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Un été à tuer, de Kevin Brooks

 
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    Un adolescent recherche désespérément son ami d’enfance qui a disparu mystérieusement, sur une fête foraine, au milieu d’un tourbillon de manèges et de lumières, de cris et de violence. Le tout mélangé à l’odeur sucrée des barbapapas, à la musique hurlée par les hauts parleurs et à l’effet que l’alcool a sur son corps... Voici l’atmosphère dans laquelle Un été à tuer vous plonge.

    En résumé...

    L’intrigue commence là où débute l’été de Pete Boland, 16 ans, fils de détective. Trois semaines après la fin des cours, il constate une mauvaise habitude qu’il a prise : celle de ne rien faire. Il s’en contente et n’a guère l’intention de la changer avant la fin de son été. Cependant, lors d’un soir qu’il était en train de passer à regarder le soleil décliner, le téléphone sonne... C’est ainsi que commence Un été à tuer.

    Au bout du fil, Nicole Leigh, une amie de Pete. Cela fait plusieurs années qu’ils ne se sont pas vus. Elle programme de rassembler leur bande d’amis lors d’une soirée à la fête foraine qui fait halte en ville. Pete accepte et tente de convaincre Raymond Dagget, son voisin et ami d’enfance, de l’accompagner. Mais Raymond est un adolescent difficile et mystérieux qui a pour seul vrai ami son lapin noir avec qui il noue un lien plus fort qu’on ne pourrait l’imaginer. Malgré sa timidité Raymond accepte, non sans hésitations, et ensemble ils se rendent au lieu du rendez-vous : la cabane de leur enfance où Nicole, son frère Eric ainsi que Pauly Gilpin les attendent. Les cinq amis se retrouvent, discutent, mais très vite les bouteilles d’alcool circulent et les tensions montent dans leurs conversations, surtout lorsqu’Eric apprend que Stella Ross, l’ado star de la région sera la principale attraction de la fête foraine... Tout vacille.

    À ce moment, on constate les tournures dramatiques que prend l’intrigue, s’en suivra la disparition de Raymond sur la fête foraine, celle de Stella, les soupçons de la police, ceux des familles... On suit l’enquête impossible que Pete va mener seul, sans pouvoir compter sur ceux qu’il qualifiait d’« amis », avec pour seule piste les paroles que le lapin noir lui murmure au fond de la tête... On plonge en même temps que le héros dans un cauchemar bien réel en espérant se réveiller au plus vite.

    La couverture

    Elle nous montre un lapin noir dont la tête est légèrement séparée du corps, il est représenté à la verticale sur un fond neutre. Sur la quatrième de couverture, au milieu du résumé, on retrouve ce lapin noir, cette fois si représenté à l’envers sur un fond rouge sang. Les représentations paradoxales du lapin et le trio formé par les couleurs (blanc, rouge et noir) révèlent que l’intrigue sera inquiétante et énigmatique. La couverture laisse rapidement penser que l’on à affaire à un roman noir, un roman policier qui va nous plonger dans une ambiance sombre et mystérieuse...

    (GIF)

    Le reflet de la réalité

    Un été à tuer est un roman miroir que nous vivons du point de vue d’un jeune garçon à la recherche de soi, au milieu d’une des périodes les plus fatidiques de sa vie : son adolescence (la narration est à la première personne). Plusieurs retours en arrière le renvoient à son enfance, ils permettent de constater l’important changement qu’est le passage de l’enfance à l’adolescence.

    Les thèmes abordés (la drogue, l’alcool, la sexualité, entre autres) sont d’abord évoqués de manière assez crue et directe, ce qui peut surprendre certains mais qui renforce de façon efficace la franchise et le réalisme de l’intrigue. Le vocabulaire n’est pas complexe et le langage reste courant malgré quelques passages dans un langage argotique : il est adapté à l’adolescent lecteur, et cela lui permettra non seulement de bien comprendre l’intrigue mais en plus de s’identifier aux personnages. Les chapitres sont de longueurs variées, cela n’est pas anodin, car il y a beaucoup de rebondissements dans les plus courts tandis que les plus longs correspondent aux moments où le personnage principal, Pete, ne semble pas avancer dans son enquête mais perdre du temps, par exemple, lorsqu’il se fait interroger par la police qui le suspecte. Dans la peau du personnage, on est alors impatient de finir le chapitre et de sortir de la salle d’interrogatoire pour continuer l’enquête.

    La fête selon les ados ?

