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L’illustration de la SHOAH dans la littérature jeunesse par l’allégorie : le recours aux animaux (mini thèse)

 
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    Mots-clés

    Autrefois sujet tabou dans la littérature jeunesse, la persécution du peuple juif par le régime nazi et ses alliés est aujourd’hui de plus en plus évoquée.

    En hébreu, le terme « shoah » signifie « catastrophe » et désigne l’extermination systématique des populations juives de l’Europe occupée par l’Allemagne nazie. Il y a soixante-quatre ans que la seconde guerre mondiale a pris fin et avec elle, les horreurs perpétrées par ce régime.

    Il est très difficile d’aborder un sujet aussi délicat avec des enfants car la violence des persécutions, l’horreur des camps de la mort ne peuvent être traités directement. On constate que certains auteurs ont réussi à contourner cet obstacle en substituant des animaux aux personnages humains. Ce traitement des personnages permet d’identifier clairement les rôles de chacun. Cette technique n’est pas nouvelle, on constate son utilisation dans de nombreux contes comme Le petit chaperon rouge où la figure du loup est utilisée pour symboliser l’inconnu et fait office d’avertissement pour les enfants imprudents.

    Voici une présentation des ouvrages sur lesquels portera notre étude :

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    DIDIER, Jean et Zad. L’agneau qui ne voulait pas être un mouton. Paris : Syros, 2008. 34 p. ISBN : 978-2748506402

    En résumé

    Les moutons sont mangés par les loups, c’est un fait. Quand le loup vient chercher le mouton noir personne ne réagit car ils ne sont pas noirs, quand ils viennent chercher le mouton malade personne ne réagit car ils ne sont pas malades. Cependant, quand vient le tour du bélier, les autres moutons commencent à se dire que leur tour viendra aussi. Seul un agneau ose se rebeller et tenir tête au grand méchant loup.

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    CALVO. La bête est morte. 1, Quand la bête est déchaînée. 2, Quand la bête est terrassée. Paris : Gallimard, 2007. 78 p. ISBN : 978-2070616022

    En résumé

    L’histoire de la Seconde Guerre mondiale et la chute d’Hitler transposée dans le monde des animaux. De l’attaque du Grand Loup à sa chute. Ce livre fut d’abord publié durant l’Occupation entre 1944 pour le premier tome et 1945 pour le second.

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    DERU-RENARD, Béatrice. Les loups noirs. Paris : Pastel,2005. 28 p. ISBN : 978-2211077910

    En résumé

    Dans la vallée, tous les animaux sont mélangés peu importe la couleur, tout le monde fait ce qu’il veut. Pour les loups noirs de la montagne aride c’est intolérable, le chef exige une intervention et un groupe de loups enragés menace bientôt la paix de la vallée.

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    SPIEGELMAN, Art. Maus. Paris : Flammarion, 1998. 296p. ISBN : 978-2080675347

    En résumé

    L’histoire de la Shoah racontée au fil des confessions de Vladeck un juif polonais qui a survécu à Auschwitz, le père du narrateur Art, des années 1930 jusqu’à sa déportation pour Auschwitz en 1944.

    Voyons maintenant en détail ces différentes représentations.

    1.La représentation du régime nazi

    1.1. Le loup

    Depuis le début de l’ère chrétienne, le loup est considéré comme l’allié du mal, qu’il s’agisse du prédateur nocturne, à la recherche d’enfants innocents ou de bétail, ou encore de la punition divine, son rôle est, pour les chrétiens, avant tout maléfique.

    C’est ce même personnage à l’aura maléfique que l’on retrouve dans les contes, le grand méchant loup dévorant moutons et enfants imprudents comme c’est le cas dans Le petit chaperon rouge ou Le loup et l’agneau. Pour le sujet qui nous intéresse, on note que, le plus souvent, le loup est utilisé pour représenter l’Allemagne nazie. On le voit ainsi dans La Bête est morte où il est affublé d’un brassard portant la croix gammée et d’une tenue militaire rappelant l’uniforme des allemands.

    Cette première évocation du nazisme par le recours du loup sera ensuite réutilisée mais quelque peu atténuée, ce sera notamment le cas avec Les loups noirs où les loups n’auront pas l’apparence de nazis comme ce fut le cas précédemment mais en auront le comportement et les noms, on retrouve ainsi l’abominable Adolphe et les deux affreux Benito et Augusto. L’utilisation de ces noms renvoie bien sûr aux dictateurs et constitue une sorte de référence aux premiers films d’animation de Tex Avery, notamment Blitz Wolf où le loup Adolf Wolf est utilisé pour symboliser l’Allemagne nazie. Avec le jeu sonore sur le nom de ce personnage, on trouve une allusion à la manière de s’exprimer de ce funeste personnage qui ressemblait aux aboiements d’un chien. Cet emploi du loup est justifié par la volonté de l’auteur de souligner le caractère cruel et agressif du régime en général et du dictateur en particulier. Les descriptions faites dans ce livre des persécutions de l’armée allemande sur les populations sont d’ailleurs assez fidèles à l’Histoire.

