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Retour à la case égouttoir de l’amour, de Louise Rennison et Claire Bretécher ill.

La vie trépidante d’une adolescente d’aujourd’hui
 
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    Nous allons analyser ensemble le roman jeunesse de Louise Rennison intitulé Retour à la case égouttoir de l’amour. Il fait partie de la série « Le journal intime de Georgia Nicolson », journal intime de 9 tomes, il en est le 7ème. Nous allons traiter des tenants et des aboutissants de ce roman pour adolescents, détonant et explosif. Pour cela il est nécessaire d’étudier les références bibliographiques, la 1ère de couverture, sa maquette ainsi que sa quatrième de couverture et les informations annexés au livre. Par la suite il conviendra de se pencher sur le récit même, son histoire, ses personnages, la structure du récit. Enfin, pour parfaire la critique de ce roman, il sera de rigueur de s’atteler à étudier l’écriture et le style de l’auteur et de comprendre le message qu’il a voulu transmettre à son lectorat.

    Georgia, jeune adolescente de quatorze ans attend avec impatiente la réponse de son bien-aimé : voudra -t-il être son copain officiel ? Entre ses parents déjantés, ses professeurs pervers et pour le moins délurés, heureusement que le Top Gang est là pour elle, son groupe de copines inséparables (ou presque).

    (BMP)
    Première de couverture

    Pour commencer...

    La série intitulée « Le journal intime de Georgia Nicolson », Retour à la case égouttoir de l’amour, est entièrement écrite par Louise Rennison http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Rennison

    et illustré par Claire Bretécher. Son style très caricaturé parfait encore le portrait piquant et original que Rennison fait de son héroïne. La traduction est de Catherine Gibert. Elle est éditée chez Gallimard jeunesse, en 2007 en France dans la collection Scripto, et en 2006 à Londres chez Harper Collins Children’s books. Ce volume relié compte 232 pages, se présente en format 20x13 et coûte 10€. Son numéro ISBN est le 978-2-07-061058-7.

    La première de couverture nous renseigne sur la collection, le nom de la série, le titre de l’ouvrage, l’auteur et son illustrateur.

    Sa maquette met en avant le titre du volume, en grands caractères et prenant toute la première moitié de la couverture. On peut remarquer que, comme sur tout les autres romans de la série le titre présente un double aspect. On voit son ombre, il est dédoublé et pourrait représenter les deux protagonistes principaux du roman : Georgia et le lecteur, l’entité à laquelle elle écrit dans son journal. Sa typographie mime celle d’une écriture manuelle, pouvant représenter celle-là même de Georgia. Quant à la couleur choisie, un rouge carmin profond, elle pourrait avoir un rapport avec le thème de l’amour que l’on retrouve dans le titre. Cependant, comme nous pouvons le remarquer en observant les autres tomes de la série, chaque tome à sa couleur, toujours différente et rarement cohérente. Claire Bretécher nous propose un dessin en pied de l’héroïne de ce roman. On retrouve donc Georgia, en habit de viking. De cette manière l’illustratrice nous expose un moment du roman, ici même une représentation de l’habillement nécessaire à l’exécution avec sa bande de copines de leur chorégraphie intitulée : « Tout schuss sur le disco viking ». Elle permet alors également de nous faire une idée de cette jeune fille si originale et exubérante. Elle est représentée seule et illustre alors le titre assez clairement : notre héroïne est « seulabre », sans petits copains. Ce roman va traiter d’amour, de solitude et va encore nous surprendre comme on peut le lire sur le visage de notre jeune héroïne.

    La quatrième de couverture présente la couverture des précédents numéros de la série dans leur ordre de parution, nous dévoile le synopsis ainsi que deux critiques de magazines divers. Elle évoque encore le titre du volume en imprimant comme sur la 1ère de couverture le titre en « ombre ». Le nom de la série et son numéro est de nouveau inscrit. Le prix, la collection, l’éditeur et son adresse internet, le nom de l’illustrateur ainsi que le code barre et le numéro ISBN sont également présents. Le texte de présentation nous dévoile un style d’écriture « adulte », totalement en opposition au style propre de la série. Le propre de cette série est sa forme de journal intime, qui nous plonge, comme son nom l’indique, dans l’intimité de notre jeune héroïne. Une fois l’histoire entamée il nous tarde d’en savoir plus sur le cheminement que va prendre la vie de Georgia. Ainsi ce style particulier d’écriture se suffit à lui-même quant à nous inciter à la lecture.

