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Aziz, escalier D, appartement 27 de Marie Bataille

 
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    Aziz a douze ans. Fils d’immigrés, il vit dans une banlieue. À six ans il perd son père et depuis ce jour il pense que l’école n’est qu’un terrain de jeu, sa mère a perdu le goût de vivre et se fait très souvent disputer par sa fille aînée Samia. Aziz n’est pas bon à l’école, à son âge il est encore à l’école primaire et c’est d’ailleurs là qu’il va rencontrer Jade, qui n’est pas si différente de lui.

    (JPG)
    © Milan poche, 2009

    On est d’abord attiré par la couverture de ce petit roman. En effet, elle attire l’oeil par son orange vif qui orne le fond de cette couverture. En arrière plan on voit un immeuble, le HLM de banlieue d’Aziz et en premier plan, ce sont les portraits d’Aziz et de Jade que l’on voit. L’illustration de Frédéric Rébéna est assez enfantine, on croit alors que ce roman peut être adapté dès l’âge de raison alors qu’en fait non.

    Un roman qui traite des sujets d’ados

    Aziz, escalier D, appartement 27, c’est surtout l’histoire d’un ado qui se cherche, qui va à l’école pour s’amuser et voir ses copains. Aziz a des difficultés scolaires, il le sait très bien. Ses instits, comme il dit, ne croyaient pas en lui, ce qui ne le motivait pas pour s’améliorer. Seule sa maîtresse de CE2 va réussir à calmer cet enfant turbulant qui réfléchissait plus avec ses poings qu’avec sa tête "c’est grâce à Mme Lebel, ma maîtresse de CE2, que j’ai commencé à me calmer...". Cependant il va se calmer mais pas progresser pour autant, son contexte familial ne l’aidant pas. C’est en rencontrant Jade, la petite nouvelle, qui elle aussi a douze ans et est dans la même classe qu’Aziz, qu’Aziz va changer peu à peu de comportement. C’est auprès d’elle qui va découvrir l’amour, même s’il ne s’en rend pas totalement compte, il veut lui faire plaisir et la rendre heureuse. Or c’est la première fois que cela lui arrive et ne sait pas trop comment définir cela.

    Mais qui traite aussi implicitement de sujets plus graves

    On retrouve plusieurs thèmes assez compliqué pour le lecteur. Par exemple la mort reste omniprésente dans le roman. D’abord celle du père d’Aziz qui est d’ailleurs le point de départ de toutes les difficultés. Mais on la retrouve au fil de la lecture, notamment lorsque Jade parle de ses parents mais aussi avec l’épisode du voisin. La mort du père d’Aziz va aussi de pair avec le thème de la monoparentalité. En effet la mère d’Aziz élève ses deux enfants seule. De plus Aziz et sa famille sont d’origine algérienne, ils sont donc immigrés. Ce qui donne lieu à du racisme et de la xénophobie : Une fillette de sa classe ne l’avait pas invité à son anniversaire " Parce que j’étais sale, qu’elle a dit !", le jeune lecteur ne comprendra peut-être pas tout de suite le racisme du propos, mais il est assez clairement montré que pour elle, et sûrement pour ses parents aussi, être arabe c’est être sale.

    Il est aussi question de l’avenir dans ce roman. Aziz, qui ne travaille pas bien à l’école et qui ne savait pas quoi faire de sa vie trouve sa voie. Il est toujours aussi mauvais à l’école mais il sait désormais dans quel domaine il veut travailler, et cela n’est pas donné à tous les enfants/collègiens voire même les lycéens.

    Ce roman peut être lu à partir de 9-10 ans or je le conseillerais surtout à des lecteurs de 12 ans, c’est-à-dire du même âge qu’Aziz, car ils seront plus aptes à comprendre les difficultés dont Aziz fait face dans sa scolarité, de plus certains lecteurs pourront facilement s’identifier à lui et être d’autant plus touchés par la lecture. Ce roman montre les difficultés de la vie, tout le monde n’est pas privilégié et doit faire beaucoup d’efforts pour s’en sortir. Surtout les immigrés d’origine maghrébine, cela montre bien la société actuelle. Cette histoire est une vraie leçon de vie mais elle est quand même porteuse d’espoir, en particulier quant à l’avenir.

    © Caroline Eychenne, L1 japonais UFR ERSO

    Post-scriptum

    BATAILLE, Marie. Aziz, escalier D, appartement 27. Toulouse : Milan poche, 2009. 118 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm. (Milan poche junior : tranche de vie ; 100). ISBN 978-2-7459-3910-4 (br.) : 5,50 €

    Bons lecteurs - À partir de 9 ans