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Métal Mélodie, de Maryvonne Rippert

 
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    Métal Mélodie est né grâce à deux choses : une musique, le concerto pour clarinette de Mozart, et une dispute, entre l’auteur et un de ses enfants et l’envie passagère d’être loin d’ici. Ce roman est la dernière parution de Maryvonne Rippert, auteur entre autres de trois tomes de la série « Blue cerises » aux Éditions Milan jeunesse.

    Entre Luce et sa mère, ce n’est pas le grand amour. La jeune fille de seize ans est en pleine période gothique et récalcitrante à toute autorité. Le jour où elle trouve la lettre écrite par sa mère pour lui annoncer qu’elle partait pour quatre mois en Australie pour une mission professionnelle, Luce ne se pose pas trop de questions et décide d’en profiter. Une fête sans parent, c’est sympa, mais quand une zonarde s’installe dans la chambre d’ami et que le silence de sa mère se fait de plus en plus ressentir, l’adolescente s’interroge : Qui est réellement sa mère ? Pourquoi ne donne-t-elle pas de nouvelles ?

    Aidée par la squatteuse et Léo, le voisin très mignon, Luce cherche des indices sur le passé de sa mère, cette enquête va l’amener beaucoup plus loin que prévu...

    (JPG)
    © Milan, 2010

    La couverture de Métal Mélodie a été réalisée par Bruno Douin, c’est lui qui illustre tous les ouvrages de la collection Macadam Milan. La couverture est en papier brillant blanc avec un papillon noir mat et légèrement en relief. Sur le dos du livre, c’est inversé, il y a un papillon blanc brillant sur un fond noir mat. Ce contraste noir et blanc accroche l’œil et quand on regarde de façon attentive le papillon, on voit qu’il contient des dessins tribaux fait de pointes et d’arrondis, d’une guitare électrique et le titre du roman au centre. A priori simple et innocente, la couverture se révèle en fait agressive et intrigante, nous entrainant dans l’univers gothique d’une adolescente en crise.

    Les amoureux des bancs publics, Georges Brassens

    Dans ce roman, on découvre avec Luce les premiers amours, il y a celui qui va trop vite et celui qui est vrai. Il y a aussi les histoires des adultes, l’amour qui devient amitié, l’amour qui dérange, l’amour qui trompe. Les histoires d’amours sont abordées ici avec simplicité et réalisme, on apprend que ce n’est pas si simple d’aimer mais que ça permet aussi d’avancer et de se construire. L’adolescent qui lit ce livre va vraiment retrouver au niveau de la description des sentiments ce qu’il vit ou va vivre avec les premiers émois. On retrouve différentes histoires d’amours, les présentes, les passées, les ratées, les passionnelles, les familiales, les épidermiques, tout le monde peut s’y retrouver, adulte comme ado.

    Girl, you’ll be a woman soon, Urge Overkill

    Luce a sa bande de copains, tous gothiques, tatoués, piercés, en rébellion contre la société et l’autorité. A travers la recherche de sa mère, elle va faire un voyage initiatique qui va la faire grandir. Elle va apprendre qui elle est et se rendre compte qu’être responsable, ce n’est pas désagréable. Vivre sans ses amis, s’ouvrir sur le monde et de nouvelles personnes sont des expériences qui font grandir la jeune fille et qui nous donnent envie de la suivre. Ce roman permet au lecteur de grandir lui-même, de relativiser sa vie qu’il peut voir comme injuste et désagréable. En apprenant la vie d’Inés, on se dit qu’il y a toujours des solutions pour s’en sortir, et que mûrir a aussi des avantages comme une certaine liberté.

    Quand la musique est bonne, Jean-Jacques Goldman

    La musique est un moyen important de se définir socialement par rapport à un groupe. Luce a arrêté la musique classique avec la clarinette pour quitter le monde de l’enfance. Durant l’adolescence, elle écoute du métal comme son groupe d’amis mais dès qu’elle se trouve loin d’eux, elle retrouve le goût de jouer d’un instrument et la passion de la musique classique. La mère de Luce a chanté dans un groupe quand elle était jeune, mais la musique liée aux excès, à la drogue, l’alcool étaient destructeurs pour elle. La musique tient une place essentielle dans ce livre. Du titre, en passant par les soirées gitanes, la clarinette, Mozart, et l’orchestre du village, la musique permet de se construire mais aussi de se détruire, dans tous les cas, ce livre ne serait pas le même sans elle. On voudrait avoir une playlist qui accompagne le récit pour être complètement immergé dans la vie de Luce. L’auteur a voulu montrer l’importance de la musique dans la vie, dans la construction de soi. Elle nous donne envie de jouer d’un instrument, d’écouter des choses qu’on n’a pas l’habitude d’écouter.

    Allô Maman bobo, Alain Souchon

    Un des sujets traités dans ce roman est la relation mère-fille, pourtant la mère de Luce n’est présente réellement que dans trois pages du livre. C’est autour de son absence et de son passé que se construit le récit. Luce ne connaît rien de sa mère, elle la voit comme une femme qui ne la comprend pas, une mère comme les autres, toujours trop envahissante, trop stricte. Partir à la recherche de sa mère va permettre à la jeune fille de savoir qu’Inès a aussi été une enfant de familles d’accueil, une adolescente révoltée et une femme seule qui a vécu beaucoup de choses. Ce roman permet à l’auteur de souligner qu’une mère est aussi une personne à part entière et qu’il ne faut pas l’oublier. Quand les disputes se font trop présentes, ce roman nous dit qu’il faut se rappeler qui nous sommes, quels liens nous avons, quel passé nous unit. Inès a quitté Luce pour le travail officiellement, mais aussi parce qu’une vie de cris, de confrontation devenait difficile. La séparation leur permet de réfléchir, l’auteur nous dit que, parfois, il faut partir pour mieux se retrouver.

    Je conseille ce roman à partir de 13-14 ans, peut être davantage pour un public féminin. Il devrait également plaire aux mamans d’adolescentes. Il me semblait assez banal dans les premières pages, une ado en crise, sa mère qui part, les problèmes de tous les jours, rien d’extraordinaire. Mais quand on arrive au moment où Luce part à la recherche de sa mère, on rentre presque dans un roman d’investigation où on découvre un personnage hors du commun et on passe par les émois et les déceptions de la jeune fille. Luce est un personnage très attachant, on s’identifie à elle et on regrette presque de devoir la laisser vivre sa vie une fois le livre refermé.

    Ce livre donne envie de voyager, de grandir, d’écouter le concerto pour clarinette de Mozart, de tomber amoureux, de vivre tout simplement !

    © Fanny MOÏSE, L3 Études Artistiques et Culturelles

    Avril 2010

    Post-scriptum

    RIPPERT, Maryvonne. Métal Mélodie. Paris : Milan, février 2010. 224 p. ; 14 x 20 cm. (Macadam Milan). ISBN 978-2-7459-3867-1 Br.