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Crapauds et Roméos, de Sarah Mlynowski

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    Le roman retrace l’histoire d’une fille nommée Rachel. Sa sœur et sa mère sont des sorcières et elles utilisent leurs pouvoirs sans faire attention à ce qui pourrait arriver ensuite. Sa sœur Miri, détient une liste « de choses à faire » pour sauver le monde. Sa mère est une sorcière non pratiquante en théorie, mais elle se met à jeter des sorts sur tous les hommes qu’elle rencontre. Le problème de Rachel, ce n’est pas vraiment la magie au départ mais plutôt l’amour. L’auteur reprend ici l’histoire d’une jeune fille, sans doute raconte t-elle une partie de sa vie réelle et de ses rêves d’enfants. L’auteur a peut-être voulu raconter cette histoire pour partager ce qu’elle ressentait lorsqu’elle était plus jeune avec les autres lecteurs ou lectrices.

    (GIF)
    © Albin Michel, 2006

    La première de couverture est à première vue, un dessin représentant une jeune fille et un crapaud dans un fond jaune et orange. Le titre est court, écrit en rouge et est assez simple à retenir puisque les mots forment une rime : Crapauds - Roméos. Le dessin nous donne une petite indication du contenu du livre, tout d’abord, lorsque l’on voit la grenouille et la fille, on se demande si le thème principal du livre n’est pas l’amour car la grenouille est souvent représentée comme la métamorphose du prince après un baiser somptueux d’une jolie femme. Ce qui nous laisse penser que l’autre thème abordé est la magie puisque le crapaud est l’un des symboles représentatif de la magie, car sans magie, le crapaud ne se transformera pas en prince par exemple. De plus, grâce aux couleurs vives de la première de couverture, le roman suggère un petit coté humoristique et donne donc envie de lire aux lecteurs avides de magie, et d’humour.

    C’est l’histoire d’une jeune fille nommée Rachel qui vit une vie tout-à-fait comme toutes les autres filles de son âge. Rachel a 17 ans, elle est lycéenne et vit avec sa petite sœur Miri et sa mère dans un appartement à New-York. Pourtant, cette famille est unique en son genre, car sa mère est une SORCIERE et depuis peu, sa sœur, Miri, a réussi le test d’aptitude pour devenir enfin une vraie sorcière. Rachel, l’aînée, est donc la seule de la famille à ne pas avoir ce don. Cependant, Rachel a plus d’un tour dans son sac. Lorsqu’elle veut quelque chose, elle réussit toujours à convaincre sa sœur de lui concocter un sort pas bien méchant ; en échange de quoi, une aide pour sauver le monde. Mais c’est alors, que dès le premier sort, tout bascule. Miri décide de sauver des vaches d’un abattoir et utilise la magie pour les envoyer autre part, mais où ? Au lycée de Rachel peut-être ?

    L’auteur s’est inspiré à première vue des contes de fées de son enfance, qui représentent sans nul doute le romantisme et l’espoir de trouver un jour son prince charmant. Dans son roman, l’auteur a réussi à combiner la vie réelle et la magie, tout en donnant à la fin de son livre, une morale qui est implicite mais très vite comprise par le jeune public. L’auteur s’est demandé en écrivant son livre, pourquoi l’amour et la magie ne font pas bon ménage ; et si son livre pouvait aider les lecteurs à appréhender leur vie future plus sereinement. Dans un premier temps, nous verrons les principaux thèmes abordés par l’auteur : la magie et l’amour. Puis, dans un second temps, on parlera de l’impact du livre sur les lecteurs.

    I. Résoudre ses problèmes par la magie, est-ce un bon moyen d’échapper à la réalité ?

    La magie est le pôle central de ce roman. Elle est certes utile mais révèle quelques bonnes surprises que l’on découvre au fur et à mesure du roman. Malicieuse et maladroite, voilà ce qui caractérise la magie. Plus on l’utilise pour résoudre ses problèmes, plus elle engendre d’autres problèmes dont on ne peut se débarrasser facilement.

    Rachel, la sœur aînée est la seule de la famille à ne pas être une sorcière, et se sent donc obligée de demander à sa sœur Miri, de bien vouloir l’aider pour que Raf, son amoureux, sorte enfin avec elle. Cet incipit est tout à fait banal, une jeune fille amoureuse d’un garçon qui ne fait même pas attention à elle. Le lecteur peut facilement s’identifier à elle et comprendre ce qu’elle ressent puisque ce début nous paraît plutôt réel.

    Miri est débutante en magie, elle voudrait grâce à ce don sauver la planète en donnant à manger aux enfants mourant de faim en Afrique ou bien éteindre le feu à Los Angeles. Et pour cela, Miri a besoin de l’aide de sa sœur. Miri se déplace en balai et récite quelques incantations rimées assez courtes pour que la magie opère, comme par exemple : « En voici une devant moi, Posée à terre ; Hochons la tête par trois fois, Elles profilèrent ». Ici, le balai est le symbole de la sorcière, elle se déplace grâce à un balai et donne l’impression que la sorcière a été revisitée par l’auteur puisque la sorcière ici, est une jeune fille et vit dans les années 2000 avec tout un tas d’objets électroniques qu’elle préfère laisser de côté.