    En deuxième et troisième de couverture l’illustratrice a reproduit en gros plan et tronqué la même illustration que celle représentée sur la première de couverture. On peut également trouver sur la troisième de couverture une petite biographie de l’auteur et son portrait en couleur. Sur les dernières pages du livre un dossier réunit tous les tomes déjà écrits par l’auteur avec un résumé succinct de chacun d’eux, ainsi que l’illustration en noir et blanc en bas de page de leurs premières de couverture.

    Le journal intime de Georgia Nicolson : l’immersion du lecteur dans le coeur d’une adolescente :

    Le roman est écrit sous forme de journal intime rédigé par Georgia Nicolson, sa narratrice. C’est son journal intime qu’il nous est donné de lire et c’est à travers elle que nous vivons la vie d’une jeune adolescente d’aujourd’hui.

    Le personnage principal est dons cette même Georgia, c’est l’héroïne de la série. Elle est entourée de nombreux adjuvants qui intègrent tous avec elle le Top Gang, leur groupe de copines. On y trouve Jas, dit « Jasounette » ou encore « Miss Frangette ». C’est une grande amie de Georgia, même si elle l’énerve quelque peu et elles passent quelque fois des jours sans se parler. Elle sort avec Tom, dit « Craquos ». Il y également Ellen, elle a le béguin pour « Dave la Marrade » dont nous reparlerons plus tard. Rosie dit « Roro » sort avec Sven « Le géant des steppes glacées », on comprend qu’il est originaire d’un pays très loin et où il fait très froid !! Ils sont d’ailleurs fiancés et commence à organiser leurs noces « Viking ». Jools sort avec Rollo.

    Côté garçon, il y a le héros de ce tome, Massimo dit « scooterino » car il a un scooter et qu’il est italien (d’où la désinence en -ino). Il est également surnommé « le transalpin ». C’est de lui dont Georgia s’éprend et c’est de lui que naîtra la quête de Georgia autrement dit mettre main basse sur le cœur de ce bel italien. Il y a Dave surnommé « Dave la marrade », c’est un grand comique et séducteur. Il sort avec une certaine Emma, dont on n’apprend pas grand chose dans ce volume. Voilà ce qu’il en est des adjuvants.

    On repère deux principales opposantes (oui ce ne peut être que des filles dans le monde d’une adolescente à la recherche de l’amour !). La première est « Lindsay la Nouillasse », elle fréquente aussi Scooterino et compte bien le prendre à Georgia, elle est toujours suivie de MLTC : « Monica La Trop Consternante » c’est son acolyte. Elles sont toutes les deux plus âgées que la troupe du Top Gang, elles sont en terminale et profite de cet avantage pour les ridiculiser.

    A côté de ces personnages principaux on trouve également les incontournables de la série, je cite la famille de l’héroïne : Vati, son père, un peu maladroit. Muttie,sa mère, exubérante, une attitude trop jeune au goût de sa fille, qui ne fait jamais à manger mais sait écouter Georgia au besoin. Il est important de noter que les personnages de ses parents ont de même un bon rôle dans la série car Georgia attribue à tous les parents les termes de Muttie et Vati comme d’un nom commun qui remplacerait les noms Mère et Père. Il en est de même pour le grand-père de Georgia qu’elle appelle Grand-Vati. Libby, sa petite sœur, est une tueuse invétérée de poupées et déborde d’énergie. Elle est là pour réconforter sa grande sœur avec ses poupées estropiées.

    D’autres personnages, beaucoup plus secondaires sont encore présents tels que les professeurs de notre jeune collégienne comme la mère Stamp, une professeur de sport à tendance lesbienne, la mère Wilson « L’experte en Billy Shakespeare », la professeur de théâtre et enfin Elvis, « le gardien de collège irascible ».