    Le loup, grâce à sa mauvaise réputation, permet à l’histoire d’être lue par les plus jeunes qui comprendront le sens principal de l’histoire, un méchant loup et sa bande persécutent les animaux de la forêt, et c’est à l’adulte de lui donner les éléments lui permettant de comprendre ce à quoi renvoie cette histoire et les allusions qui y sont faites.

    Le loup est aussi utilisé pour symboliser ce même régime mais de manière moins appuyée dans L’agneau qui ne voulait pas être un mouton où l’on retrouve le schéma habituel du loup qui dévore les moutons. Cette histoire contient deux niveaux de lecture. Le premier, destiné aux plus jeunes lecteurs, peut être vu comme une histoire prônant le refus de l’indifférence face aux injustices, le mouton refuse l’indifférence ambiante face au sort des autres moutons et décide de défier le loup. Le deuxième niveau de lecture, perceptible par les lecteurs plus âgés et instruits de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale consiste en une représentation des déportations successives des communistes et opposants politiques en général, des handicapés mentaux, des juifs et des tziganes et de l’apparente indifférence des populations face à ces rafles.

    L’image du loup se suffit ici à elle même, il n’y a pas d’emploi de déguisement ni de postures empruntées à différents dictateurs, le loup symbolise l’Allemagne nazie qui dévore ces différentes populations. Ce deuxième niveau de lecture est renforcé par l’ajout à la fin de l’album d’un poème retranscrivant ces étapes, ces déportations et aussi l’indifférence. Il est intéressant de souligner dans cette histoire le clin d’œil fait à l’histoire des moutons de Panurge lorsque le loup tombe de la falaise. C’est aussi l’occasion pour l’auteur de faire passer un message aux plus jeunes sur le devoir de désobéissance devant l’injustice, ici c’est bien l’agneau qui se révolte contre le loup en lui tendant un piège et non les moutons.

    1.2. Les autres représentations du nazisme

    Il faut souligner que mis à part le loup, d’autres animaux sont utilisés pour symboliser le nazisme ou ses alliés. Dans La Bête est morte comme dans d’autres ouvrages tels Maus, on note que le loup n’est pas le seul animal utilisé pour représenter les sbires du nazisme et de ses alliés.

    1.2.1 Le chat

    Dans Maus, l’Allemagne nazie est représentée par le chat, l’histoire nous est comptée par Vladek le père l’auteur, Art Spiegelman. L’utilisation du chat pour symboliser le nazisme doit se mettre en rapport avec l’utilisation des souris pour représenter le peuple juif, il n’y a pas forcément de référence historique justifiant l’utilisation du chat. Cet animal jouit d’une double réputation, celle d’animal sacré dans l’Égypte antique et celle de compagnon des sorciers, le fameux chat noir. Il faut plutôt voir ici une histoire, celle du chat et de la souris à l’échelle humaine, le chat traque la souris, la piège, la fait souffrir et la souris se cache et essaie de fuir ce prédateur. Les souris sont ici anthropomorphes avec des sentiments, des peines, des combats... Il faut aussi rappeler que l’utilisation de la souris n’est pas anodine, c’est un choix de l’auteur en réponse aux affiches de propagande nazie qui qualifiait les juifs de souris. Certains passages sont assez difficiles notamment en ce qui concerne les tortures infligées dans les camps d’extermination. Cet ouvrage se destine donc à des lecteurs adolescents à même de comprendre et de faire le rapprochement avec l’Histoire.

    1.2.2 Le porc

    On constate aussi dans Maus l’apparition d’un autre animal, le porc, qui symbolise le personnage du kapo, le prisonnier qui collabore avec les SS en échange de privilèges et d’un pouvoir très relatif. Cet animal désigne aussi le peuple polonais en réponse à la propagande nazie qui désignait ce peuple à l’aide d’un porc. Cet animal a symbolisé dans notre culture l’animal sale et répugnant, il évoque la traitrise ou encore l’ignorance (il désigne aussi l’ignorance dans la culture tibétaine). Il faut se rendre en Chine pour y trouver une symbolique positive de cet animal qui est signe de patience et d’ouverture aux autres. Cet animal est associé à nombre d’expressions négatives telles « manger comme un porc ». Son utilisation dans Maus correspond à l’idée que l’on se fait de lui notamment dans les personnages de « kapo ». On retrouve l’utilisation du porc dans La Bête est morte ! Le personnage de Goering est représenté par un porc décoré de médailles. Dans ce cas précis, il faut souligner que l’analogie entre l’homme et l’animal n’est pas seulement le fait d’une caricature, elle illustre assez justement les traits de cet homme tant sur le plan physique que moral.

