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Brooklyn babies, de Janet McDonald

 
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    Raven est une jeune fille de seize ans. Ce qui la différencie des autres ? un bébé de trois mois qu’elle élève chez sa mère Gwen. Elle est désormais mère, mais le fait de renoncer à ses études la torture, elle ne peut s’y résoudre. Pourtant, elle ne voit pas de porte de secours à cette situation...
    (JPG)

    Un schéma ascendant

    Dans la situation initiale le personnage principal, Raven vit dans une cité noire de Brooklyn. Elle vient d’avoir son bébé il y a seulement quelques mois, elle se sent mal dans sa peau à cause des kilos qu’elle a pris pendant sa grossesse. Elle s’occupe de son fils à l’aide de chèques et de coupons alimentaires. Raven a conscience d’être mère, mais cela lui semble quelquefois bizarre. Avant elle gardait les enfants des autres et le soir elle le rendait, mais là c’était son enfant, pour toute la vie !

    Raven n’imaginait pas sa vie de la sorte, elle à qui on prédisait un avenir prometteur à l’université. Sa mère Gwen est désolée de voir sa fille connaître la même situation qu’elle lorsqu’elle avait le même âge. Raven est cadette et Dell, qui est assistante juridique, est l’aînée. Bien que la plupart de ses copines soient dans la même situation qu’elle, Raven ne voit pas la vie comme sa copine Aïcha qui avait eu une fille deux ans plus tôt et qui en attendait un autre. Cette dernière se complaisait dans cette vie de jeune mère, vivant au crochet de l’État et de sa mère. Elle n’avait aucun plan pour l’avenir, mis à part "se la couler douce".

    Raven culpabilise de causer des soucis à sa mère en ayant un bébé alors qu’elle n’a même pas terminé le lycée, de ce fait elle accepte que sa mère donne le prénom Smockey à son fils, le prénom d’un chanteur de la Motown que Raven trouvait pourtant "ringard".

    Une idée lui vint : "Je vais...décrocher la place que j’ai repérée dans le journal... je pourrai aider davantage et maman n’aura plus à faire tant d’heures supplémentaires".

    Malheureusement elle n’est pas au bout de ses peines, elle se voit refuser de postuler pour un poste d’employé aux archives dans une compagnie d’assurance vie, pour la raison suivante : "...il faut un diplôme pour obtenir du travail... de plus nous ne nous occupons certainement pas de garde d’enfant." Voila ce que lui avez dit la réceptionniste à la vue de son formulaire. Notre jeune mère en ressort désappointée mais pas totalement démotivée.

    Grâce à sa voisine AÏcha, elle décroche un job à mi-temps dans un fast food, son amie y voyant ses avantages (des repas gratuits), lui propose généreusement son aide pour la garde de son fils. Sans le savoir, elle va aider à ce qu’un évènement se produise.

    Tout à fait, un jour alors qu’elle arrive à la fin de son service, Raven reconnaît le père de son enfant, Jesse, qui fait son entrée dans le fast food. On parle bien de reconnaître quelqu’un, car avant cette soirée elle ne l’avait jamais vu ni revu. Comme elle le dit : "Elle avait joué la grande à cette stupide fête... Elle ne connaissait même pas le garçon, mais tout le monde s’embrassait... et tout ça ...il n’avait pas téléphoné alors qu’il avait promis...".

    C’était son premier rapport sexuel, et ce jeune garçon qui lui révèle ne pas avoir dix-huit mais quinze ans et demi, n’a même pas connaissance du fait qu’il a engendré un enfant. Lorsqu’il l’apprend, c’est le choc, mais il décide d’être présent, il en parle donc à ses parents. Ils réagissent mal, d’autant plus que Raven vient d’un milieu dit défavorisé. Mais une tierce personne va sans le savoir aider la situation, un collègue du père de Jesse, qui est directeur, lui fait remarquer la baisse de niveau du travail de son fils. Connaissant la cause de cette baisse de régime, il en discute avec sa femme et décide de faire la connaissance de Raven.

    Entre temps, la grande sœur de Raven lui redonne de l’espoir, elle l’informe qu’un concours d’orthographe aura lieu. Le gagnant aura le droit d’effectuer un stage de formation de huit semaines pour se préparer à l’université. Raven et sa mère sont sceptiques, car c’est la matière "où elle a toujours été nulle" mais Raven va s’entrainer avec sa copine pour ce concours qu’elle finit par gagner sous les yeux de sa famille, du grand-père de son fils et du père de son fils qu’elle n’apercevait pas mais qui était bien présent.

