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Les minuscules, de Roald Dahl

 
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    Les minuscules de Roald Dahl est un conte enchanteur, remarquablement bien illustré par le dessinateur Patrick Benson. Ce récit est peuplé de monstres aux noms fantaisistes, d’un petit peuple secret et de voyages merveilleux à dos de Cygne...

    Malgré les histoires terrifiantes que sa mère lui a racontées sur la forêt interdite, un petit garçon nommé « petit Louis » brave l’interdit et quitte la maison pour aller en forêt où sévit un horrible monstre

    (JPG)
    © Gallimard jeunesse, 2002

    INTRODUCTION

    -  Présentation de l’auteur
    -  Résumé

    I LE TEXTE

    - Structure du texte - Le style - Les illustrations

    II INTERTEXTUALITÉ

    -Le symbolisme de la forêt -Les autres symbolismes

    III INTÉRÊT PÉDAGOGIQUE

    Les minuscules

    1) PRÉSENTATION DE L AUTEUR

    Roald Dahl 1916 - 1990 Nationalité : anglaise.

    BIOGRAPHIE

    Roald Dahl est né au Pays de Galles en 1916, il est le troisième d’une famille aisée de six enfants. Ses parents sont norvégiens. C’est après le décès de son père d’une pneumonie, consécutif à celui de sa sœur aînée, que sa mère décide de quitter le Pays de Galles pour aller habiter à Llandaff, en Angleterre. Il a alors trois ans. En 1932, à vingt ans, il décide de partir travailler en Afrique pour la compagnie pétrolière Shell. Puis, il s’engage dans la Royal Air Force comme pilote de chasse, dès la déclaration de la Seconde Guerre Mondiale. Mais six mois plus tard, il échappe par miracle à un terrible accident d’avion dans le désert, et devient alors pilote à l’escadrille 80.

    C’est à la suite de sa rencontre avec C.S. Forester (auteur des histoires du capitaine Horacia Hornblower) en 1943 à Washington qu’il commence à écrire des nouvelles d’humour noir à suspense, destinées aux adultes. Pendant les années de conflits, il écrit en l’occurrence son premier livre, Les Grimlins (1943), qui sera adapté au cinéma en 1984. Le recueil de nouvelles Bizarre ! Bizarre ! (1953) et Kiss Kiss ( 1960) assoient sa renommée d’auteur de fiction. La grande entourloupe (1976) s’inscrit dans le même registre de contes sinistres, morbides et malsains pour adultes. Mais c’est seulement en 1960, après avoir publié pendant quinze ans des livres pour grandes personnes, que Roald Dahl débute dans la littérature enfantine : c’est à l’intention de ses quatre enfants qu’il commence à inventer des histoires plus gaies, plus longues. Ses premiers succès sont James et la grosse pêche (1961), puis CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE (1964), adapté au cinéma en 1971. Suivront d’autres best-sellers, parmi lesquels Le Bon gros géant, Danny le champion du monde, Matilda, Sacrées sorcières.... Il est également l’auteur de quelques scénarios, tels que On ne vit que deux fois (1967), d’après les romans de Ian Flemming, et d’une autobiographie, Moi, Boy (1984), où il évoque son enfance.

    C’est dans une cabane, au fond du verger de sa maison, à Gipsy House, dans le comté de Buckingham , que Roald Dahl a écrit tous ces livres, qui ont fait de lui l’un des plus célèbres auteurs de livres destinés aux enfants. Rien qu’en Grande-Bretagne, plus de onze millions de ses ouvrages ont été vendus entre 1980 et 1990. Il s’est éteint le 23 novembre 1990 à l’âge de soixante-quatorze ans mais son œuvre séduit encore les petits, et les grands qui ont su garder une âme d’enfant, comme Roald Dahl lui-même. Depuis sa mort, en novembre 1990, Felicity, sa femme, gère la fondation Roald Dahl, qui se consacre à des causes chères à l’écrivain : la dyslexie, la neurologie,l’illettrisme et l’encouragement à la lecture, d’ailleurs l’un des thèmes essentiels de Matilda, son dernier roman, paru en 1988.

    RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE

    Les Minuscules de Roald Dahl est une histoire sous la forme d’un conte enchanteur, remarquablement bien illustré par le dessinateur Patrick Benson. Ce récit est peuplé de monstres aux noms fantaisistes, d’un petit peuple secret et de voyages merveilleux à dos de Cygne.....

    Malgré les histoires terrifiantes que sa mère lui a raconté sur la forêt interdite, un petit garçon nommé « petit Louis » brave l’interdit et quitte la maison pour aller en forêt où sévit un horrible monstre. Sitôt entré, sitôt en danger, Petit Louis est obligé de se réfugier dans les branches d’un arbre immense. Il découvre alors les Minuscules, les tout petits hommes des arbres, qui vont le faire entrer dans un monde magique. Afin de rentrer chez lui, Petit Louis se prépare à quitter l’arbre, mais en bas le monstre lui barre le chemin et menace de le dévorer. C’est donc par les airs, que Petit Louis trouve le moyen de s’échapper car les Minuscules utilisent les oiseaux pour se déplacer. Et c’est donc par ce biais, et avec l’aide des Minuscules que Petit Louis va pouvoir quitter la forêt sain et sauf.

    I) LE TEXTE

    L’œuvre comporte une alternance de passages descriptifs et de dialogues entre les personnages.

    A) Structure du texte :

    Le cadre spatio-temporel :

    Au regard des illustrations, ce conte place le « merveilleux » au cœur de la société contemporaine et non dans un ailleurs ou une époque indéfinie. Le récit des « Minuscules » est construit selon le schéma traditionnel du conte avec :
    -   Une situation initiale qui permet de donner une description psychologique du héros.

    L’histoire commence ainsi : « cela arrivait toujours quand petit Louis s’ennuyait. Cet après midi d’été ensoleillée, Petit Louis s’ennuie. Il est intrigué par la forêt interdite ».

    L’élément déclencheur est le Diable (la mauvaise conscience) qui pousse Petit Louis à désobéir à sa mère et à aller dans la forêt interdite

    Le récit des Minuscules comporte tous les ingrédients du conte merveilleux. Ce conte met en effet en scène un personnage qui ne manifeste aucun étonnement face aux manifestations du merveilleux.

    Il met également en scène des personnages dotés de qualités et de pouvoirs surnaturels. Ainsi, Petit Louis découvre le peuple des Minuscules, créatures douces de petite taille qui peuplent la forêt. C’est une histoire qui donne des émotions fortes au lecteur (peur, soulagement de voir les méchants punis : le monstre et les gentils récompensés) et qui lui permet d’imaginer un monde merveilleux. La fin est heureuse comme dans les contes traditionnels.

    -   Le développement du corps du conte : Le conte, à ce stade de l’histoire, comprend les divers obstacles à travers lesquels le héros doit passer. C’est dans cette partie de l’histoire qu’il ou elle rencontre amis ou alliés (soit l’adjuvant) et opposants (ennemis ou méchants)

    Dans le récit, Petit Louis découvre le monde magique des Minuscules. Il comprend qu’il est prisonnier de la forêt, et que le terrible monstre l’empêche de rentrer chez lui.

    -   La situation finale du conte comprend la réussite ou l’échec du héros. Généralement la fin est heureuse. C’est le cas pour le héros des « Minuscules » : « Aidé par ses amis, le peuple des Minuscules, ainsi que les oiseaux dont un Cygne, Petit Louis élabore un plan pour se débarrasser du monstre » ( Il l’attire vers le lac où il meurt ) Le peuple des Minuscules est ainsi délivré du terrible monstre. Petit Louis rentre chez lui et retrouve sa mère. L’histoire se termine de la manière suivante : « Ainsi, Petit Louis eut il une vie passionnante et aucun enfant ne garda ainsi fidèlement un grand secret ».

