Site littérature jeunesse de lille 3

Le lapin en peluche, de Komako Sakaï d’après Margery Williams

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    "Il est si beau ce livre. Il sent bon l’enfance. IL est plein de rêves. Il vous met des étoiles dans la tête. Il est féérique... Ah je fonds !"

    Isabelle Ignaczak, Bibliothèque Jean Balesdens à Naours.

    (BMP)

    Résumé

    Nous sommes le jour de Noël. Un petit garçon reçoit un lapin en peluche avec lequel il jouera durant deux heures avant de le délaisser pour d’autres jouets. Voilà donc le lapin enfermé dans le sombre placard avec tous les autres jouets, ne sortant que de temps à autre pour se retrouver dans un coin de la chambre. Tous les jouets mécaniques se moquent de lui. Seul le cheval de bois est son ami. Un soir, ne retrouvant pas son chien en peluche, le petit garçon dort avec le lapin en peluche. Ainsi commence leur formidable amitié. Aux yeux du petit garçon, il est vivant, distinction la plus haute pour un jouet. Mais un jour de promenade en forêt, de véritables lapin viennent à sa rencontre. Pour eux c’est certain, il n’est pas vivant ! Peu après, le petit garçon tombe malade et le médecin ordonne que l’on brûle ses livres et ses jouets. Qu’adviendra-t-il du pauvre lapin en peluche ? Est-il vraiment vivant ?

    Contexte et influence

    Cette histoire est pleine de vérité et de réalisme. Cela commence le jour de Noël, un jour symbolique pour les enfants qui attendent patiemment que leur chaussette soit remplie de jouets. Mais un enfant est un esprit distrait. L’objet de son attention perd de son importance lorsqu’un nouvel élément apparaît. Lorsque nous sommes enfants, nous n’attachons pas de réelle importance à un nouvel objet. La place de l’adulte est fort importante dans cet ouvrage. En effet, c’est la nourrice qui range les jouets dans le placard, qui donne le lapin en peluche lorsque le petit garçon ne retrouve plus son ami, et enfin le médecin qui décide de tout brûler. Bien que ce soit l’enfant qui joue, l’adulte reste bien trop souvent maître des décisions. Ainsi, si la nourrice n’avait pas donné ce lapin en peluche, aurait-il eu autant d’importance ?

    Au delà des apparences

    Ce simple lapin en peluche si peu important devient très vite un allié pour le petit garçon qui apprend à le connaître. Il lui donne tout son amour. En sa compagnie, il se sent en confiance. Le lapin en peluche devient alors son compagnon de jeu de tous les jours. Nous avons tous eu un jouet auquel nous nous sommes attachés. Il aura beau subir les effet du temps avec son usure, il sera toujours exceptionnel pour l’enfant. Le lapin prend donc ici le rôle du fameux "doudou". Il y a ici la personnification du lapin en peluche en une personne vivante et à part entière. Cette idée sera mise en conflit avec les véritables lapins qui ne considèrent pas la peluche comme l’un d’eux. C’est une chose qui leur échappe, cela est incompréhensible. Les adultes ne comprennent pas automatiquement qu’un enfant puisse éprouver autant d’affection pour une peluche toute usée.

    Une dimension féérique

    Cette histoire nous rappelle que nous aussi nous étions enfants autrefois. Nous regardons la réaction de ces personnages d’un autre œil. La séparation des deux compères nous attriste, notamment par sa brutalité. Le lapin est condamné à mourir par le feu, une mort violente pour cet être si cher. Évidemment, les adultes dissimulent la disparition de tous les jouets. Mais tout l’amour que lui porte le petit garçon provoquera une renaissance inattendue de son compagnon. Cette dimension féérique nous rassure. Ce n’est pas une récession dans notre manière de penser, mais plutôt le réveil de l’enfant que nous avons été et qui sommeillait au fond de nous.

    Le rôle de l’adulte

    Les enfants et leurs actes peuvent-ils être modelés par l’incompréhension du monde des grandes personnes ? Cette histoire prouve pourtant que l’imaginaire et l’amour pur et sincère d’un enfant peut être plus fort que toutes les épreuves qu’il doit traverser.

    Inter-activité entre les illustrations et le texte

    Les illustrations sont un peu "brouillonnes", ce qui intensifie le rapport avec l’enfance avec un trait sensible et naïf. L’ensemble est enfantin, rappelant les propres dessins d’enfants qui ne savent pas encore colorier convenablement. Les lignes sont rondes, courbes, ajoutant toute la douceur propre à l’enfance. Le visage des adultes est caché volontairement afin d’accentuer l’idée d’un éloignement et d’une confrontation sur la manière de regarder les choses. Seul l’enfant est montré entièrement car c’est lui qui est le plus proche de la peluche. Nous observons de très légères variations de la bouche du lapin. Il affiche en effet un petit sourire lorsqu’il est heureux. Cette peluche nous paraît vivante, comme le pense le petit garçon. C’est une image très forte pour la compréhension des sentiments des protagonistes et de nos souvenirs d’enfance. Les illustrations entrent parfaitement dans l’histoire, reprenant les grandes lignes et moments clés du texte. Il y a une impression de succession logique des événements. Il est possible de comprendre l’histoire sans même lire le texte.

    Les auteurs

    L’histoire fut d’abord écrite par Margery Williams en 1922 et fut illustrée par William Nicholson. Le titre original est The Velveteen Rabbit. Sa première publication française date de 1980.

    Cette nouvelle édition est revisitée par Komako Sakai. Elle est née à Hyogo au Japon en 1966. Après des études artistiques à l’université de Tôkyô, elle a d’abord dessiné des imprimés de mode avant d’illustrer et écrire des livres pour les enfants. Elle a été récompensée en 2005 par le Japan Picture Book Award pour "La fée des Renards". La présente édition est celle éditée par L’École des loisirs.

    Conclusion

    On se laisse rapidement emporter par l’univers de cet ouvrage tout en beauté et en douceur. On prend plaisir à admirer les illustrations que nous offre Komako Sakai qui maîtrise son trait. Ce livre nous fait replonger dans les souvenirs les plus agréables de notre enfance.

    Ce livre est destiné aux enfants à partir de 3 ans.

    Paru le : 15/05/2008 ; Éditeur : École des Loisirs (L’)/Pastel ; ISBN : 978-2-211-09188-6 ; EAN : 9782211091886 ; Nb. de pages : 36 pages ; Poids : 400 g ; Dimensions : 22,5cm x 28cm x 1cm.

    Prix éditeur : 12,50€

    Mots clés : peluche, petite enfance, jeu, doudou, vie, amitié, amour, lapin

    Sailly Claire, licence 1 Japonais, UFR ERSO, Décembre 2009