    Le but de Raven est atteint, sa mère et sœur sont fières d’elle, le père de son enfant passe voir son fils de temps en temps et elle est restée en contact avec les grand-parents de Smockey.

    C’est un schéma ascendant, Raven a obtenu plus qu’elle n’imaginait, et surtout elle a échappé au cliché des jeunes filles de la cité de Brooklyn.

    Ce roman contient 23 chapitre. Le chapitre qui relate l’histoire de la mère de Raven et les chapitre 4 et 5, qui correspondent au moment ou elle postule à la compagnie d’assurance vie, sont courts. Comme si l’auteur nous disait que ces étapes dures, certes, n’avait que peu d’importance, mais qu’elles nous propulsent vers de meilleurs jours en étant mieux armé.

    Le chapitre 7 nous fait part de l’atmosphère de cette endroit, ainsi que des idées qui y sont véhiculées. On sait qu’il y a un "sacré vacarme... dans leur église délabrée", "De la musique sortait des fenêtres", que les personnes âgées vivaient depuis au moins quarante ans dans leur HLM et de ce fait ils pensaient être devenus propriétaires. Leur idoles sont "Martin Luther King", "Kennedy", les chanteurs de la motown ou de R&B. Dans cette ville "Trop souvent...la minceur était mauvais signe, indice de drogue ou de maladie...le poids était bien vu. Toute chair prouvait que vous étiez en bonne santé".

    Un thème d’actualité

    Le livre est rythmé par de nombreux dialogues. Il y a deux retours en arrière qui sont racontés, celui de l’histoire de Gwen la mère de Raven, et celui de la rencontre entre Jesse et Raven.

    Le roman est facile à lire, un langage familier, même argotique est employé.

    Ce roman aborde les thèmes des mères seules et celui des jeunes mères. Ce livre peut être lu à partir de la classe de troisième, on peut se demande si le sujet est approprié à l’âge des lecteurs ?

    Je réponds oui, car c’est un sujet d’actualité. D’après le site "L’internaute" il y aurait en France environ plus de un million de jeunes mères isolées et sans travail. Nombreux sont les exemples partout en Europe et dans le monde, comme cette adolescente de quinze ans en Grande-Bretagne qui aurait eu un enfant avec un jeune garçon de treize ans.

    Ce livre aura peut-être le pouvoir de remonter le moral aux jeunes filles qui connaissent cette situation, ou bien de prévenir afin qu’elles puissent agir autrement.

    Pour en savoir plus...

    Janet McDonald, l’auteur, a grandi au sein d’une famille nombreuse, dans une cité pour les minorités de Brooklyn. Bonne élève, elle bénéficie de bourses pour faire des études et entre à Vassar College. Elle se spécialise en littérature française, rédige une thèse sur Nerval, enchaîne avec trois ans de droit, et décroche un emploi d’avocate dans un cabinet parisien. Auteur d’un mémoire, Project Girl, sur sa vie dans la cité, c’est Spellbound (Brooklyn Babies) que Janet McDonald se lance dans l’écriture de romans pour adolescents. Janet McDonald aimait rencontrer son pulic.

    J’ai eu le regret d’apprendre en me rendant sur le site Internet des éditions Thierry Magnier son décès en 2007.

    Niveau de lecture : classe de 3eme et plus

    McDONALD, Janet. Brooklyn Babies. Thierry Magnier, 2006. 189 p. 8,50 €. ISBN 2-84420-210-1 Traduit de l’américain par Nathalie Zimmermann

    Olvi Bouanga-M.

    Documents

    , 1er janvier 2010, JPG 22 ko, 221 x 400 pixels

    La première de couverture représente un potto au premier plan avec une pancarte, dessus une femme avec son sac à main et une poussette, au deuxième plan un pont. On peut supposer que cette femme représente Raven avec son bébé, et le sac représente peut-être l’envie de poursuivre ses études.

    Sur la quatrième de couverture, un immeuble, l’une de ses fenêtre est allumée, on y voit une femme soulevant un enfant. Au niveau de la connotation des couleurs, le jaune peut signifier la gloire. Cette quatrième de couverture semble étroitement liée à la première de couverture. En effet, au dessus du panneau décrit ci-dessus se trouve un autre panneau, dessus une flèche barrée en direction de l’immeuble. Nous pouvons y voir une volonté de quitter cet immeuble et de partir dans l’autre direction