    B ) LE STYLE

    Le style des Minuscules est limpide, très accessible aux enfants. Roald Dahl a toutefois la particularité de jouer comme les enfants, avec les mots, inventant des monstres aux noms tortueux (les Griffomings ; Les Ecornouflons, les Tarloubards et les Kpoux vermicieux, l’Engoulesang , Casse Moloch, Ecrase Roc.. ) et use d’onomatopées : « Deux énormes nages de fumée rouge orangée roulaient vers lui. SHWAOUSH ! VRAOUSH ! suivis de deux autres SHWAOUSH ! VRAOUSH ! ......

    Roald Dahl ne déclare t’il pas qu’un : « bon livre pour enfants fait beaucoup plus que distraire, il enseigne à l’enfant la façon d’utiliser les mots, la joie de jouer avec la langue. Si mes livres peuvent aider les enfants à devenir lecteurs, alors je sens que j’ai mené à bien quelque chose d important » (www. Gallimard-jeunesse.fr).

    C ) LES ILLUSTRATIONS

    A) illustrations :

    Illustrer signifie : orner ou décorer un ouvrage avec des images, mais aussi rendre plus clair, mettre en lumière. L’illustrateur est Patrick Benson, né en 1956 en Angleterre. Après des études de dessin à Florence, puis à Londres, il se lance, après une expérience dans la mode, dans l’illustration d’ouvrages pour enfants ( récompensé en 1984 pour le prix du meilleur talent de l’année ). Il utilise pour ses dessins la technique des hachures croisées à l’encre et colore l’ensemble au lavis.
    -   Les illustrations de l’album sont des représentations tendres et poétiques qui illustrent bien le monde magique des « Minuscules ». Par la représentation moderne des personnages, elles permettent de situer l’action dans un monde contemporain. L’illustration de la couverture donne le ton de l’histoire : Un petit garçon est représenté dans une forêt et semble perdu. Le détail apporté au regard du personnage ( l’œil écarquillé ) indique au lecteur son désarroi et sa peur. La forêt est représentée par des couleurs sombres qui traduisent une atmosphère obscure et étrange. Ensuite, différentes illustrations rythment le récit avec des tonalités verdoyantes et rougeoyantes, indiquant dans ce cas le caractère dramatique de certaines situations. Les illustrations sont détaillées : Le petit monde des « Minuscules » est représenté de façon précise. Leurs costumes et leur bottes ventouses ainsi que leur intérieur sont dessinés de telle manière que le lecteur pénètre sans difficulté dans leur univers. Les oiseaux , utilisés comme taxis par le peuple des « Minuscules », sont illustrés en taille réelle afin de mieux mettre en valeur le contraste des tailles.

    B ) Illustrations et texte :

    Les illustrations couvrent une page ( a droite ou gauche du texte ) ou même une double page lorsque l’histoire prend une dimension déterminante pour notre héros. Parfois, une petite illustration, correspondant à un petit scénario, se glisse parmi le texte, permettant au lecteur de visualiser l’instant présent. En conclusion, la dimension émotionnelle des illustrations, rend parfaitement la vérité et la poésie du texte.

    II ) INTERTEXTUALITÉ

    Le récit de « Minuscules » se réfère de manière actualisée à tous les ingrédients classiques du conte traditionnel. Un peu de suspens et de peur, ainsi que l’imaginaire associé à la forêt et l’interdit qu’elle représente en font un conte à l’image de ceux des frères Grimms, de Charles Perrault ou d’Andersen

    A) LE SYMBOLISME DE LA FORET

    La forêt est l’un des décors naturels les plus utilisés dans les histoires pour enfants. En effet, celle-ci a toujours représenté un cadre privilégié pour les créateurs, une sorte de lieu magique (exemples de références culturelles : le petit chaperon rouge, Blanche Neige, le petit poucet, la belle au bois dormant.....) Selon Célia Ricard ( Master S.I.D, 2003 : le symbolisme de la forêt dans les contes) « La forêt est le chaos primitif, l’endroit où tout est encore à l’état sauvage. Elle est son propre monde d’enfant en friche et inachevé. Elle fait peur. On s’y perd. Il va falloir à l’enfant beaucoup de courage, de persévérance et de désir de vivre, pour la traverser, pour la « dompter », pour en sortir grandi ».

