Site littérature jeunesse de lille 3

Filles et Garçons, de Catherine Dolto, Colline Faure-Poirée, Frédérick Mansot ill.

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Comment tout savoir sur les filles et les garçons

    " Mine de rien, c’est aussi bien d’être une fille que d’être un garçon !! "

    (JPG)
    © Gallimard Jeunesse, 2007

    Comment expliquer aux enfants les différences du corps

    Filles et garçons est un album pour les jeunes enfants portant sur les différences physiques des filles et des garçons. En effet il n’est pas rare d’entendre un petite fille demander à ses parents « Pourquoi moi je n’ai pas de zizi ? ».

    Ce livre nous montre que bien que l’on a des différences, on possède des traits communs propres à l’être humain et que donc on se complète : « c’est bien que l’on soit à la fois pareils et différents, on se complète bien, comme ça on peut mieux s’aimer. » Cet album répond aux questions des enfants tout en les divertissant et aide les parents qui ne trouvent pas toujours les mots.

    À travers cet album et encore tant d’autres, l’auteur Catherine Dolto  [1] nous explique les choses de la vie avec un langage et un style d’écriture à la portée des jeunes enfants, très facile à comprendre et sans prendre de détours (sans tourner autour du pot) : « les garçons ont un pénis. Son petit nom c’est le zizi, c’est comme un petit tuyau avec un trou au bout ... ».

    Ainsi de cette manière, les enfants vont découvrir facilement ce qui les différencie mais aussi ce qui les rassemble comme par exemple : que les filles deviennent des mamans et que les garçons des papas. Ou encore, que c’est pas parce qu’un enfant est une fille qu’elle doit forcement aimer les poupées mais au contraire, elle peut aimer jouer avec les voitures et vice versa en ce qui concerne les garçons. De même, Catherine Dolto explique très facilement que l’inceste est prohibé mais que vouloir se marier avec l’un de ses parents quand on est petit est normal.

    Seul petit bémol, l’auteur ne fait pas référence à l’homosexualité qui pourtant fait partie intégrante de la société et des choses de la vie.

    Petit coup d’oeil sur la forme et le contenu de cet album

    Sur cet album de jolies couleurs se côtoient, la première de couverture représente deux jeunes enfants, garçon et fille, qui courent nus à la mer avec pour couleur prédominante le bleu. Déjà la couverture nous montre le thème principal de l’album qui est la différence. La quatrième de couverture, elle, est d’un fond rose avec deux petits coeurs rouges représentés. Le rose pour les filles et le bleu pour les garçons. Le livre est petit donc facilement transportable.

    En ce qui concerne le contenu, de multiples couleurs se précédent (vert, violet, orange, bleu, jaune etc.) avec un court texte en noir à gauche (plus ou moins 20 lignes) et à droite une illustration mettant plus ou moins en scène le propos de l’auteur. Par exemple, dans un passage, l’auteur nous explique que les garçons et les filles font tous des excréments et qu’ils ont tous deux fesses, l’illustration représente donc trois enfants aux toilettes. Ceci afin que si jamais les enfants n’ont pas compris le texte ils puissent comprendre avec l’image (comme le dit Catherine Dolto : « un enfant qui comprend mieux grandit mieux »). Et cela est le cas dans tous ses livres.

    Pour terminer, on pourrait dire que Filles et garçons est comme une sorte d’entracte qui peut aider à développer certains sujets complexes que les parents ont des fois du mal à expliquer, à aborder avec leurs enfants. Comme par exemple l’adoption, les différentes origines, les couleurs de peau etc.

    Camille D’halluin, L1 HSI, Langues et Cultures Antiques, mars 2010


    Ce livre s’inscrit dans une grande collection où le Dr Catherine Dolto, fille de la célèbre psychanalyste et pédiatre Françoise Dolto, aborde avec pédagogie de nombreux thèmes correspondant à autant de questions que de jeunes enfants sont susceptibles de se poser.

    Comme son titre l’indique, Filles et Garçons traite de la différence des sexes. Il est adressé aux enfants des deux genres, âgés de 4 - 5 ans, puisque c’est à ce moment-là que, selon la théorie freudienne, la différence des sexes émerge.

    Il s’agit d’un livre illustré où les explications du Dr Dolto se présentent sur la page de gauche et sont accompagnées d’un dessin sur la page de droite toujours en rapport avec le propos.

    Les illustrations sont de très bonne qualité et universelles. En effet, des enfants et des parents de toutes les origines y sont représentés, chacun peut donc s’identifier aux situations et cela permet également aux enfants de découvrir d’autres cultures, de s’ouvrir au monde ce qui constitue un premier pas vers la tolérance.

