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Murmure, de Christian Lagrange

 
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    "La moitié du monde ne sait comment l’autre vit" François Rabelais (quatrième de couverture du livre).
    (JPG)
    Première de couverture de Murmure

    LAGRANGE, Christian. Murmure. Édition de la Martinière, 2007. 24 pages. 13 €. ISBN : 978-2-7324-3547-3.

    Un trou dans un mur. De ce trou sort une souris. "Je t’appellerais Murmure " se dit la petite fille. Curieuse, elle regarde alors par l’ouverture d’où vient sa nouvelle amie, et voit des petits yeux... Mais qui y a-t-il derrière ?... Une rencontre inattendue.

    Un texte travaillé, malgré les apparences...

    À travers cette fiction documentaire, nous sommes à la fois des spectateurs regardant attentivement les actions de la petite fille (retranscrites à travers les illustrations), mais aussi la fillette elle-même puisque nous entendons ses pensées : emploi du "je ", émotions omniprésentes, phrases courtes...

    Nous avons ainsi dans cet ouvrage un point de vue interne mais aussi un point de vue externe.

    Le ton utilisé est donc celui de la narratrice de l’histoire. Au début curieux, il évoluera très vite... La joie, l’angoisse, la tristesse, le bonheur, la perplexité transparaîtront. Par ailleurs, le langage soutenu et les figures de style disséminées tout au long du texte donnent une vraie profondeur cet album : structure répétitive par reprise syntaxique entre la première page du livre et la dernière page, champ lexical de la guerre, verbes d’actions à connotations presque toujours violent, personnification de la guerre (avec la grande sœur de la petite fille)...

    Le livre commence par un détail : la souris. L’angle de vue s’agrandit par la suite sur le pays, pour terminer par une ouverture sur le monde et la condition humaine.

    ...mais qui peut convenir à tous

    L’histoire en elle-même est assez violente, puisque le fond du livre traite de la guerre entre les Palestiniens et les Israéliens, mais des éléments d’humour s’interposent pour dédramatiser le contenu, comme la souris Murmure, alliée des enfants, ou encore les bruits d’animaux.

    La fin heureuse soulage le lecteur et lui permet de rester sur une bonne impression.

    On peut dire que ce livre s’adresse aux enfants de tous âges comme aux adultes, puisqu’il possède différentes lectures possibles (suivant l’âge du lecteur).

    L’importance des illustrations

    Le chromatisme des couleurs, reflétant la vision subjective de la petite fille, est plutôt sombre, du fait de son humeur ou de sa représentation du réel et du mur. Néanmoins, ce manque de lumière ne fait qu’accentuer l’effet des quelques pages où les couleurs sont chaudes.

    Les illustrations pleine-page, simples à comprendre, suivent et renforcent l’atmosphère dégagée par le texte. Les dessins sont parfaitement appropriés à l’histoire qui est ici racontée. Cela permet à l’enfant de s’identifier à la narratrice. En effet, l’héroïne sans nom est dessinée de manière simple, ce qui permet à n’importe quel enfant de se mettre à sa place.

    Des thèmes complexes mais un message positif

    Il y a l’Autre, ainsi que la condition humaine en tant de guerre, et finalement, tous ce qui peut se rattacher de prés ou de loin à la guerre.

    Voilà pourquoi, ici, la double lecture est préférable, de manière à ne pas laisser l’enfant sans réponses à ses questions.

    Ce livre, malgré l’histoire violente, transmet un message positif à l’enfant. Sa fin heureuse le soulage et lui montre que l’on peut croire à l’espoir, que tout n’est pas forcément joué d’avance. Il apprend aussi à l’enfant, voire même à l’adulte, que l’Autre n’est pas forcément mauvais ni si différent que ça, même s’il ne parle pas la même langue. C’est l’ouverture à l’Autre. Pour finir, ce livre éducatif pose aux lecteurs certaines questions explicites (par exemple "Qui est en prison ?") comme implicites. Il y a une remise en cause de ce que l’on prend parfois pour immuable. Voilà pourquoi, là encore, la double lecture peut être recommandée.

    J’ai pris plaisir à lire ce livre. Il est simple, lucide et percutant. Et surtout, n’est pas larmoyant. Enfants comme adultes y trouvent chacun leur compte.

    Destiné aux enfants de tous âges.

    Mots clés : guerre, mur, souris.

    Pour en savoir plus sur l’auteur

    Christian Lagrange a une formation classique en dessin, peinture et sculpture à l’Académie Royale des Beaux Arts de Bruxelles. Illustrateur de presse (le Soir, De standard), il est aussi l’illustrateur et auteur du livre pour enfants : La chenille paru en 2005 aux Editions Labor (Belgique). (Source : http://www.serieslitteraires.org/site/Murmure-de-Christian-Lagrange

    et sur l’éditeur

    http://www.lamartinierejeunesse.fr/

    Marjorie Piotrowski, HSI L1, mars 2010.