    La forêt est le lieu de rencontres magiques avec des animaux dangereux ou des êtres mystérieux qui engagent une épreuve physique avec l’homme, épreuve d’où celui-ci sortira vainqueur et initié ou perdant et mortifié. Dns les contes, le passage dans la forêt se révèlerait être un rite d’initiation pour les héros qui leur permettrait notamment d’accéder à l’âge adulte. Le rite d’initiation comprend en général trois étapes :
    -   Séparation, attente, intégration. L’initiation commence souvent par une rupture qui peut être
    -   La séparation avec la mère (comme dans le petit chaperon rouge pour le petit poucet). Roald Dalh présente son personnage au début de l’histoire dans un cadre familial rassurant. « un après midi ensoleillé, Petit Louis , à genoux sur une chaise dans la salle à manger, contemplait par la fenêtre ouverte le merveilleux du monde . Dans la cuisine, sa mère faisait le repassage » La mère, de manière bienveillante et protectrice, s’inquiète des activités de son fils, qui se tient dans la pièce à coté. A la question : « Qu’est ce que tu fabriques Petit Louis ? L’enfant répond qu’il est sage. Or, Petit Louis se sent fatigué d’être sage. A travers la fenêtre, pas très loin, il peut voir le grand bois sombre et secret que l’on appelle « forêt interdite » et que , toujours, il a rêvé d’explorer » . Poussé par le diable ( sa mauvaise conscience ), notre héros va donc partir dans la forêt de son plein gré, à la découverte d’un autre monde. Comme dans le petit chaperon rouge, Petit Louis n’écoute pas les recommandations de sa mère, qui l’avait pourtant prévenu des dangers de la forêt. « le bois, lui disait sa mère est rempli de bêtes sauvages assoiffées de sang ! Des tigres et des lions ? lui demandait Petit louis . .... Le pire de tous, c’est l’horrible Engoulesant casse moloch, Ecrase roc, il y en a un dans la forêt ! Est-ce qu’il me mangerait ? demandait Petit Louis. D’une bouchée, répondait sa mère » .

    En langage psychanalytique, la séparation équivaut, selon Bruno Bettelheim, à la nécessité de devenir soi même.

    L’attente :

    Le héros se retrouve face à lui-même et il doit s’adapter. Il n’est pas seul dans sa quête. Des personnages clés sont souvent sur leur passage. Notre héros des « Minuscules » va rencontrer le peuple du même nom, petits personnages qui vont le guider dans les différentes étapes de son périple.

    L’intégration :

    Les rencontres avec les personnages (ici, le peuple des « Minuscules ») préparent le héros aux épreuves qui l’attendent. A la fin de ces épreuves, le héros peut jouir d’une existence toute autre qu’avant l’initiation : il est devenu un autre. Comme le souligne Bruno Bettelheim : « Tel est exactement le message que les contes de fées, de mille manières différentes, délivrent à l’enfant. La lutte contre les graves difficultés de la vie est inévitable et fait partie de manière intrinsèque de l’existence humaine. Si au lieu de se dérober, on affronte fermement les épreuves attendues et souvent injustes, on vient à bout de tous les obstacles et on finit par remporter la victoire. »

    B ) LES SYMBOLIQUES INSPIRÉES DES CONTES CLASSIQUES

    a) la symbolique de la dévoration

    Peu de temps après son arrivée dans la forêt, Petit louis est poursuivi par le monstre qui menace de le dévorer. « C’est sûrement l’ Engoulesang ! cria l’enfant. Maman m’a dit qu’il crache de la fumée quand il poursuit quelqu’un. C’est l’horrible Engoulesang Casse-Moloch Ecrase-Roc Il va m’attraper, me sucer le sang, me casser le Moloch, m’écraser le Roc et me tailler en petits morceaux ; et puis il me recrachera comme de la fumée et ce sera fini de moi ! »

