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Le petit voleur de mots, de Nathalie Minne

 
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    Nathalie Minne habite en région parisienne, on découvre ici son premier album jeunesse.

    (JPG)
    © Casterman, 2009

    La beauté extérieure de l’histoire

    « Le petit voleur de mots » est un enfant solitaire. Chaque nuit, il part à la recherche de nouvelles pièces pour sa collection, mais pas une collection de timbres ou de dés à coudre. Lui, il collectionne les mots ou plutôt, il les « récolte ». Posté sur les toits de son village, il aime contempler les mots qui se mélangent en sortant de la cheminée car « ce qu’il préfère, ce sont les histoires racontées aux enfants... ».

    Une fois la moisson terminée, il rentre chez lui et laisse les mots s’amuser à leur guise puis il les classe dans des bocaux à bonbons, (il y a les grands mots, les mots joyeux, les mots bizarres...) et il joue les apprentis écrivain en essayant des recettes « 2 mots doux, 3 mouillés, 1 piquant et 2 chauds. Il mélange le tout et le jette en l’air. Et là, le hasard tresse des nattes de louanges, tisse des écharpes d’injures, tricote des chaussettes d’explications compliquées ».

    Mais un jour, il rencontre un petit garçon qui ne dort pas, et ils deviennent de grands amis. Le petit voleur de mots lui offre même son premier « merci », une première étape pas facile pour une petit garçon qui n’en a pas l’habitude. Puis, un peu plus tard, il rencontre une petite fille dont il tombe amoureux, mais saura t-il trouver les mots ?

    La beauté intérieure de l’histoire

    Le petit voleur de mots est une sorte de petit conte qui permet de faire comprendre à l’enfant que les mots sont importants pour échanger avec les autres, pour créer des liens et dire aux personnes qu’on aime ce que l’on ressent pour eux. Ils sont aussi importants pour s’excuser ou remercier. On y trouve surtout les notions les plus importantes dans la vie, l’amitié et l’amour, à travers les deux rencontres du petit garçon.

    L’histoire est à la portée de tous, de 5 à 77 ans. On y trouve des petits jeux de mots, des petits clins d’œil à Jacques Brel « la valse à mille temps » et le petit voleur de mots compare sa recherche de mot à une récolte, une cueillette, comme ci les mots étaient des fruits qui le nourriraient.

    Tout cela sur un ton de tendresse divertissante. En effet on ne ressent aucune leçon de morale lors de la lecture, juste de la poésie, de la douceur, autant à travers les mots que l’image. «  Les mots se glissent dans les coins... ils dansent la polka, la salsa, le cha-cha et la valse à mille temps... ».

    L’effet "Waouh" de l’image

    Même si l’histoire se passe la nuit, les dessins restent colorés et attirants. Les couleurs sont chaudes et le rouge est présent sur toutes les illustrations. Le style graphique cubique, avec de grandes illustrations simples mais pleines de détails, donne envie d’observer chaque parcelle de dessin pour voir si on ne trouverait pas quelque chose en plus. Sans compter sur le fait qu’on aime retourner le livre dans tous les sens pour lire tout les mots qui sortent des cheminées et qui se promènent dans l’album, complétant le récit écrit alternativement à gauche et à droite de l’image.

    Des images qui suivent l’histoire de manière synchrone avec un texte qui complète les illustrations, celles-ci étant dominantes.

    J’imagine l’utilisation de magasines découpés et collés pour ces mots que collectionne l’enfant. La couverture est aussi très attrayante avec le titre en relief et une impression de lire « volour » (velours) à la place de « voleur », elle nous plonge directement dans l’univers du livre. Un livre rempli d’illustrations qui ouvrent sur un monde réel à la base mais tourné de façon fantastique (les enfants qui contemplent la lune sur le toit, les mots multicolores qui volent dans le ciel...) avec des personnages aux joues rouges telles celles d’une mariée coréenne, un trait fin, simple, sans ombres, ni perspective, un monde cubique en 2D, toujours éclairé par la lune ou les visages presque lunaires des personnages qui donne un effet de lumière sur l’ensemble de l’album en plus des couleurs vives qui compensent un aspect un peu sombre dû au contexte de la nuit.

    Le tout sous un point de vue externe qui nous donne une impression de regarder un album de photos souvenirs.

    Et si vous aimez les mots, je vous conseille également : Cléofée, tricoteuse de mots, écrit par Lili Pissenlit, édité chez MiC MaC.

    Élodie Darques, UFR LCA, L1 HSI, mars 2010

    Post-scriptum

    MINNE, Nathalie. Le petit voleur de mots. Casterman, 2009. 13 p. ; 28,5 x 36 cm. ISBN 978-2-203-01915-7 Prix 14,95 €

    Âge conseillé : 5 ans

    Mots clefs : sentiment, poésie, amour, amitié, solitude