    1.2.3 Les autres animaux utilisés

    On retrouve d’autres animaux associés au nazisme surtout dans l’ouvrage La Bête est morte où, outre le loup et le porc, on retrouve d’autres animaux à la réputation néfaste. Le putois est ainsi présent dans cet ouvrage pour le personnage de Goebbels où la ressemblance physique justifie aussi le recours à cet animal. La réputation de cet animal ne tient qu’à l’odeur pestilentielle qu’il dégage. Il est aussi utilisé comme personnage amenant l’humour et les gags dans des dessins animés comme les Tex Avery avec le personnage de Pépé le putois, personnage autrement plus sympathique, crée en 1945 par Charles (Chuck) Jones. Il fait sa première apparition dans les Looney Tunes dans un épisode intitulé Odor-able Kitty.

    L’autre animal présent est la hyène , utilisée dans le même ouvrage pour désigner le peuple italien et surtout Mussolini désigné comme « la grande hyène », l’aura qui entoure cet animal est empreinte de traitrise et de lâcheté. On retrouve ce personnage lâche et traitre dans des dessins animés comme Le Roi Lion.

    Nous pouvons conclure sur cette partie en rappelant que la représentation du nazisme dans la littérature de jeunesse obéit à un schéma visant à utiliser un animal dont la réputation est ternie soit par l’Histoire comme le loup ou le chat soit par son mode de vie comme c’est le cas pour le porc. Cette utilisation sert à représenter d’une manière simple et compréhensible de tous la cruauté véhiculée par ce type de régime et permet ainsi d’identifier tout de suite le grand méchant de l’histoire.

    2. La représentation du peuple juif et des peuples opprimés

    Nous allons maintenant étudier la façon dont sont représentés dans la littérature de jeunesse les peuples opprimés durant cette période de l’histoire en nous basant sur les mêmes ouvrages.

    2.1 La souris

    Dans Maus, l’auteur représente le peuple juif à l’aide de souris. Cette utilisation va de pair avec celle du chat. On assiste à la retranscription de la Shoah, l’emploi des souris est ici justifié par la volonté de mettre en avant la fragilité des personnes visées par ce processus de destruction. Les souris souffrent des tortures dans les camps de la mort, se cachent pour échapper aux groupes de chats qui traquent les fugitifs et sont démunies face à ces atrocités. On retrouve aussi dans cette utilisation une référence aux affiches de propagande nazie décrivant les Juifs avec des attributs de rat.

    2.2 Les moutons

    Dans L’agneau qui ne voulait pas être un mouton, le peuple juif est représenté par troupeau de moutons. L’utilisation d’un animal à la réputation assez négative est ici justifiée par le message véhiculé par l’album où seul un agneau lutte contre l’esprit de « mouton » qui consiste à faire comme tout le monde, à suivre l’avis du groupe qui ici décide de ne pas se soucier du sort d’autrui alors que c’est ce qui le mènera à sa perte. On trouve dans ce livre une description des rafles successives : d’abord le mouton malade (référence aux handicapés), puis le mouton noir (référence aux opposants politiques), puis le bélier...

    Mais jamais un mouton ne se dresse pour défendre l’autre, il faut y voir ici une réflexion sur le comportement des gens durant cette période qui pour la plupart se limitait à « plutôt eux que moi » même si certains ont pris le risque de défendre les opprimés. On retrouve aussi au cinéma ce message, le devoir - le droit de désobéir et de résister avec la sortie récente du film La Rafle de Roselyne Bosch qui raconte l’épisode de la rafle du Vel’d’Hiv.

    2.3 L’emploi général des animaux

    On remarque dans les deux autres ouvrages un emploi plus large des animaux. Dans La bête est morte, chaque animal est associé à une nationalité, cette association varie en fonction des actes commis par ce peuple, les Allemands sont ainsi représentés par des loups en uniformes militaires symbole de violence et de cruauté.