    En ce qui concerne les textes, le lecteur, à la lumière de la profession de l’auteur, ne sera pas surpris de constater qu’ils sont profondément inscrits dans une vision psychanalytique. On y retrouve donc des éléments propres à cette approche comme l’idéalisation du parent du même sexe. Ainsi, Dolto explique aux enfants que les petits garçons apprennent à devenir adultes en regardant leur père et que les petites filles adorent se maquiller comme leur mère.

    Elle y expose également sans détour le complexe d’Œdipe en expliquant que les petites filles voudraient se marier avec leur père et les petits garçons avec leur mère mais précise que cela est interdit, que c’est « la grande loi des humains ». Ce contenu, même si l’on adhère à la pensée psychanalytique, prête à la controverse. En effet, selon cette approche, l’Œdipe est un phénomène inconscient et qui a vocation à le rester. En explicitant l’Œdipe aux enfants, Dolto va à l’encontre du refoulement et ramène ce phénomène dans la conscience des jeunes enfants. Aussi, cette démarche, même inscrite dans une perspective psychanalytique, est dangereuse. Elle explique à de très jeunes enfants ce que de jeunes adultes auront du mal à intégrer lorsqu’ils entendront parler pour la première fois du complexe d’Œdipe. Il y a là un décalage entre le message et ceux auxquels il s’adresse.

    Ce décalage on le retrouve lors des trois premières pages qui sont consacrées aux différences anatomiques. Dolto explique donc que le sexe des garçons est le « pénis » (aussi appelé « zizi »), qu’il s’apparente à un « petit tuyau avec un trou au bout », qu’en dessous on trouve « deux boules », les « testicules » et que c’est là que plus tard se feront les « cellules de vie ». Le docteur Dolto jongle avec deux registres : un registre très enfantin, qui paraît être le plus indiqué pour le public auquel ce livre est destiné, mais également un vocabulaire plus sérieux, plus scientifique dont on peut se demander s’il sera compris par les jeunes enfants. En outre, ces derniers ont-ils besoin d’autant de précisions ? Tous ces détails répondent-ils vraiment à des interrogations réelles ? La phrase qui suit permet de mesurer le décalage évoqué plus haut, elle concerne ces fameuses « cellules de vie » :

    « Comme le pipi elles sortent par le trou qui est au bout du pénis, mais jamais en même temps ». On peut se demander si un enfant de 4 ou 5 ans, à qui la sexualité adulte est étrangère, a besoin de connaitre le fonctionnement de l’urètre ? Dolto s’adresse à de jeunes enfants en leur expliquant des choses qui ne les intéresseront qu’à la pré adolescence. Ce que veut le public de ce livre, c’est avoir une réponse à l’incontournable question : « Comment on fait les bébés ? »

    Dolto donne quelques éléments de réponse à la page suivante, celle consacrée aux filles. De la même manière que pour les garçons, elle ne se montre pas avare en détails expliquant ce qu’est la « vulve » ou le « vagin », mais elle explique aussi que ce dernier est « relié à la poche d’où sortent les bébés quand ils naissent. » On apprend également que c’est à l’intérieur du ventre des filles que se développent les « cellules de vie. »

    La troisième page traite des fesses. Elle explique que de ce point de vue les garçons et les filles se ressemblent. On y trouve un nouveau terme scientifique, « l’anus », duquel sortent « les excréments (le caca) et les prouts ». Ces derniers détails triviaux traduisent sans doute une volonté de Dolto de satisfaire la scatophilie infantile résultant du stade anal décrit par Freud et duquel sortent les enfants auxquels ce livre est destiné.

    L’intention du docteur Dolto de lutter contre les tabous apparaît comme louable dans une société qui a trop souvent mis au ban les questions relatives à la sexualité et où il convenait d’apprendre aux enfants que le sexe « c’est sale ». Toutefois, tout en saluant cette démarche, on peut néanmoins rester perplexe quant au vocabulaire qui est trop souvent excessivement technique et donc en décalage avec le langage des jeunes enfants.

    C.MAUGER, L2 Japonais, décembre 2009.

    Post-scriptum

    DOLTO,Catherine, FAURE-POIRÉE Colline ill., Frédéric Mansot ill.Filles et garçons. Gallimard Jeunesse, Giboulées, 2007. 28 p. : ill. en coul. ; 17 x 18 cm. (Mine de rien)

    ISBN : 978-2-07-061156-0. Album broché. 6 €.

    Public : 3-4 ans

    Mots-clés : différences, garçons et filles, sexualité

    La collection Mine de rien propose aux parents de nombreux albums traitant de ces sujets là et plus : Des amis de toutes les couleurs, On s’est adoptés, J’ai deux pays dans mon coeur, Vivre avec un handicap...

    Notes de bas de page

    [1] Catherine Dolto est haptopsychothérapeute, fille de la célèbre psychanalyste et pédiatre française Françoise Dolto, et sœur du chanteur Carlos.