    Roald Dahl se sert du terme de la « Dévoration », traditionnellement réservé aux ogres des contes. Le monstre de la forêt est assimilé à l’ogre ou l’ogresse, personnages néfastes et classiques du conte. Ces êtres tout-puissants n’ont qu’un seul objectif : dévorer le héros. En langage psychanalytique, l’ogre représente également la figure du père qu’il faut dépasser et abattre pour devenir adulte. Malgré un odorat très développé, l’ogre est facilement abusé : « ca sent la chair fraîche !, Je sens la chair fraîche !! » est un leitmotiv étroitement associé au personnage de l’ogre. Mais, à la différence du loup, qui mange le petit chaperon rouge, les ogres de Perrault sont tous bernés et aucun ne parvient à manger le héros.( Par exemple, l’ogre du petit poucet dévore ses propres filles par méprise......) Notre héros des « Minuscules » va également triompher de l’horrible monstre. Grâce à l’aide du peuple des « Minuscules » et plus particulièrement grâce à l’aide d’un oiseau, Petit Louis va parvenir à tuer le monstre, et délivrer ainsi le peuple des Minuscules.

    b) La symbolique du « peuple des Minuscules »

    Par leur représentation en personnages fantastiques, ces petits héros peuvent être assimilés aux fées qui vont aider le héros à obtenir l’objet de sa quête (l’adjuvant). Dans les contres traditionnels, la fée est le mentor du héros, figure maternelle, protectrice qui assiste l’enfant. Elle l’aide à réaliser ses souhaits grâce à ses dons ou en lui donnant un objet aux pouvoirs surnaturels, comme une baguette magique, qui lui permettra de vaincre les personnages. Le petit peuple des Minuscules, à travers son représentant Don Rémi, va protéger le petit garçon et l’aider à repartir chez sa maman.

    c) La symbolique des oiseaux

    Petit Louis ne peut sortir de l’arbre où il s’est réfugié à cause du monstre. Grâce à l’aide du peuple des Minuscules, qui utilisent les oiseaux pour se déplacer, il va pouvoir regagner sa maison grâce à l’aide d’un oiseau de sa taille : un cygne. Dans sa symbolique, le vol de l’oiseau est naturellement porteur d’un symbole de liberté et prédispose à servir de symbole entre les relations ciel-terre. Plus généralement, les oiseaux symbolisent les anges et les états supérieurs de l’être. Par exemple, la paix est symbolisée par la colombe. Grâce à son action positive, l’oiseau (toutes races confondues) devient le symbole des êtres sans défense. Quant au cygne, animal ailé et immaculé, celui-ci est lié à l’air et à la lumière. Il se métamorphose dans :
    -   Les six cygnes de Grimm
    -   Les cygnes sauvages de Andersen Ou alors, il devient un moyen de passage : Dans Hans et Gretel, il devient une simple barque « Vous savez parler aux oiseaux ? demande Petit Louis. Bien sûr, nous les appelons quand nous voulons aller quelque part. Sinon, comment irions nous aux provisions ? Nous ne pouvons plus nous risquer dans la forêt à cause de Goin frognard. Les oiseaux aiment ils vous aider ? Ils feraient n’importe quoi pour nous. Ils nous adorent et nous les adorons aussi. »

    Dans le conte, il est généralement l’oiseau de le lumière, symbole de délivrance.

