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Constantin, un crocodile qui me ressemblait...

Plus qu’une simple une histoire, une vérité qui m’a aidée à vivre...
 
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    Constantin était un crocodile d’Amazonie, incompris car très timide. Il n’aimait pas se mélanger aux autres. Il préférait rester seul dans sa petite baie... jusqu’au jour où, parti à l’aventure, il allait faire une découverte qui bouleverserait sa vie... et la mienne...
    (JPG)
    © Épigones, 1989

    Dès les premières lignes, je m’identifiai à Constantin. Comme lui j’étais timide et réservée, je ne me sentais pas comme les autres. Je le lus d’une traite et le relus souvent les semaines suivantes.

    J’étais sous le charme pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’histoire était pour moi un vrai roman : c’était le tout premier de mes albums dont le texte me paraissait long et le vocabulaire riche et plus soutenu. Ensuite, les images étaient dépaysantes, elles me transportaient dans une jungle que j’ai retrouvée plus tard dans les tableaux du Douanier Rousseau. J’avais l’impression que les couleurs étaient sombres au début puis lumineuses juste après la découverte du cor.

    Enfin, les images improbables - un crocodile portant un cor d’harmonie dans la forêt - me tiraient vers l’imaginaire. Cela me permettait de m’évader du monde réel et de partir à l’aventure avec Constantin, un Constantin qui me ressemblait, parce qu’il vivait à l’écart des autres. C’était pour cela, que je préférais le passage où Constantin trouvait le cor d’harmonie : timide et honnête, il attendait avant d’emporter le cor d’être sûr qu’il n’appartenait à personne, alors que dans la vie réelle, c’est tout le contraire. À ce moment là il était sauvé grâce à cet objet inattendu. J’oubliais très vite que le personnage était un crocodile et je cherchais dans ma tête quel objet pourrait me sauver...

    Et, surtout, je comprenais au fur et à mesure que la timidité n’était pas une tare, ni une différence. Les préjugés des autres crocodiles : « Déjà quand il était enfant, il était différent. Quand il est sorti de l’œuf, il était tout petit et avait une tache sombre au milieu du front... », ces préjugés là provoquaient chez Constantin une perte de confiance : « Peut-être ont-ils raison, je suis un bon à rien... » pensait Constantin. Que je retrouvais là mes propres peurs ! Je ne parlais pas beaucoup et je vivais dans un monde à part, le mien, tout comme Constantin qui avait sa petite crique où il courait se réfugier.

    Cet album m’a permis de réfléchir. J’ai constaté que cette histoire reflétait une part de vérité. Ces mêmes préjugés, qui blessaient Constantin et le forçaient à s’exclure, ils sont bien présents dans la vie réelle. Pour moi, ce n’était plus simplement une histoire mais c’était une vérité qui aidait à vivre. La musique permettait à Constantin de communiquer, la lecture de ce livre me faisait grandir.

    Louisa Spencer

    Deust 2 métiers des bibliothèques et de la Documentation, mars 2010

    Post-scriptum

    WAGENER, Gerda, BARÁNKOVÁ, Vlasta. Un crocodile pas comme les autres. Paris : éditions Épigones, 1989. 26 p. ISBN 2-7366-3214-1

    Gerda Wagener est l’auteur de nombreux albums pour la jeunesse, dont les principaux personnages sont des animaux.

    Les éditions Épigones, fondées en 1983, étaient spécialisées dans la production d’albums et de romans pour enfants. Ils ont cessé leur activité en 2003.