    Dans Les loups noirs, on trouve l’utilisation d’animaux autres que les loups pour symboliser la mixité, le brassage des cultures et des peuples, ce que les loups de la montagne n’apprécient pas du tout. Dans le cas présent, il ne faut pas chercher de symbolisme derrière l’emploi de tel ou tel animal, l’auteur utilise juste la multiplicité et les différences pour illustrer une contrée où il n’y a aucune ségrégation, aucune distinction entre les peuples, tout le monde est traité sur un pied d’égalité.

    3. La représentation de la Shoah

    À travers ces différents ouvrages, on distingue deux représentations de la Shoah, l’une sous la forme allégorique et l’autre ayant une approche plus réaliste.

    3.1 L’approche allégorique

    Dans L’agneau qui ne voulait pas être un mouton et Les loups noirs, on constate une approche qui évoque la shoah sans l’illustrer concrètement.

    On retrouve ainsi dans le premier l’élimination de plusieurs catégories de moutons rappelant les déportations successives des malades mentaux, des opposants politiques, des tziganes et des juifs. Cette évocation de la Shoah est renforcée par le texte présent à la fin de l’album narrant les différentes étapes et l’indifférence qu’elles ont suscitée.

    Dans le deuxième, l’approche reste assez similaire, les loups persécutent les autres animaux en leur reprochant de s’être mélangés et de partager leur cultures les uns avec les autres. On retrouve ce procédé dans l’ouvrage suivant où la référence est cependant plus appuyée, les loups s’appellent Adolfo, Bénito et Augusto, référence claire aux dictateurs, et qui évoque l’extermination et l’univers des camps de concentration.

    3.2 L’approche réaliste

    Dans La bête est morte et dans Maus, on retrouve une approche plus documentaire que dans les ouvrages précédents. Dans le premier, le nazisme est clairement évoqué ainsi que la déportation des populations. On retrouve par ailleurs des scènes décrivant les persécutions qu’ont subies les peuples sous la botte nazie, surement une référence au climat qui régnait en France durant la période de réalisation de cet ouvrage.

    Dans le second livre, cette approche documentaire est clairement présente, lorsque Vladeck raconte à son fils les persécutions qu’il a subit en tant que juif allemand ou lorsqu’il fut déporté à Auschwitz ici appelé « Mauschwitz ». Nous avons dans cet ouvrage des scènes décrivant précisément les tortures infligées aux déportés par les gardes S.S notamment lorsque Vladeck est forcé à compter les coups de fouet en allemand sans se tromper sous peine de voir la torture reprendre de zéro. Cette approche destine ce livre à un public adolescent plus apte à comprendre le contexte auquel l’auteur fait référence.

    CONCLUSION

    Nous avons donc vu comment les auteurs d’albums et de bandes-dessinées jeunesse représentent la Shoah à l’aide d’animaux ainsi que les différentes façons de dépeindre les pays, les peuples et les régimes ainsi que la Shoah en elle-même.

    Cette allégorie animalière se révèle aussi efficace qu’un roman, la représentation des personnages, des événements par l’image donne une force, un poids supplémentaire au récit qui peut être compris par un public plus large, l’image se substitue au texte et il suffit juste de savoir « lire » une image, de la décoder pour comprendre le récit, ce qui rend ces ouvrages très accessibles. Les animaux utilisés permettent eux aussi une compréhension aisée du récit en jouant sur le symbolisme induit par ces animaux, le loup est toujours synonyme de danger, le chat poursuivra toujours la pauvre souris, etc.

    C’est aussi une occasion pour les auteurs de faire passer un message aux jeunes lecteurs, celui de la désobéissance civique, du refus des inégalités, du refus de la barbarie. Aborder ce thème difficile qu’est la Shoah est une initiative courageuse qui favorise la disparition de certains tabous en littérature jeunesse.

    La dénonciation des crimes contre l’humanité, des génocides, est une tâche qui demandera encore beaucoup de travail dans le secteur de la littérature jeunesse, il y a eu, et il y a encore, des actes terribles à dénoncer comme notamment les génocides perpétrés au Rwanda, au Kosovo et celui des Karens en Birmanie (Myanmar) toujours d’actualité et passé sous silence (il faut aussi faire état de la relative indifférence des médias pour la sort du peuple Karen), on parle pour ce dernier de génocide « à huis-clos ».

    Il y aurait encore beaucoup à dire sur le sujet de la Shoah et des génocides en général, comme le sentiment de culpabilité des survivants, l’héritage légué aux jeunes générations au niveau familial et culturel ou encore le devoir de mémoire.

    Corentin Sliwinski

    Deust 2 Métiers des bibliothèques

    le 22 février 2010

    Post-scriptum

    Pour approfondir

    -  L’association Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz a été créée par l’Amicale des Déportés d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie. le site

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