    Alcool, sexualité et drogue : ce sont les trois thèmes majeurs abordés dans ce roman. Ils sont avant tout évoqués dans la première partie du roman, c’est-à-dire lors de la soirée à la cabane et sur la fête foraine. Kevin brooks donne une vision noire de l’adolescence ; les ados se retrouvent autour de bouteilles de tequila et de flasques de rhum, ils se passent un joint et fument tous. Puis sous l’effet de l’alcool et de la drogue, certains se disputent ou se battent tandis que d’autres se rapprochent et se caressent. Un été à tuer montre les conséquences des soirées de ce genre : des disparitions, des bagarres, des rapports sexuels non protégés ou des viols... Le troisième grand thème abordé dans ce roman est la sexualité. Les personnages de ce roman comme tout adolescent découvrent leurs pulsions et leur attirance pour autrui. Ces sujets sont évoqués, comme déjà dit, de façon assez crue, mais ce n’est que la réalité. À la fin du roman (qui je le rappelle, donne une vision noire de la société aujourd’hui), on doit se dire que c’est la réalité qui choque. L’alcool, la drogue, la sexualité n’attirent-ils pas de plus en plus certains des adolescents ?

    La famille avant tout

    L’amitié et la famille sont les autres thèmes abordés dans le roman. Pete, le personnage principal se rend compte qu’il ne peut pas compter sur ceux qu’il appelait « amis » parce qu’ils lui mentent et qu’ils complotent, il remet en question son amitié comme tout adolescent peut le faire en grandissant... En revanche, il est aidé par ses parents, qui ne montrent pas de colère en apprenant qu’il a bu, qu’il leur a menti, qu’il a passé la nuit dehors... mais qui le rassurent et qui essaient de le comprendre. Ils sont prêts à tout pour l’aider malgré ce qu’il a fait. Kevin brooks montre donc que les parents sont les meilleures personnes sur qui l’adolescent doit compter, à qui il doit se confier et parler de ses problèmes. La relation parent/enfant est un élément cher au développement des adolescents : ils ont besoin du soutien de la famille, qui ne peut pas être remplacé par une autre sorte de soutien.

    Une histoire d’amour inattendue

    L’homosexualité est un autre thème abordé dans ce roman. En effet, la clé de l’intrigue se révèle être une histoire d’amour entre deux garçons. En revanche, Kevin brooks montre clairement que ses personnages ne sont pas des modèles auxquels s’identifier car n’affirmant pas leur identité, ils agissent mal, non seulement pour se venger du regard que l‘on porte sur eux mais en plus pour s’affirmer à leur façon. La conséquence de ceci ne peut être que le drame, ils ne sont pas un modèle à suivre. Il s’agit d’un contre-exemple si on peut dire. L’auteur parle ainsi de la difficulté des adolescents qui se découvrent homosexuels à s’affirmer et montre où peut mener la non-reconnaissance sociale. Il insiste sur le fait que les adolescents qui se découvrent homosexuels, même s’ils ont conscience que ce ne sera pas facile, doivent choisir la bonne voie pour affirmer leur identité : celle de l’acceptation et non pas celle de la vengeance.

    J’ai aimé ce livre

    Il est intéressant par la diversité des sujets qu’il aborde, les personnages sont fascinants et l’intrigue est tellement captivante qu’on n’aurait envie de le dévorer d’une traite... Il y a de tout : de l’action, du suspense, des rebondissements, de l’émotion, de l’humour... et avant tout un mystère qui n’est pas totalement éclairci à la fin du roman mais qui laisse libre cours à différentes interprétations... Je le conseille vivement et ajoute qu’on ne peut rêver mieux pour avoir une vue d’ensemble de la société et des problèmes de l’adolescence aujourd’hui.

    Adrien L1 HSI, Langues et Cultures Antiques, décembre 2009

    Post-scriptum

    Pour les plus grand ados avides de roman policier, ou pas. (à partir de 14ans)

    BROOKS, Kevin. Un été à tuer. Coll. Macadam Milan, des Editions Milan, 2009. 486 p. ISBN 978-2-7459-3608-0. 12 €.

    Couverture : Bruno Douin

    Paru sous le titre original Black rabbit summer chez Penguin Books en 2008. Traduit de l’anglais par Marie Cambolieu.

    www.editionsmilan-macadam.com

    www.editionsmilan.com

    Mots-clefs : disparition, alcool, drogue, homosexualité, famille, lapin.

    Un été à tuer est paru sous le titre Mes meilleurs ennemisdans certaines librairies.