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Les deux goinfres, de Philippe Corentin

 
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    Bouboule et son chien Baballe n’en font qu’a leur tête, ils dévorent gâteaux sur gâteaux, malgré les recommandations de maman. Fatalement, leur gourmandise les embarque dans une nuit bien agitée... Cet album de Philippe Corentin décrit avec une rare habileté les effets pervers de la gourmandise. Les textes sont simples, directs, réalistes et pleins d’humour. Plus qu’une simple histoire qui se déroule devant nous, P.Corentin, nous offre à chacun des ses albums un univers complet qui lui est propre. Ici encore, il nous entraîne dans un environnement dans lequel tout se fait écho (textes, illustrations et personnages ô combien caractéristiques) pour créer une véritable connivence avec le lecteur.

    (BMP)

    On ressort de cette lecture presque accompagnée d’un solide mal de mer. Il nous gagne, doucement mais sûrement, sous les effets incessants d’un graphisme et d’une mise en page sans cesse en mouvement. La nausée s’installe face à la succession de plans moyens et de gros plans (comme le gâteau au chocolat), face aux objets (la baignoire) qui peu à peu se déstabilisent à l’intérieur de leur cadre, face aux dessins qui s’inclinent (comme celui du lit), face aux perspectives volontairement faussées (celles de la porte et de l’escalier). Puis, on nous jette en pleine mer au beau milieu du récit à l’aide d’une double page évocatrice. Dès lors, c’est au tour des cadres-images eux même de se mettre à chavirer. D’abord sur une page, puis sur les deux, tels des vagues en opposition qui chahutent à une cadence infernale...une nuit pour le moins agitée ! P.Corentin ne faillit pas, ici, à sa réputation de maître de la mise en page et des effets visuels (on peut rappeler la recherche quasi cinématographique de champs et de contre-champs du célèbre Plouf ! )

    Cet album ne juge pas, n’interdit pas, il suggère, tout autant physiquement que moralement. La mère n’empêche pas Bouboule de manger ses gâteaux, ne le punit pas. L’enfant vit ici sa propre expérience et en tirera ses propres conclusions, sans même devoir les confier à l’adulte. Le lecteur lui-même, dans la plupart des albums de P.Corentin, se situe dans le registre neutre de l’observateur et c’est, avec l’humour, l’un des traits forts de P.Corentin. Et même, si certains peuvent rester insensibles au style graphique ou réfuter les libertés prises avec le langage de ces albums, se retrouver face à un auteur avec une identité forte, demeure toujours, une confrontation d’une grande richesse.

    On ne peut que se réjouir de voir la littérature jeunesse se peupler de "créateurs d’univers" qui signent leurs albums d’une véritable empreinte visuelle et intellectuelle.

    Un travail riche, pour des albums réussis.

    par Critique proposée par Myriam Cieux, Deust STID, décembre 2004

    Corentin, Philippe. Les deux goinfres. Ecole des loisirs, 1999. (Lutin poche). 29 p. ISBN 2211055907