    Structure du récit, écriture et style de l’auteur :

    Le récit est incontestablement linéaire et chronologique. Avec lui on vit dans le présent, dans l’instant même, ce roman représentant le journal intime jour par jour et par minute de la vie d’une adolescente d’aujourd’hui. Il est de ce fait très agréable à lire et l’on prend très rapidement à cœur les péripéties de la vie de l’héroïne. Il arrive très rarement que quelques souvenirs soient évoqués mais ils ne gênent en aucun cas le déroulement chronologique de l’histoire, celle-ci prenant inévitablement pied dans le présent (les heures et les minutes y sont même annotées).

    L’auteur a tronqué le roman en six chapitres, totalement inégaux. Dans le premier, six jours se déroulent. Dans le second à peine deux jours. La roman prend place temporellement du samedi 18 juin au samedi 16 juillet, autrement dit à peine plus d’un mois pendant lesquelles, jour après jour nous sommes transportés dans le monde explosif de Georgia Nicolson. Ce roman se démarque de beaucoup d’autres de sa génération par le style particulier de son auteur. Effectivement Louise Rennison se met dans la peau de son héroïne adolescente et nous fait part de ses journées que l’on ne peut qualifier que de tonitruantes. Ainsi elle met en place tout un univers unique de pensées et d’expressions et se permet, pour cela, de réinventer l’orthographe et les expressions idiomatiques. Elle écrit en argot, repense l’amour et fait la révolution.

    Embarqué dans ce monde original, il est bien difficile d’en sortir, certaines expressions poussant jusqu’à rire aux larmes. Elle écrit dans un style oral et de ce fait on a plutôt tendance à retrouver des phrases courtes, agrémentées d’une dose exagérée de ponctuations. Les dialogues sont indispensables, l’auteur souhaitant nous faire plus que ressentir mais quasiment vivre la vie de sa jeune adolescente. Elle incorpore également des descriptions d’une légèreté et d’une hilarité remarquable. Elle flotte au-dessus des conventions d’écriture, nous donne à lire des centaines de pages acidulées, toutes plus hilarantes les unes que les autres, respirant la joie de vivre et l’énergie de la jeunesse. Louise Rennison a fait plus que faire parler son héroïne mais a fait vivre à travers elle toute une génération d’adolescentes et a réussie à créer le modèle type de l ’adolescente d’aujourd’hui. Elle y aborde les thèmes de l’amour, de l’amitié et de la famille sans aucun tabou ni aucune réserve. Elle décrypte la vie d’un adolescent dans le monde d’aujourd’hui. Ce que l’on aime chez elle c’est sa manière directe et sans détours de nous décrire la découverte d’un monde plus compliqué qu’il n’y paraît aux yeux de jeunes adolescents, le monde adulte. Ces écrits drôles et incisifs sont tout à fait adaptés aux jeunes lectorats à partir de 12 ans.

    Cependant les romans de Louise Rennison ne sont pas uniquement destinés aux adolescents mais également aux parents, comme l’auteur nous le fait savoir dans la « préface » écrite à la sauce Georgia : « Mais surtout méga merci à mes adorables, adorables lecteurs (parmi lesquels il y aurait des Vatis, ce qui est un couic effarant). »

    Pour finir...

    Ainsi la série du journal intime de Georgia Nicolson a fait et fait toujours un ravage auprès des jeunes et des moins jeunes et se laisse lire à tout heure et en tous lieux par qui veut retrouver le sourire et mettre de la bonne humeur dans sa journée...

    RENNISON Louise, BRETECHER, Claire ill. Retour à la case égouttoir de l’amour. Gallimard Jeunnesse, 2007. ISBN 978-2-07-061058-7

    Au cinéma :

    http://www.commeaucinema.com/film/le-journal-intime-de-georgia-nicholson,96238

    FEKONJA Sarah, L1 HSI UFR Langues et Culture Antiques Décembre 2009

    Voir en ligne : Pour les amateurs de cinéma...