Site littérature jeunesse de lille 3

Le projet Alpha, de Yvan Lallemand et Jack Chaboud

 
  • - AUTEURS ET ILLUSTRATEURS
  • - CARNETS DE VOYAGE LITTÉRAIRE
  • ÉCRIVAINS EN HERBE
  • - ÉDITEURS
  • HÉROS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI, D’ICI ET D’AILLEURS...
  • - LA LITTÉRATURE JEUNESSE EN QUESTION(S)
  • MARQUE-PAGES / SIGNETS
  • - MINI THÈSES
  • - PARTIE PRIVÉE
  • - QUI SOMMES-NOUS ?
  • RECHERCHE PAR THÈME
  • - RESSOURCES EN LECTURE ET LITTÉRATURE JEUNESSE
  •  

    Dans la même rubrique

    Mots-clés

    Cinq jeunes filles d’un autre monde et aux aptitudes exceptionnelles font équipe pour sauver le monde des cauchemars des humains.
    (GIF)

    Comme le montre la couverture ci-jointe, Le Projet Alpha expose les péripéties non pas d’un personnage unique mais de cinq jeunes filles toutes très différentes les unes des autres. En effet, ce roman relate les aventures de cinq adolescentes recrutées aux quatre coins du monde et en apparence tout à fait normales. Grâce à leurs pouvoirs spéciaux, elles parviennent à lutter contre des phénomènes étranges venus d’un autre monde. Jusqu’au jour où se pose le question de leurs propres origines...

    Un roman qui invite à la tolérance

    On pourrait qualifier Le Projet Alpha de roman miroir. Il raconte en effet la vie de cinq adolescentes qui se retrouvent confrontées à des problèmes d’adolescentes. L’un des problèmes le plus évident dans ce roman est sans nul doute celui de l’intégration : les cinq héroïnes ont des problèmes de communication entre elles, de par leurs différences d’origines, de langues, de caractères. Elles ont aussi des problèmes d’intégration à l’école de par leur pouvoir. Par exemple,Chiro incapable de vivre dans une communauté aussi régie par l’apparat que celle d’un lycée alors qu’elle ne peut vivre dans le mensonge.

    On voit aussi les cinq filles confrontées à des problèmes de jeunes filles : les moqueries des autres filles sur leur physique, ou encore les histoires avec les garçons.

    En dernier lieu,on les voit face au problème de l’identité : tout ce passe très bien pour elles jusqu’au moment où elles commencent à s’interroger sur qui elles sont,ce qu’elles sont... question qui a, un jour ou l’autre, tourmenté tout adolescent.

    À travers l’expression de tous ces problèmes, Le Projet Alpha invite aussi à la tolérance et à se méfier des apparences.

    Les héroïnes sont très différentes les unes des autres : d’origines différentes et de caractères différents,voire totalement opposés. Pourtant, en apprenant à accepter ces différences, des liens particulièrement forts se nouent entre elles et elles deviennent des sœurs les unes pour les autres. Le pouvoir de déceler le mensonge de Chiro ou encore le personnage de Mme Sappa (qui d’apparence est on ne peut plus ingrate et qui s’avère finalement être une sorte de mère pour les filles) invite à se méfier des apparences,à les surmonter, à chercher au-delà de ce qu’une personne veut bien montrer d’elle.

    Le Projet Alpha,en plus de son reflet de la vie des adolescents,nous expose aussi le reflet de notre société avec d’une part des allusions à la situation politique, économique et sociale du Monde au passage au nouveau millénaire, d’autre part avec la représentation des craintes de l’Homme,à l’époque plus que jamais exacerbées.

    Une peinture de notre société et de nos craintes

    Yvan Lallemand à travers son roman parvient à peindre une représentation assez proche de la société telle qu’elle était au passage à l’an 2000.

    Dès le début du roman,il nous expose les difficultés auxquelles sont confrontées les différentes communautés du Monde telles que le début de la crise économique,le conflit Israëlo-Palestinien ou encore l’importance des trafics d’armes ou autres dans les pays les plus pauvres. Tout au fil du roman,il précise ensuite l’évolution de la situation de la société dans le monde à travers les différentes affaires que doivent résoudre les filles. Par exemple lorsqu’elles sont envoyées au Japon pour résoudre un problème dû à l’informatisation du pays quand celui-ci est devenu une puissance industrielle importante. Cela s’est bel et bien passé,le Japon étant aujourd’hui une puissance mondiale reconnue justement pour son succès dans l’industrie de pointe. Cette peinture de la société est aussi un prétexte pour évoquer les différentes craintes de l’Homme à l’entrée d’un nouveau millénaire.

    La plus grande crainte de l’Homme a toujours été la crainte de s’auto-détruire. L’entrée dans le nouveau millénaire avec tous les progrès qui l’accompagnent n’a fait qu’exacerber cette crainte. Cette crainte de l’auto-destruction, Le Projet Alpha la transcrit de différentes manières. Yvan Lallemand en donnant à l’une de ses héroïnes le pouvoir de contrôler toutes technologies quelles qu’elles soient nous montre que l’Homme se repose peut-être un peu trop sur ces technologies. En effet,la jeune héroïne peut obtenir tout ce qu’elle veut avec ce pouvoir, ce qui montre bien la trop grande influence des machines dans la société. L’idée générale même du roman traduit cette peur de l’auto-destruction. Dans le roman,les différents phénomènes étranges sortent de l’Espace Rêve, un subconscient collectif où se développent les différentes craintes de tous les Hommes. C’est donc l’Homme qui se crée des ennemis qui le mènent à sa perte,la représentation même de la crainte de l’auto-destruction. Le Projet Alpha, en exposant la vie de cinq jeunes filles ayant des pouvoirs spéciaux, peut sans doute s’inscrire dans la rubrique du roman de science fiction qui s’adresserait aux jeunes adolescents entre treize et quinze ans. Les cinq jeunes héroïnes vivent une vie d’adolescentes, ce qui donne au roman une valeur de roman miroir. Viennent s’y ajouter des problèmes issus d’un autre monde, d’une autre dimension qui serait en fait le subconscient de tous.

    Une occasion parfaite pour Yvan Lallemand de décrire notre société pour nous pousser à nous interroger sur ses travers.

    Élodie FOUCART, L1 Italien, mai 2010

    Post-scriptum

    LALLEMAND Yvan, CHABOUD Jack, Emilie Nesen. Le Projet Alpha. Plon, 2007. (Plon-Jeunesse). ISBN 978-2-259-20718-8.

    Mots clés : adolescence, tolérance, roman miroir