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Le coq qui ne voulait plus chanter, de Fatou Keita

 
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    Les habitants d’un petit village d’Afrique vont apprendre bien malgré eux que personne, qu’il soit humain ou animal, ne peut être remplacé et que chacun a droit au respect et à la considération qui lui sont dus.

    La vie de Bognandougou [1], un paisible petit village d’Afrique, est bouleversée le jour où ses habitants se rendent compte à leur réveil que le coq du village a décidé de ne plus chanter. Que ce soient les hommes, les femmes, les enfants ou encore les animaux, tous se réveillent très en retard. De ce fait, les enfants arrivent en retard à l’école et le travail des villageois et des animaux n’est pas fait...

    (JPG)
    Couverture de l’album

    La tolérance et le respect

    Dans ce conte ivoirien, Fatou Keita enseigne à l’enfant le respect des personnes qui l’entourent et la tolérance vis-à-vis de ce qu’elles sont ou font. Tout au long de l’histoire, chacun des personnages, aussi bien l’éléphant que la girafe, le rhinocéros, le poisson, le singe, ou encore les humains, essaie de remplacer le coq et de réveiller tout le village le matin venu. « Remplaçons-le, tout simplement ! N’importe qui peut chanter le matin ! » avait affirmé Djara, le lion. Mais tous échouent pour différentes raisons. De ce fait, chaque matin, hommes et animaux se réveillent en retard. Après plusieurs échecs, tous doivent se rendre à l’évidence : personne ne peut remplacer Doussoukabo, le coq [2]. Il décide de ne plus chanter parce qu’il se sent seul, ignoré. En effet, quand il fait son travail quotidien, qui est de réveiller tout le monde, personne ne fait attention à lui mais s’il lui arrive juste une fois de rester chez lui, tout le monde se demande s’il n’est pas malade, question qui n’aurait effleuré personne s’il avait chanté comme d’ordinaire. C’est pourquoi le coq se sent invisible aux yeux des autres, incompris. Cette histoire explique à l’enfant ou à tout autre lecteur que chaque personne, même si elle semble faire un travail insignifiant ou sans valeur, est indispensable. Tous les hommes et tous les animaux sont différents mais complémentaires, aussi petits soient-ils aux yeux des personnes qui les entourent.

    L’importance des images

    Dans l’ensemble de l’album, l’image est « pleine-page ». Au même titre que le texte, les images racontent l’histoire. Elles représentent les scènes qui se déroulent au fil du livre. En effet, on peut voir le village qui se réveille très en retard, ainsi que tous ses habitants qui s’interrogent sur les raisons de ce retard. Puis les animaux défilent pour essayer de remplacer leur ami le coq. Enfin, les illustrations montrent comment hommes et animaux se sont mis à imiter le coq en relevant la tête et en bombant le torse lorsqu’ils sont fiers d’eux-même. Les couleurs quant à elles sont très vives. Elles montrent les hommes, les animaux et tout ce qui constitue le village tels qu’ils sont. Le jaune et le bleu notamment rappellent le soleil et les paysages d’Afrique. Tous ces paysages amènent l’enfant à s’évader, à voyager au cœur de l’Afrique, là où les hommes vivent en harmonie avec la nature et les animaux. Les images n’ajoutent ni ne retirent rien à l’histoire. Elles ne font que la raconter de façon plus visuelle pour l’enfant.

    Un texte délivrant un message aux jeunes enfants

    Le texte raconte l’histoire telle qu’elle se passe, de telle sorte qu’un jeune enfant la comprenne. Si parfois l’auteur utilise des mots malinké [3], une note en bas de page en donne la traduction. Ces mots servent principalement à qualifier les personnages et les lieux. Ainsi, le village s’appelle Bognandougou, ce qui veut dire « village du respect, de la considération ». De même, Doussoukabo, le coq « se fâche vite » et est « susceptible, orgueilleux », le lion s’appelle Djara (« lion » en malinké) et enfin Koumbaba, l’éléphant est « énorme ». Le narrateur s’adresse directement à l’enfant et lui dit, dès le début du livre : « connaissez-vousle paisible et joli village de Bognandougou ? » Il raconte à son jeune lecteur ce qui est arrivé à ce petit village, un matin.

    Les très jeunes enfants peuvent comprendre cette histoire. Le jeune lecteur découvre un village où les animaux vivent en harmonie avec les hommes, où chacun contribue au bien-être des autres et où les animaux parlent avec les hommes et se comportent comme eux. On y apprend le respect de son prochain et la tolérance. Chaque être a une place et un rôle qui lui est propre dans la société, peu importe ce que les autres en pensent. Chacun est unique et indispensable au bon fonctionnement et au bien-être d’une communauté.

    KEITA, Fatou, Le coq qui ne voulait plus chanter, Lassane ZOHORE ill. Abidjan : Nouvelles Editions Ivoiriennes (NEI), 1999. 32 pages : ill. en coul., 17 x 22 cm

    ISBN : 2-911725-90-5 (agrafé)

    Mots clés : tolérance, respect, différence., rejet.

    Grâce BREBION _ L2 Angellier _ UFR Angellier _ Mars 2010

    Notes de bas de page

    [1] « en malinké, village du respect, de la considération »

    [2] « en malinké, qui se fâche vite, susceptible, orgueilleux »

    [3] langue parlée en Guinée, au Mali, au Sénégal ou encore en Côte d’Ivoire