    Deux idées se dégagent sur ce thème dans notre récit :
    -   Délivrance du peuple des Minuscules Petit Louis grâce à l’aide du Cygne va trouver le moyen de tuer le monstre
    -   Délivrance du Petit Louis Le cygne va aider Petit Louis à rentrer chez sa maman

    En Récompense : le cygne emmène Petit Louis chaque nuit pour découvrir le monde. En effet, l’oiseau, son ami, va lui permettre de continuer à explorer en secret le monde magique du silence. C’est aussi, la récompense accordée par ses amis le peuple des Minuscules qui, par son acte de bravoure, l’ont jugé assez grand pour parcourir le monde la nuit. Le cygne permet au Petit louis de continuer son voyage initiatique et d’aller à la rencontre d’une intégration supérieure.

    d) La symbolique de la mort

    La fin est heureuse. Petit louis retrouve le foyer familial sans que sa mère ne se soit rendue compte de son absence. « mon dieu , s’exclame Petit

    La mort est évoquée de manière tendre, grâce aux voyages nocturnes effectués sur le dos de son ami le cygne. « Une nuit, le cygne vola plus haut que d’habitude et ils aperçurent un énorme nuage qui brillait d’une lumière d’or. Dans ce moutonnement, Petit Louis discerna des créatures inconnues. Qui étaient-elles ? »

    Petit Louis, grâce à ses multiples voyages initiatiques, se sensibilise aux mystères de la vie, et donc de la mort. Celle-ci est ce contrairement à d’autres contes, est représentée de manière douce, à l’image d’un petit paradis peuplé d’anges gardiens dans les cieux. Le cygne évite cet endroit : ce petit monde doit rester en paix Roald Dahl crée d’autres paradis, celui de l’immense « lac bleu roi » au dessus duquel des cygnes d’un blanc immaculé planent doucement, permettant ainsi au lecteur d’osciller entre un monde à la fois imaginaire et réaliste.

    III) INTÉRÊT PÉDAGOGIQUE

    Grâce aux nombreuses symboliques présentes dans l’album des « Minuscules », il serait intéressant de faire découvrir à des élèves de maternelle et primaire, les contes traditionnels qui font partie de notre patrimoine culturel, en étudiant par exemple, les personnages dans ceux où la forêt est présente, comme Blanche neige, ou le petit poucet ou encore le petit chaperon rouge. D’autres pistes peuvent être explorées comme l’étude d’histoires et de contes d’enfants volant sur le dos des oiseaux (Par exemple, les cygnes sauvages d’Andersen ou encore le merveilleux voyage de Niels Holgerson de Selma Lagerlof ).

    Histoire de notre temps :

    Le récit des « Minuscules » contient, quant à lui, tous les éléments narratifs typiques des contes, avec des ingrédients modernes ( les oiseaux taxi ). L’histoire imaginée par Roald Dahl oscille entre tradition et création dans la mesure ou l’auteur apporte un style tout à fait personnel, à la fois par son écriture ( l’auteur s’amuse avec les mots) et par ce qu’il s’adresse directement à l’enfant lecteur,l’entraînant jusqu’ la fin du récit dans son monde magique.

    Ne demande t’il pas à ses petits lecteurs « de conserver en eux une part de rêve et les yeux bien ouverts car les plus grands secrets se trouvent toujours aux endroits les plus inattendus. » C’est une histoire tendre, poétique, propice à nourrir l’imaginaire des petits ,et écrite par un auteur doté d’un réelle capacité à se replonger dans le monde de l’enfance. « Pour écrire à l’intention des enfants, disait-il, il faut avoir préservé deux caractéristiques fondamentales de ses huit ans : la curiosité et l’imagination. Personne ne se rappelle ce que c’est d’avoir six, sept ou huit ans. Moi, je m’en souviens, j’ai cette chance. Et j’écris de ce point de vue là. Alors, l’enfant se dit : Mais, bon sang il dit ce que je ressens ». (Roald Dahl et l’écriture : www.gallimard-jeunesse.fr).

    Charlotte Boussemart Gozé, avril 2010

    Post-scriptum

    DAHL, Roald. Les minuscules. Patrick Benson ill. traduit de l’anglais par Marie Saint-Dizier. Gallimard jeunesse, 2002. 66 p. : illustrations en couleur ; 18 x 13 cm. (Folio cadet ; 289). Broché 7,60 €. ISBN 10 2-07-053878-8