fantomatique d’une jeune fille, une vieille bâtisse sombre, la pleine lune, ... L’atmosphère est mise en place. Cette première de couverture mystérieuse et inquiétante semble évocatrice de l’histoire qui va suivre, ainsi que de son titre : La maison aux 52 portes. Quel lien lie cette jeune fille au regard absent, à l’expression figée, à cette bâtisse d’un autre temps ?

    (JPG)

    La vie de Maïlys vient de subir un grand tournant. Ses parents ont chacun perdu leur travail et le propriétaire de leur appartement les a expulsés. Tout ça au moment où son oncle Albert décède, en leur léguant la vieille demeure familiale des Jarnois, avec pour seule condition qu’ils y vivent. Mais pourquoi eux ? L’oncle a pourtant eu des fils... De plus, pourquoi insister sur le fait qu’ils doivent y vivre ? N’ayant néanmoins nulle part d’autre où aller, Maïlys et ses parents se rendent sur place pour investir les lieux. Cet héritage tombe alors comme un miracle. Cependant, arrivés au lieu dit, la maison délabrée et son parc de mauvaises herbes ne semblent plus si accueillants. De plus, un micro-climat pluvieux s’installe juste au-dessus de la maison dès que la famille pose le pied à l’intérieur. Ainsi les Jarnois, coupés du monde extérieur par l’inondation qui s’ensuit, tente alors de s’occuper en attendant que la tempête passe. Il n’y a ni électricité, ni eau courante, le confort manque, les poussières s’amoncellent... dire que l’oncle Albert y a vécu jusqu’à sa mort !

    Maïlys part alors à la découverte de cette maison mystérieuse et terrifiante, surnommée auparavant « la maison aux 52 portes », où elle seule semble entendre les gémissements qui l’appellent et les portes qui claquent ; où elle seule semble concernée par ces visions d’un temps ancien... Que cherche-t-on à lui dire ?

    Ce livre, mélange de récit historique et fantastique, est assez simple à lire malgré ses retours en arrière. Chapitres courts, langage soutenu (sauf à une ou deux exceptions près), peu de vocabulaire réellement compliqué, ... tout est mis en œuvre pour une bonne compréhension de l’histoire. De plus, un lien entre la narratrice - Maïlys - et le lecteur se crée facilement ; voire même, le lecteur peut s’identifier à l’héroïne car ce roman ne possède aucune description qui pourrait réellement définir son âge.

    Des élément historiques

    On peut distinguer deux grands thèmes qui se dégagent de ce récit. Tout d’abord la première guerre mondiale, où la vie dans les tranchées et l’horreur de la guerre en général y sont dépeints, le tout grâce à des passages extraits d’un authentique journal ayant appartenu à un soldat français de l’époque (il s’agit ici du carnet de Sylvestre Martini, 173 Régiment d’Infanterie). Ces passages, délivrés à travers le livre, font ainsi réfléchir le lecteur. Ils ont cependant été choisis de manière à ne pas choquer les personnes à qui ce roman est destiné (je veux bien sur parler des ados de 10-11 ans). Le deuxième grand thème qui se dégage de cette histoire est la vie au début du XX siècle. Elle y est abordée de manière générale, elle concerne essentiellement la vie matérielle (avec les pièces, les objets, ...), les croyances, ou encore les tabous et les interdits propres à l’époque (on y apprend, par exemple, que les filles-mères étaient très mal vues pendant ces années-là parce qu’elles déshonoraient leur famille). Ainsi, toutes ces informations sont disséminées à travers ce récit ; d’une part pour permettre de comprendre le roman en lui-même, et d’autre part, c’est une manière comme une autre d’intéresser ou d’initier les lecteurs à l’Histoire (cette forme de média permettant peut être une assimilation plus facile de celle-ci).

    Destin ou hasard ?

    Le nombre 52, compris dans le titre, n’est pas anodin. En effet, il peut se rattacher au hasard et à la chance (un jeu de carte complet ne possède-t-il pas 52 cartes ?). En fait, ce livre est partagé entre l’idée de hasard et celle de destin : l’héroïne, à un moment donné de l’histoire, pense que sa destinée est justement de venir dans cette maison.

    Vivre dans le présent

    Le message délivré à travers ce livre est pour moi assez optimiste et logique. Le roman montre que la connaissance du passé aide à comprendre plus facilement le présent mais que cependant, il ne faut pas rester figé sur ce passé. Je pense donc que ce livre veut dire implicitement qu’il faut vivre dans le présent et surtout toujours aller de l’avant, savoir s’adapter aux différentes situations de la vie.

    Un livre des plus intéressant

    J’avais déjà lu ce livre plus jeune, et j’avoue qu’il m’avait passionnée. Même en le relisant maintenant, je le trouve toujours aussi bien fait, aussi bien écrit, il garde de son suspense jusqu’à la fin. Je conseille donc fortement ce livre. Il est plaisant, rapide à lire et donne le goût de la lecture en général. Pour les lecteurs avides de fantastique et d’énigme, à partir de 10-11 ans.

    Mots-clés : Maison hantée, Fantastique, Portes, Secret, Première guerre mondiale.

    Brisou-Pellen Evelyne. La maison aux 52 portes. Pocket Jeunesse, 2003. 151 pages. ISBN : 2-266-09958-2.

    Par Marjorie Piotrowski, L1 HSI, UFR Langues et Culture Antiques. Décembre 2009.

    Post-scriptum

    La première édition de ce livre est sortie en mars 2000. En ce qui me concerne, j’ai acquis celle de décembre 2003. On peut néanmoins le retrouver sur internet et le commander.