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Daddy road killer, de Florence Aubry

 
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    C’est un problème dont on entend peu parler. À travers ce livre, Florence Aubry, professeur-documentaliste dans un collège, met en lumière un mal de notre société : les « killer drivers » (pour reprendre l’anglicisme du titre du roman). En s’adressant aux adolescents, Florence Aubry leur permet d’ouvrir les yeux sur ce problème, dont est peut-être atteint un de leurs proches. Baptiste, le héros, s’était déjà rendu compte du problème qu’avait son père mais il a fallu un jour néfaste pour réellement ouvrir les yeux sur son comportement au volant.
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    Le livre en quelques mots...

    Une couverture mystérieuse, la photo est comme prise dans un brouillard, à l’image de ce qui se passe pour Baptiste. Quel est le visage, le nom de cette petite fille dont la vie a été brisée par cet assassin, un meurtrier laissé en liberté, un meurtrier dans la peau d’un père. Baptiste, 14 ans, est un jeune collégien, il n’a pas de problème particulier à l’école, ni dans sa famille. Sa seule hantise, monter dans la voiture de son père. Un danger public, un « énervé du volant » qui, à chaque fois qu’il conduit, se transforme en véritable furie : il klaxonne, double par la droite, dans les virages, sort de sa voiture, frappe nerveusement celle du conducteur innocent puis, remonte dans sa voiture, comme si de rien n’était. À l’arrière, Baptiste est terrorisé, le teint pâle, des palpitations au cœur, les mains moites, il ferme les yeux et attend que cette crise se passe. Car c’est ça le quotidien de ce collégien, jusqu’au jour où l’accident si prévisible se produit. La petite fille sans vie, allongée sur l’asphalte brûlant de la route, un brouillard, tel celui de la couverture, pénètre Baptiste et une obsession : savoir qui est cette fillette...

    Les fous du volant

    Dès les premières lignes du livre, le problème est mis en évidence : le père de Baptiste est un « fou du volant », un mal plutôt répandu dans notre société. Sympathique et chaleureuse, une personne, dès qu’elle se met au volant, devient agressive et colérique. C’est l’excellent surnom qu’a trouvé Baptiste à son père « Saton » (contraction de « Satan » et « Chaton » ) qui illustre parfaitement ce phénomène.

    Ainsi, pour Baptiste, l’accident qui rythme ce livre était inévitable et prévisible. Pourquoi ? C’est au travers de « flashback » que l’on va comprendre que son père était très souvent pris de colère au volant et, tandis que sa mère -lorsqu’elle était présente- restait passive (elle n’a mis en garde son mari qu’une fois). Baptiste se cramponnait à son siège et se projetait dans un futur proche : un futur qui est celui où la colère de son père sera terminée.

    C’est donc le thème principal de ce roman qui explique comment le conducteur peut mettre en danger toute sa famille et avoir, peut-être, un accident qui bouleversera toute sa vie de famille.

    Une vie de famille au tribunal

    Un procès perturbe évidemment toute la vie de famille. Le père étant en garde à vue, la mère doit se charger d’expliquer ce qui se passe à ses enfants, sans pour autant les inquiéter de trop. Le procès amène également les parents à avoir des discussions privées et donc, à mettre à l’écart leurs enfants qui pourtant peuvent avoir besoin d’aide et, que l’on s’occupe d’eux, après un tel événement. Dans le roman, la mère de Baptiste, lors du procès avoue que le tribunal n’est pas un lieu destiné aux enfants, car c’est un lieu plein de « délinquants » -elle désigne donc son mari comme un délinquant, celui-ci étant au tribunal- .

    Amour, lycée, internat

    Le roman développe également d’autres thèmes (en trame de fond du livre), dont notamment l’amour (avec l’angoisse du « premier baiser ») et les nombreux problèmes que cela apporte et qui seront évoqués dans les derniers chapitres. Le roman relate également l’entrée au lycée et l’arrivée à l’internat ; Baptiste exprime ses difficultés à se faire des amis -des problèmes que peuvent rencontrer certains adolescents- .

    En un mot : « aider »

    Au travers de cette « histoire de vie » un lecteur potentiel peut retrouver des traits de caractère de personnes de son entourage. Un tel livre peut l’aider à se sentir moins isolé et, à ne pas hésiter à en parler aux personnes concernées pour trouver une solution à son problème et, éviter que des accidents aussi tragiques que celui du livre se produisent.

    J’ai trouvé ce livre plutôt bien. L’histoire est bien faite et, est assez originale. Baptiste va connaître son premier amour en se rendant au tribunal et va devoir cacher à son amie le fait que son père ait tué une jeune fille. Mais, l’histoire avance un peu lentement, ce n’est seulement que dans les derniers chapitres que tout va se résoudre.

    Un adolescent de 13-14 ans peut lire ce livre, car même s’il narre des événements parfois sensibles, ceux-ci ne sont pas décrits d’une manière qui pourrait choquer.

    AUBRY, Florence ; couverture : SERVAIS, Guy. Daddy road killer. Mijade, 2008 ; 21 x 11 cm ; 136 p. ISBN 978-2-915394-64-1

    Mots-clefs : accident, voiture, père, colère

    Amaury TREMBLAY, avril 2010, UFR Langues et cultures antiques. L1 HSI