    En ce qui concerne Rachel, son but est de rendre Raf fou d’amour pour elle, et pour y arriver, elle va avoir recours à la magie. Cependant, le sort est tombé sur le grand frère de Raf, Will. Ici, nous pouvons remarquer que l’amour et l’amitié sont des sentiments qui sont compliqués pour une adolescente, Rachel doit faire face à ce problème et tenter de faire la part entre l’amour et l’amitié qu’elle porte à Will. Le jeune lecteur pourrait se sentir concerné par les sentiments qu’éprouve Rachel car il est tout d’abord jeune, et débute aussi dans la vie amoureuse, il se peut que la personne se mette à la place de Rachel et se sent comprise par le personnage principal du roman.

    II. La morale du roman : une leçon de vie pour les jeunes lecteurs ?

    Dans la plupart des livres, une morale est expliquée implicitement ou explicitement. Ici, la morale est implicite et conseille souvent a lecteur à defaire ses propres choix et opinions dans la vie de tous les jours.

    Au début du roman, on apprend que Miri souhaite sauver des vaches d’un abattoir et va donc utiliser la magie pour les amener dans un lieu sûr. Plus tard, elles apprennent que les vaches ont été envoyées dans le gymnase du lycée de Rachel. A cause de cela, le bal de fin d’année dont Rachel rêvait tant sera annulé. Elle va donc essayer d’arranger la situation et aider les organisateurs à faire le bal de fin d’année dans une autre salle. Rachel va inventer un mensonge et dire qu’elle pourrait les aider à financer le bal grâce à des enchères sur des objets qu’elle n’a pas chez elle, comme une télévision par exemple. Pour les enchères, Miri se mit à faire apparaître une télévision puis une voiture pour sa sœur, cependant, ce qu’elle ne savait pas, c’est que les choses qui sont apparues viennent de quelque part. Elles apprennent ensuite que ces objets, elles les ont volés. A la fin, elles décident de ne plus utiliser la magie pour leur problème. Rachel a donc dû dire la vérité à ses camarades.

    Ici, nous pouvons voir que la magie n’a rien arrangé du tout, plus elle utilisait la magie, plus la situation empirait. Le lecteur apprend alors que résoudre des problèmes en les effaçant n’est pas la meilleure façon de faire. Affronter nos problèmes, est peut-être la meilleure des solutions. De plus, le lecteur apprend que lorsqu’on obtient à chaque fois tout ce que l’on veut, le désir s’estompe et l’envie d’acquérir d’autres objets devient lassant.

    C’est une histoire assez banale au début, qui se complique au fur et à mesure des chapitres. Plus l’histoire se complique, plus le lecteur comprend l’importance de ses actes et grâce à la petite touche humoristique de l’auteur, l’histoire ne tombe pas dans le dramatique mais bien au contraire, dans une situation comique qui permet au lecteur de s’amuser en apprenant. Et enfin, l’auteur remet en question la situation environnementale et humaine dans le monde : Miri essaie tant bien que mal de sauver le monde à elle seule. L’auteur va t-il donner envie au lecteur d’aider Miri dans sa quête ?

    Ce livre, je le conseillerai plutôt pour les filles, aussi bien les jeunes que les moins jeunes ! Beaucoup de jeunes filles s’imaginent déjà au lycée, se préparant pour aller au bal ou même obtenant le diplôme de fin d’étude, ce livre illustre tout à fait ce genre de scènes. A travers Rachel, la lectrice pourra donc rêver un peu plus. De plus, Rachel et sa famille sont des personnages drôles et assez farfelus, ce qui amusera les plus jeunes et les moins jeunes.

    Critique

    À première vue, ce livre est plutôt destiné aux plus jeunes lectrices et est assez comique, de par sa première de couverture. En lisant le livre, ma première impression a donc été bonne, cependant, il n’est pas forcement destiné qu’aux plus jeunes. je l’ai lue et j’ai vraiment apprécié ce que je lisais. C’est un livre ayant une petite pointe d’humour et ayant un débordement d’amour, qui se retrouve à travers les personnages du roman. Le fait de raconter une histoire de sorcière à notre époque me plonge dans un univers parallèle au nôtre mais qui pourrait être tout à fait réel. Peut-être un petit bémol, la fin de l’histoire n’est pas celle des contes de fées et nous ramène alors dans un univers où les choses ne se passent pas tout à fait comme on le souhaite. mais peut-être est-ce le but de l’auteur, après tout ....

    © Sophie Thueux, L1 HSI, novembre 2010

    Post-scriptum

    MLYNOWSKI, Sarah. Crapauds et Roméos. Marianne Bertrand trad. Albin Michel, 2006. 344 p. ; 15 x 22 cm. ISBN 2-226-17017-0

    Titre original : Frogs and French Kisses

    Première publication : Delacorte Press, Random House Children’s Books, New York, 2006.

    Site de Marianne Bertrand : wiz.fr